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Opacité totale autour des 69 milliards FCFA de Force-Covid: Mansour Faye et l’arrogance basée sur les liens du sang

Lundi 28 Septembre 2020

Invité du Grand Jury de la RFM, Mansour Faye, ministre du Développement communautaire et de l’Equité territoriale, a dénié toutes compétences à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) pour l’interroger ou l'entendre. Il faisait allusion à sa gestion décriée des 69 milliards de francs CFA dégagés par l’Etat en vue de venir en aide aux populations impactées par la Covid-19.
 
« Tout ce qui ressort de nos obligations, on l’a fait. On doit seulement rendre compte à l’autorité qu’est le Président Macky Sall », a-t-il affirmé lors de l’émission.
 
Pourtant, en parcourant l’article 3 de la Loi n°2012-30 portant création de l’OFNAC (voir DOCUMENT ci-dessous), on se rend compte que le ministre beau-frère du Président de la République gagnerait à s’imposer un petit recyclage afin de constater ce qui peut le relier à l’OFNAC. A moins qu’il ait fait le choix de ne rien voir ou savoir…
 
Cette sortie du ministre Mansour Faye, arrogante et teintée d’ignorance, traduit l’état mental dans lequel baigne cet individu. Elle clarifie, encore une fois, la suprématie du lien familial et parental sur les organes et institutions de l’Etat et de la République. Elle est révélatrice de la primauté du sang sur la loi.
 
Dans quelle foutue démocratie autre que bananière un ministre de la République peut-il se permettre de dire qu’il ne justifiera 69 milliards de francs CFA (plus de 105 millions d’euros) de dépenses publiques que devant le Président de la République qui se trouve être son beau-frère ?
 
Du reste, il ne peut en être autrement : la faiblesse assumée du chef de l’Etat est depuis trop longtemps une porte ouverte à une panoplie de brigandages économiques et financiers qui ne seront jamais éclaircis sous son régime. Une doctrine d’Etat qui protège les délinquants fonctionne à plein régime au détriment de l’intérêt général.
 
Cette affaire de distribution de vivres a été critiquée dès l’origine car elle ne présentait aucune once de transparence et ne donnait aucune garantie de succès. Entre le tape-à-l’œil organisé à la réception présidentielle des cargaisons au Port de Dakar, les coûts faramineux et autres non dits sur le transport des marchandises, le choix d’une société en liquidation/faillite pour assurer une partie dudit transport et l’opacité absolue des procédures, les dés étaient déjà pipés. Le show/monologue du ministre Mansour Faye destiné à présenter le « bilan » des opérations n’était que la dernière étape d’une instrumentalisation politicienne de la détresse des Sénégalais. Elle est pas belle, la famille?!
 
 
DOCUMENT
 
Loi n° 2012-30 portant création de l'Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC).
 
Article 3
 
« L'OFNAC est notamment chargé :
 
1. de collecter, d'analyser et de mettre à la disposition des autorités judiciaires chargées des poursuites les informations relatives à la détection et à la répression des faits de corruption, de fraude et de pratiques assimilées, commis par toute personne exerçant une fonction publique ou privée ;
 
2. de recommander toutes réformes, législative, réglementaire ou administrative, tendant à promouvoir la bonne gouvernante, y compris dans les transactions commerciales internationales ;
 
3. de recevoir les réclamations des personnes physiques ou morales se rapportant à des faits de corruption, de pratiques assimilées ou d'infractions connexes ;
 
4. de formuler, sur la demande des autorités administratives, des avis sur les mesures de prévention, ces avis ne pouvant être divulgués.
 
Dans le cadre de l'exécution de ses missions, l'OFNAC peut :
 
- entendre toute personne présumée avoir pris part à la commission de l'un des faits prévus au 1° de l'article 3 de la présente loi ;
 
- recueillir tout témoignage, toute information, tout document utile, sans que le secret professionnel ne puisse lui être opposé ;
 
- demander aux banques et établissements financiers tout renseignement, sans que le secret bancaire ne puisse lui être opposé.
 
L'OFNAC peut s'attacher les services de tout sachant susceptible de lui apporter son concours.
 
L'OFNAC entretient des relations de coopération avec les organismes nationaux et internationaux similaires intervenant dans lé domaine de la lutte contre la fraude, la corruption, les pratiques assimilées et infractions connexes.
 
Dans l'exercice de leurs missions, les membres de l'OFNAC ne reçoivent d'instruction d'aucune autorité. »
 
 
 
 
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