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Mouvement des lycéens - Greta Thunberg rejoint les manifestants mobilisés

Mardi 13 Octobre 2026

Décidés à « ne rien lâcher » et soutenus par la militante suédoise Greta Thunberg, lycéens et étudiants sont de nouveau massivement descendus dans la rue mardi en France, appelant à rejoindre des manifestations contre « la vie chère », prévues samedi.

 

Selon l’intersyndicale de la jeunesse, 480 000 personnes ont manifesté à travers la France. Le ministère de l’Intérieur a, lui, fait état de 161 500 manifestants dans tout le pays, dont 41 500 à Paris.

 

Cette cinquième journée de mobilisation nationale s’est tenue alors que s’ouvre un débat crucial au Parlement sur le projet de budget du gouvernement, prévoyant 43 milliards d’euros de « mesures de redressement » des finances pour tenter de réduire la dette publique qui atteint 112 % du PIB.

 

Démarrée le 17 septembre en région parisienne, la contestation lycéenne s’est depuis étendue partout en France, et a été rejointe par les étudiants d’universités et certains syndicats.

 

Deux cortèges ont notamment défilé mardi après-midi dans le centre de Paris. Le candidat du parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a fait une apparition dans l’un deux, sous les acclamations des manifestants.

 

La préfecture de police a fait état de dégradations sur des commerces et de jets de projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

 

« On nous vole notre avenir »

 

Figure de la « Gen Z », la génération née avec les réseaux sociaux qui a été à l’origine de plusieurs mouvements de contestation depuis deux ans à travers le monde, Greta Thunberg s’est mêlée aux manifestants devant un lycée de Saint-Denis, au nord de Paris.

 

« On nous vole notre avenir » et « les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin », a déclaré l’écologiste suédoise de 23 ans, keffieh sur les épaules. Mais « nous n’allons pas abandonner », a-t-elle poursuivi, se disant « fière des étudiants français ».

 

À l’appel de cet « acte V », l’Union syndicale des lycéens exige notamment un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées, dénonçant l’absentéisme des enseignants, les classes en sureffectifs ou encore la vétusté des établissements.

 

« J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie » depuis la rentrée, s’inquiète Lise, élève de terminale rencontrée à Paris.

 

« Dans notre lycée, il y a des fuites d’eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça ? », s’est interrogée Cloé, en première à Caen.

 

Convergence samedi ?

 

Le ministère de l’Éducation faisait état à la mi-journée d’un « recul » des fermetures de lycées avec 214 établissements concernés mardi, contre 800 mardi 6 octobre au pic de la mobilisation.

 

Le ministère de l’Enseignement supérieur évoquait 35 % des établissements sous sa tutelle perturbés mardi, quand l’organisation Union étudiante affirmait, elle, que 90 % des quelque 70 universités françaises sont « bloquées » ou « fermées ».

 

« On continue le blocus, on lâche rien », a expliqué Naouel, en première à Brest (ouest), avec « bon espoir » que le mouvement se poursuive après les vacances de la Toussaint qui débutent samedi.

 

À Rennes (ouest), Albane, élève de terminale, veut croire que « le 17 octobre va raviver le mouvement », en référence à un appel à opérer une jonction avec une mobilisation « contre la vie chère » ce jour-là.

 

Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, ont également appelé à « rejoindre le mouvement » de samedi.

 

36 enquêtes

 

Le ministère de l’Éducation nationale estimait mardi matin que si le « mouvement recule nettement », les « violences s’intensifient ». Il disait avoir dénombré 147 personnels de l’éducation blessés depuis le début du mouvement.  

 

Lundi, le président Emmanuel Macron avait affirmé que la mobilisation devait se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens ».

 

Après avoir privilégié une réponse répressive face à la multiplication des violences, avec des blessés parmi les forces de l’ordre, mais aussi des mineurs grièvement touchés, le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques.

 

Le ministre de l’Éducation a promis que 3000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

 

La police des polices (IGPN) a annoncé mardi que 36 enquêtes internes avaient été ouvertes pour des faits présumés commis par les forces de l’ordre sur des manifestants. [AFP]

 
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