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Procès en France : de 25 ans à la perpétuité pour des jihadistes présumés morts

Vendredi 17 Janvier 2020

La cour d’assises spéciale de Paris a condamné vendredi à des peines de 25 ans à la perpétuité 19 accusés « fantômes », hommes et femmes partis en 2014-2015 en Irak ou en Syrie et presque tous présumés morts, au nom du « califat » islamique.
 
La plus lourde peine a été infligée à Mohamed Belhoucine, « figure tutélaire » dans cette affaire et considéré comme le mentor du tueur du magasin Hyper Cacher, une des cibles des attentats de 2015 à Paris.
 
Parmi les autres « fantômes » de ce dossier, français, marocain, mauritanien ou algérien, tous les hommes ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle, et quatre femmes à des peines de 25 et 28 ans.
 
Les cinq accusés présents au procès se sont vu infliger des peines allant de deux ans fermes, aménageables immédiatement, à 12 ans de réclusion, assortis d’une période de sûreté des deux tiers.
 
Des peines globalement inférieures à celles requises par l’avocat général, qui avait demandé 15 ans pour deux d’entre eux, l’un pour son « rôle central » dans la filière et l’autre pour n’avoir « aucun désengagement de l’idéologie jihadiste ».
 
En revanche, les peines infligées aux « fantômes » sont pour les hommes, qui ont fait le choix d’un « voyage sans retour », rigoureusement identiques à celles requises.
 
La cour n’a pas détaillé ses motivations. Le représentant du ministère public avait vu dans les « 19 chaises vides » au procès l’illustration du « jusqu’au-boutisme » de ces jeunes, partis à 20 ou 30 ans, « en connaissance de cause, dans un pays en guerre ».
 
Parmi ces « fantômes », Quentin Roy, donné pour mort à 23 ans dans une opération suicide en Irak, le couple Faucheux, parti avec ses trois enfants, le prêcheur radical Sofiane Nairy ou les frères Belhoucine, personnages emblématiques de la galaxie jihadiste francophone, qui seront à nouveau jugés au printemps au procès des attentats de janvier 2015.
 
Apprenti ingénieur, Mohamed Belhoucine est considéré comme l’auteur du serment d’allégeance à l’Etat islamique lu par Amédy Coulibaly dans la revendication de la tuerie de l’Hyper Cacher (4 morts).
 
Le 2 janvier 2015, quelques jours avant les attaques, il a rejoint la zone irako-syrienne via l’Espagne avec son frère Mehdi et Hayat Boumedienne, la compagne de Coulibaly.
 
Quentin Roy fait partie d’un autre groupe, celui des « copains » de Sevran, au nord-est de Paris, qui se connaissaient tous, ont fréquenté ensemble la mosquée des « Radars » où ils ont forgé leurs certitudes jihadistes.
 
Le jeune converti est le seul des « fantômes » à avoir bénéficié d’une défense. Son avocat a relevé le « paradoxe » qui consiste à « juger un homme qui s’est suicidé », dans une opération kamikaze, quand le droit français commande que les poursuites s’éteignent avec la mort du mis en cause. (AFP)
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