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Le Parlement européen veut geler l'adhésion de la Turquie à l'UE

Mardi 22 Novembre 2016

STRASBOURG (Reuters) - Les dirigeants des principaux groupes au Parlement européen ont plaidé mardi pour le gel des discussions d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne en raison du recul des droits de l’homme depuis le coup d'Etat manqué de l'été dernier.
"Notre message pour la Turquie est très clair: les négociations d'adhésion devraient être gelées immédiatement", a déclaré Manfred Weber, à la tête du Parti populaire européen (centre-droit), premier groupe parlementaire à Strasbourg.
 
"Je ne dis pas qu’elles doivent être suspendues, mais je crois qu’il est impossible de mener un dialogue avec la Turquie dans la situation actuelle. Si la Turquie devait réellement rétablir la peine de mort, la Turquie ne pourrait pas se joindre à l’Europe", a-t-il ajouté.
 
Le chef de file du groupe socialiste, Gianni Pitella, lui a fait écho: "Il faut geler les discussions d'adhésion pour envoyer un signal politique fort", a-t-il affirmé avant d’égrener les chiffres de la répression menée par le gouvernement turc depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet.
 
"Des milliers de personnes arrêtées sans motif, 140 journalistes en prison, c’est le chiffre le plus élevé au monde, un tiers des juges et des procureurs qui ont été incarcérés, 11.000 enseignants suspendus, dix députés envoyés en prison et 36 maires remplacés par des commissaires d’Etat : tout ceci n’est pas justifiable, pas même par un coup d’Etat que nous avons condamné immédiatement", a-t-il ajouté.
 
Le président du groupe libéral et démocrate, Guy Verhofstadt, s’est joint au concert en dénonçant la position de la Haute représentante pour la politique extérieure de l’UE, Frederica Mogherini.

"Pour renforcer la démocratie en Turquie, le meilleur moyen est de maintenir toutes les voies de communication ouvertes", avait-elle plaidé en ouverture du débat.

"C’est se voiler la face, tromper nos citoyens et les citoyens turcs", a répliqué l’ancien Premier ministre belge, qui avait été jusqu’ici l’un des plus chauds soutiens d’une adhésion de la Turquie à l’UE.
Les eurodéputés devraient formaliser leur demande de gel des négociations lors du vote d’une résolution jeudi à Strasbourg.
 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a invité le 9 novembre dernier l'Union européenne à se prononcer rapidement sur la demande d'adhésion de la Turquie au bloc communautaire.
Le même jour, la Commission européenne déplorait, dans son évaluation annuelle des négociations commencées il y a onze ans avec Ankara les "reculs" face au respect de l'Etat de droit enregistrés en Turquie ces derniers mois.
 
Mardi à Strasbourg, Frederica Mogherini a confirmé que le rétablissement de la peine de mort, que le président turc dit envisager, "serait un signal que la Turquie ne veut pas faire partie de la famille de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe".
 

 
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