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INDIFFERENCE COUPABLE, AUX RISQUES ET PERILS DE SONKO POUR SES IDEES (Me Wagane Faye)

Mercredi 6 Septembre 2023

 
Toute sa famille, les membres et sympathisants de son parti, beaucoup de ses anciens collègues des Impôts et Domaines, dit-t-on, voire un nombre impressionnant d’observateurs politiques parmi ceux qui viennent de le découvrir dans l’arène politique sont désolés de la grève de la faim de Ousmane Sonko qui, on ne sait jamais, pourrait avoir raison de sa vie, ou lui laisser des séquelles handicapantes. Quelle perte incommensurable cela causerait ? Est-il pensable que quelqu’un, pour quelque cause que ce soit, puisse en être indifférent ? Et pourtant l’attitude de ses geôliers laisse penser qu’ils sont dans ce cas.
 
Nous invitons ceux d’une toute autre sensibilité sur la vie humaine à s’approprier les propos ci-après prononcé devant ses hôtes au Grand Magal de Touba par le Khalif Général des Mourides, Serigne Mountakha MBACKE : « la quête du pouvoir ne doit pas pousser quelqu’un à détruire son prochain ».
 
C’est une vérité de Lapalisse, depuis l’entrée fulgurante en politique de Ousmane Sonko qu’il trouble le sommeil de plus d’un parmi ses adversaires dans la lutte pour le pouvoir.
 
Pour dire vrai, certains ne verseraient que des larmes de crocodiles, si par malheur, Sonko venait à être définitivement « out » d’une manière ou d’une autre.
 
Que des âmes sensibles, soient de véritables militants politiques, soit des membres de la société civile, ou tout simplement des citoyens qui maitrisent le droit, particulièrement le droit pénal et le droit constitutionnel, cessent de perdre leur salive ou de produire des articles, les plus documentés qui soient, pour démontrer que les arguments de certains ministres du gouvernement, relatifs à l’acharnement manifesté de ne rien écarter pour éviter à l’éventuel candidat du pouvoir d’avoir à croiser le fer avec Ousmane Sonko, dans les futures compétitions présidentielles, ne tiennent pas la route. Ils étonnent même parce que venant de personnes présumées spécialistes en la matière, vu leur cursus et les professions qu’ils ont longtemps honorablement exercées. En voilà une confirmation du mépris que certains observateurs ont des activités politiques et des politiciens.
 
Le point de vu le plus discréditant, sortant de la bouche d’un connaisseur en droit est celui de s’arcbouter à soutenir que le fait que la condamnation, du reste incroyable, par contumace de Sonko est suffisant pour motiver sa radiation sur les listes électorales, donc son empêchement de pouvoir voter et d’être candidat aux élections présidentielles du 25 février 2024. Décidément Sonko fait peur. Et cette peur est une preuve que certains n’ont aucun doute qu’ils perdraient leur temps si malgré l’ensemble des trucages, Sonko figure sur les listes électorales.
 
Un Alioune Badara Mbengue et un Amadou Clédor Sall, paix à leurs âmes, qui avaient été respectivement ministre de la Justice et ministre de l’Intérieur, loin d’avoir un niveau de connaissance en droit équivalent à celui du professeur Ismaïla Madior Fall ou de M. Antoine Félix Diome, magistrat de profession, qui occupent aujourd’hui les responsabilités qui étaient les leurs, n’ont pas montré plus de maîtrise dans l’interprétation des textes de loi qu’ils appliquent aux citoyens, dans lesquelles n’importe quel initié en droit peut trouver des failles susceptibles de discussions. Mais pour leur honneur ce ne serait certainement pas dû à des insuffisances, mais à une complaisance politicienne évidente.
 
En tout état de cause, si ce sont les conséquences de l’enjeu, telles qu’évaluées par nos ministres concernés, qu’ils sachent que leur évaluation desdites conséquences est biaisée. Avaient-ils pris conscience qu’une décision d’une autorité, qui s’analyse purement  et simplement en « ma tey », peut aboutir à des troubles très difficiles à maitriser, surtout s’il en résulte une situation dramatique, la mort d’homme, ou le fait de rendre égal à quelqu’un, la vie et la mort, en le rendant grabataire par les traitements qui lui sont administrés ?
 
Gouverner, c’est prévoir, avait dit l’autre, et commettre des erreurs ou à en faire à sa tête en prenant des décisions, participe d’une absence de prévoyance dans la gouvernance.
 
On ne souhaiterait pas avoir raison sur le Président Macky Sall et ses ministres de la justice et de l’intérieur qui tous ne sembleraient pas se préoccuper outre mesure de la grève de la faim de Ousmane Sonko, sur laquelle nous voudrions nous faire entendre par qui de droit, à savoir son Excellence, Monsieur le Président de la République Macky Sall.
 
Peut-il avoir oublié que suite à sa brouille avec son ex-mentor, dont-il s’était rebellé contre le désir de vouloir l’écarter pour faire place nette à quelqu’un d’autre qu’il destinait à sa succession à la tête de l’Etat, celui-ci lui avait fait subir ce que lui-même fait subir à Ousmane Sonko, pratiquement pour les mêmes raisons, sous les yeux impitoyables de certains. Autant nos compatriotes étaient émus pour le cas Macky Sall, autant ils sont plus qu’émus aujourd’hui pour le cas Ousmane Sonko.
 
Et puisque dans notre pays les citoyens sont allergiques au fait de voir un plus fort en faire voir de toutes les couleurs à un plus faible, dans ces deux situations qui se ressemblent comme deux gouttes, les gens étaient et demeurent mobilisés, chacun à sa façon, pour faire échec à toute tentative néfaste à la coexistence pacifique que tout le monde souhaite dans notre pays.
 
De brimade en brimade, d’humiliation en humiliation, n’en pouvant plus de continuer à avaler des couleuvres, le  pauvre Macky claqua la porte du PDS dont-il démissionna de tous les postes de responsabilités qu’il occupait.
 
S’en suivirent contre lui, comme c’est de coutume dans la pratique des politiciens au Sénégal, des attaques, des invectives de toutes sortes, voire des menaces à peine voilées. Il en arriva à perdre sa sérénité au point de s’exprimer dans les ondes des radios, une façon d’attirer l’attention de l’opinion en des termes émouvants : « je ne me sens plus en sécurité, puisqu’avec ces gens-là (ses ex-frères de parti) il faut s’attendre à tout ». A une autre occasion, comme pour demander protection contre ces mêmes ex-frères, s’adressant à une autorité religieuse, il laissa transparaître une peur réelle de l’éventualité d’aller en prison, que certains faits et gestes de ses tout nouveaux adversaires voudraient essayer de justifier, en cas de besoin. Des précautions sécuritaires, il avait, selon lui, besoin de s’en prémunir. Il n’était pas non plus dans un contexte de ne pas recevoir avec le sourire les nombreux soutiens de beaucoup de sénégalais.
 
Mais sur ce registre, il n’était pas allé, comme un de ses ex-frères du même parti qui s’était trouvé dans une situation semblable à la sienne, jusqu’à dire, publiquement voyant apparaître l’imminence de son incarcération : « Je ne souffre d’aucune maladie… » ; Sous entendu que dans l’adversité politique, dans leur milieu tout peut arriver à un détenu politique, surtout d’envergure. Et puisque jusqu’à nos jours disons sous divers régimes politiques, il ne faut pas trop compter sur notre justice dont les équipes au pouvoir, pour lui servir de rempart contre ce qu’en disent les opposants de la 25ème heure, ne cessent de dire : « il faut laisser la justice faire son travail ».
 
« Laisser la justice faire son travail », oui mais ceux qui en souffrent quelques fois pour des raisons politiques ajouteraient : « à condition qu’elle le fasse consciencieusement, équitablement et en toute indépendance ».
Dakar, le 06 septembre 2023
Maître Wagane Faye
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