Un Aïd de sang. Les habitants de Khartoum ont célébré la fête musulmane concluant le Ramadan aux bruits des balles et des bombardements. A la tombée du jour, vendredi 21 avril, une psalmodie solitaire résonnait dans les haut-parleurs de la grande mosquée Al-Nour. Les autres sont restées murées dans le silence et les fidèles ne sont pas venus prier dans la capitale soudanaise transformée en champ de bataille.
« C’est la première fois que nous ne sommes pas réunis en famille. Moi je n’ai pas peur, mais ces hommes devraient craindre Dieu », s’exclame Sumaya, portant le doigt à son oreille alors que des tirs retentissent dans le quartier d’Al-Amarat, au centre de Khartoum. « Même chez moi, les hommes ont trop peur pour sortir », dit-elle dans un claquement de langue, en s’éloignant après avoir cherché en vain une boisson fraîche dans l’une des rares échoppes encore ouvertes, pour agrémenter le repas improvisé, sans gaz ni électricité.
Vendredi, l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane a de nouveau multiplié les raids aériens sur les positions tenues par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), menés par le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ».
La veille, pour la première fois depuis le début du conflit, le général Bourhane est apparu à la télévision, dans une salle sombre, encadré de drapeaux soudanais. La seule issue serait la force, a-t-il fait valoir, en balayant d’un revers de main toute négociation avec son rival, voué à se faire « écraser militairement », s’il ne cesse de « vouloir de contrôler le pays ». (Le Monde)






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