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Djibouti : l’enfer de la « route de l’Est », la traversée la plus meurtrière au monde

Vendredi 1 Mai 2026

Des dizaines d'hommes avancent péniblement après avoir abandonné leur rêve d'exil. Pendant plusieurs jours, ils marchent pour rentrer chez eux, vaincus par l'une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Amaigris, épuisés, certains n'ont rien avalé depuis longtemps. 

 

Sous le ciel brûlant d'avril où l'on parle pourtant d'« hiver » seules quelques silhouettes d'acacias desséchés offrent un peu de répit face à une chaleur. Parmi eux, Jemal Ibrahim Hassan. À 25 ans, cet ancien agriculteur avait quitté Djibouti avec l'espoir de trouver du travail dans les riches pays du Golfe. Comme beaucoup, il est venu d'Éthiopie, un pays marqué par la pauvreté et les conflits. « Nous n'avions aucun endroit où vivre en paix », confie-t-il. 

 

Son périple a duré quinze jours à pied, sur près de 550 kilomètres. Les pieds gonflés et les couverts d'ampoules, il a fini par embarquer sur un bateau surchargé. Mais le voyage s'est brutalement interrompu : intercepté par les garde-côtes, il a été placé dans un centre de détention au Yémen. 

 

« Il n'y avait rien à manger. Nous y sommes restés huit jours avant d'être renvoyés », raconte-t-il. Sur le chemin du retour, une tempête à failli lui coûte la vie. Aujourd'hui, il marche à nouveau mais cette fois pour rentrer en Éthiopie. 

 

Chaque année, des dizaines de milliers de migrants empruntent cette « route de l'Est ». En 2025, plus de 900 personnes ont perdu la vie ou disparu, selon l'Organisation internationale pour les migrations un record tragique. [Africanews avec AFP et AP]

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