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En Centrafrique, des éleveurs pris en tenaille entre milices et militaires

Vendredi 14 Janvier 2022

La silhouette longiligne de Lamine Bina émerge au milieu de son troupeau dans cette plaine du nord-ouest de la Centrafrique. En pleine période de transhumance, l’éleveur pose nerveusement son regard sur son cheptel puis sur l’horizon. Les milices armées comme les forces pro-gouvernementales ciblent fréquemment les nomades.
 
Ce Peul de 37 ans, dont le nom a été changé pour sa sécurité, a durant deux décennies emprunté les mêmes couloirs de transhumance, entre octobre et juin, quittant les plateaux arides du Tchad et du Soudan pour rejoindre les plaines de Centrafrique et les grands marchés aux bestiaux. Mais la résurgence des violences dans ce pays a changé la donne pour ces nomades.
 
Après avoir fortement baissé d’intensité depuis trois ans, la guerre civile, entamée en 2013 entre un Etat quasi failli et une multitude de groupes et milices armées qui contrôlaient ou écumaient encore fin 2020 plus des deux tiers du territoire, a connu un brusque regain d’intensité quand des rebelles ont lancé une offensive il y a un an pour renverser le chef de l’Etat Faustin-Archange Touadéra.
 
Ils ont vite été repoussés par une fulgurante contre-offensive de l’armée grâce à l’appui de centaines de paramilitaires russes, des mercenaires de la société privée de sécurité Wagner selon l’ONU. Ils ont regagné la majeure partie du pays en repoussant les rebelles hors des agglomérations. Mais ces derniers ont changé de tactique et mènent aujourd’hui des actions de guérilla dans les campagnes. (Le Monde)
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