Au moins 30 migrants sont morts ou portés disparus après le chavirement d’une embarcation au large de la Grèce, tandis que 147 personnes ont été secourues en Méditerranée centrale par l’Ocean Viking, selon l’OIM et SOS Méditerranée France.
Le naufrage meurtrier en mer Égée
L'OIM a fait état lundi d'une nouvelle tragédie sur la route orientale. Une embarcation, qui avait quitté le port libyen de Tobrouk, jeudi, a chaviré samedi dans des conditions météorologiques difficiles à environ 20 milles marins au sud de Kali Limenes, en Crète.
Le bilan provisoire de ce naufrage fait état de quatre corps repêchés par les autorités, trois hommes et une femme, et de vingt survivants, dont quatre mineurs.
Alors que l'OIM redoute le décès ou la disparition d'au moins 30 autres passagers, ce nouveau drame s'inscrit dans un contexte statistique particulièrement sombre : avec 606 migrants morts ou disparus en l'espace de deux mois, l'agence onusienne souligne que 2026 marque d'ores et déjà le début d'année le plus meurtrier en Méditerranée depuis le lancement de son projet "Migrants disparus" en 2014.
Double sauvetage de l'Ocean Viking
En Méditerranée centrale, la situation a nécessité l'intervention civile. L'ONG SOS Méditerranée France a rapporté deux sauvetages distincts opérés par son navire de secours.
Plus à l'ouest, sur la route de la Méditerranée centrale, le navire humanitaire Ocean Viking a d'abord mené une opération nocturne à la suite d'une alerte du collectif Alarm Phone. Les équipes de SOS Méditerranée ont secouru 97 personnes, dont 14 mineurs, qui se trouvaient à bord d'une embarcation en bois partie deux jours plus tôt de Zouara, dans l'ouest de la Libye. L'intervention s'est déroulée dans la zone de recherche et de sauvetage commune à la Tunisie et à Malte. L'ONG a souligné que deux rescapés, souffrant de déshydratation, ont nécessité une prise en charge médicale immédiate.
Alors que l'Ocean Viking faisait route vers Livourne (Italie), le port sûr désigné par les autorités, le navire a dû être dérouté pour un sauvetage consécutif. Signalée par l'avion de surveillance Albatross UNO, opéré conjointement avec HPISwiss, une nouvelle embarcation en détresse a été localisée dans la zone maltaise. Cette seconde intervention a permis de secourir 50 personnes supplémentaires, portant le nombre total de rescapés à bord à 147.
L'ONG précise que les 147 rescapés sont désormais en sécurité et naviguent vers l'Italie (à plus de trois jours de mer).
Dans leurs communiqués respectifs, les deux organisations appellent à une meilleure coordination.
L’OIM appelle à intensifier les efforts de recherche et de sauvetage et à renforcer la coopération régionale, tandis que SOS Méditerranée insiste sur l’importance d’une identification rapide des embarcations en détresse et sur la présence d’ONG de secours en mer.
Bruxelles entérine un nouveau cadre migratoire
Ces opérations interviennent alors que l’Union européenne a approuvé lundi de nouvelles règles en matière d’asile visant à accélérer le traitement des demandes. Le Conseil de l’UE a validé un cadre établissant une liste européenne de « pays d’origine sûrs », incluant notamment le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie.
Le texte prévoit également l’application du concept de « pays tiers sûr », permettant aux États membres de déclarer irrecevable une demande d’asile sous certaines conditions. [AA]







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