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Le débat sur les grandes nominations dominera le Conseil européen

Jeudi 20 Juin 2019

BRUXELLES (Reuters) - Le débat sur les nominations aux grands postes européens dominera les discussions entre les chefs d'Etat et de gouvernement jeudi et vendredi à Bruxelles, sans certitude sur leur capacité à régler cette question lors de ce Conseil.
 
Le président du Conseil, Donald Tusk, espère que les Vingt-Huit s'accorderont sur les noms de son successeur, des prochains présidents de la Commission et de la Banque centrale européenne et du Haut représentant pour les affaires étrangères. Le choix du prochain président du Parlement relève des seuls députés mais participe d'un même équilibre politique et géographique.
 
Des diplomates estiment toutefois qu'un accord prendra plus de temps en raison du désaccord entre Berlin et Paris sur la possibilité que le conservateur allemand Manfred Weber succède à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission.
 
"Je demeure prudemment optimiste parce que mes interlocuteurs ont dit leur détermination à prendre une décision rapide. Je pense que nous pourrons y arriver jeudi", déclare Donald Tusk dans sa lettre aux chefs d'Etat et de gouvernement.
 
Plusieurs diplomates soulignent qu'Angela Merkel ne pourra pas renoncer facilement à la candidature de Manfred Weber, candidat du Parti populaire européen (PPE) et numéro deux de l'Union chrétienne sociale (CSU), partenaire bavarois de l'Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière allemande.
 
Le choix de Weber est notamment contesté par le président français, Emmanuel Macron, et par le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez.
 
"Il est clair que rien ne se fera sans un accord franco-allemand", a souligné mercredi un conseiller du président français.
 
Selon un responsable du gouvernement allemand, Berlin travaille à obtenir un accord avant le 2 juillet.
 
AVANCÉES SUR LE CLIMAT ET LA ZONE EURO
 
Les socialistes soutiennent pour ce poste le Néerlandais Frans Timmermans, numéro deux de la Commission sortante, et les libéraux la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager. D'autres noms circulent, dont ceux du Français Michel Barnier, du Belge Charles Michel, de la Bulgare Kristalina Georgieva ou de la Lituanienne Dalia Grybauskaite.
 
Les dirigeants multiplieront les rencontres avant le Conseil pour tenter d'avancer le plus possible sur les nominations. L'hypothèse d'un autre sommet dans les prochains jours est évoquée.
 
Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent par ailleurs adopter un programme stratégique fixant des orientations pour cinq ans, faire un point d'étape sur le futur budget 2021-2027 de l'UE, sur lequel la Commission espère un accord à l'automne, et débattre du dérèglement climatique.
 
Un projet de conclusions consulté mercredi par Reuters évoque pour la première fois l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 à l'échelle de l'Union européenne, tout en affirmant le droit des Etats de choisir leur propre mix énergétique.
 
La France et une majorité d'Etats militent pour l'adoption de cet objectif mais se heurtent aux résistances de quelques autres, en particulier la Pologne.
 
Vendredi, les chefs d'Etat et de gouvernement, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, et le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, se réuniront pour un sommet de la zone euro et entérineront l'accord trouvé par les ministres des Finances la semaine dernière.
 
Ces derniers ont fait des avancées vers une plus grande intégration de la zone euro, avec en particulier un outil budgétaire commun, qui devrait être opérationnel en 2021, sans conclure sur son montant et son financement.
 
La France, qui a vu ses ambitions dans ce domaine douchées par la résistance de pays du nord de l'Europe, espère pouvoir aller plus loin dans les prochains mois et à long terme.
 
"C’est un combat qu’on continue à mener, est ce qu’il est remporté aujourd’hui ? Non, pas encore", dit-on à l'Elysée.
 
Le montant et les modalités de financements de cet instrument seront discutées dans le cadre des négociations sur le budget de l'Union "donc c’est une question qui est encore ouverte, il y a des différences, il y a des divergences au sein de la zone euro, c’est clair", ajoute-t-on.
 
La fonction de stabilisation économique que Paris n'est pas parvenu à intégrer dans cet outil, sera quant à elle nécessaire "à un moment ou à un autre. C’est mieux d’essayer de s’en doter avant qu'une crise n’émerge", poursuit la même source.
 
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