Les opérations ont été suspendues samedi à l’aéroport de Riyad après une attaque imputée aux combattants pro-iraniens houthis qui a fait des dizaines de blessées, dont certains dans un état grave, selon des sources diplomatique et médicales.
Fait rare, les médecins ont été appelés d’urgence à se rendre dans les hôpitaux de la capitale saoudienne pour soigner les blessés, alors que plusieurs ambassades occidentales ont recommandé à leur personnel d’éviter l’aéroport pendant une semaine, selon un diplomate occidental.
Faisant état d’un « certain nombre de blessés », l’autorité de l’aviation civile a reconnu qu’il s’agissait d’une « attaque », une source diplomatique indiquant qu’elle avait été menée par les houthis. Les combattants du Yémen avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l’aéroport dans lesquelles trois Saoudiens, dont un pilote, avaient péri.
L’ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont sans précédent depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les houthis aux forces gouvernementales yéménites qui avaient reçu le soutien militaire d’une coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite à partir de 2015.
« Situation d’urgence »
Ces frappes surviennent par ailleurs peu avant la tenue en octobre dans le royaume de la grande conférence annuelle sur l’investissement, qui attire des dirigeants étrangers et des figures majeures du monde des affaires.
La source diplomatique, informée sur l’attaque, a indiqué à l’AFP qu’un « missile » avait frappé l’aéroport « vers 15 h ».
De nombreuses ambulances se sont ruées vers l’aéroport. « On nous a indiqué que nous faisions face à une “situation d’urgence grave”. Des blessés sont transférés vers différents hôpitaux de la capitale », a indiqué à l’AFP une source médicale à Riyad, précisant que nombre d’entre eux se trouvaient dans un état critique.
« Des dizaines de personnes ont été blessées à l’aéroport, pour la plupart des ressortissants saoudiens. Au moins cinq d’entre elles, toutes saoudiennes, se trouvent en soins intensifs », a déclaré une autre source médicale à l’AFP.
« J’ai vu des blessés. Tout le monde courait », a relaté à l’AFP un passager, qui attendait un vol tout près du terminal touché par le missile.
Deux médecins ont déclaré à l’AFP que plusieurs pèlerins figuraient parmi les blessés, alors qu’ils attendaient d’embarquer sur leur vol à destination de Jeddah, près de La Mecque.
Les houthis n’ont pas revendiqué dans l’immédiat de frappes sur l’aéroport.
Selon l’autorité de l’aviation civile, les opérations à l’aéroport ont été temporairement suspendues dans l’attente de l’évaluation des dégâts et de la vérification de la sécurité des installations.
L’Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles. Ces dernières semaines, les responsables saoudiens ont fait peu de déclarations sur les conséquences des attaques des houthis.
Frappes américaines « possibles » ?
Selon des médias américains, le royaume a demandé plusieurs fois récemment aux États-Unis de l’aider à contrer les houthis qui ont lancé une offensive éclair en septembre au Yémen, où ils ont pris le littoral sur la mer Rouge et renforcé leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive des forces yéménites.
Interrogé samedi par des journalistes à la Maison-Blanche pour savoir si Washington allait participer aux frappes contre les combattants pro-iraniens, le président américain a répondu : « C’est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d’apprendre cette récente attaque [à Riyad], nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement. »
Des sources militaires du camp gouvernemental au Yémen ont indiqué samedi à l’AFP que les forces yéménites avaient progressé face aux houthis dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, mais sans parvenir à sécuriser cette voie maritime qui a gagné en importance après que Téhéran a imposé des restrictions à la navigation dans celui d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule arabique.
Selon ces sources et un responsable houthi, les combattants antigouvernementaux tiennent toujours l’île de Mayyoun, au cœur du passage maritime.
« Nos forces maintiennent le contrôle de Bab el-Mandeb, de l’île de Mayyoun et des autres zones » du littoral ouest du pays, a déclaré à l’AFP Hizam al-Asad, un membre du bureau politique des houthis.
Une source militaire du camp gouvernemental avait fait état vendredi d’une « vaste opération » en cours vendredi pour reprendre le contrôle de cette voie maritime.
Les affirmations des parties belligérantes sont impossibles à vérifier de manière indépendante, la situation évoluant rapidement et l’accès pour les journalistes étant difficile. [AFP]






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