L'Ethiopie a discrètement changé sa politique envers les 170 000 réfugiés érythréens qui vivent sur son sol. Ils obtenaient jusque-là une protection automatique, dès lors qu'ils avaient fui leur pays. Tel n'est plus le cas aujourd'hui, satisfaisant ainsi une ancienne revendication du régime érythréen. Dans les camps le long de la frontière érythréenne, c'est l'inquiétude.
Sans déclaration officielle, désormais l'agence éthiopienne des réfugiés n'accorde plus de protection systématique aux fugitifs qui arrivent d'Erythrée. Certains nouveaux arrivants sont dûment enregistrés, mais d'autres, comme les mineurs, sont simplement écartés, selon de nombreux témoignages. (RFI)
Nourrie aux récits de l'époque lointaine où la vie s'articulait autour du Nil, Fatma Addar, 23 ans, a grandi dans la culture nubienne de ses parents, sans jamais en parler la langue, aujourd'hui très peu usitée. "On me demande souvent comment je peux être nubienne si je ne parle pas notre propre langue (...). Cela a toujours été un problème pour moi", déplore Mme Addar, arabophone d'éducation.
Cette habitante d'Assouan (sud) appartient à la principale minorité ethnique d'Egypte: les Nubiens, qui ont leurs racines dans le Sud du pays et le Nord du Soudan actuel. Depuis les années 1960, les terres de l'ancienne Nubie sont en grande partie submergées par les eaux du lac Nasser, né de la construction du Haut barrage d'Assouan, projet monumental lancé par le président Gamal Abdel Nasser et inauguré en 1971. (RTBF)
Déjà confrontés à la maladie, des victimes du covid-19 et leurs proches doivent aussi faire face à la stigmatisation. Certains doivent cacher la situation autour d'eux. Seidu Amina prépare le déjeuner dans sa cuisine chez elle à Walewale, une ville du nord-est du Ghana. Mais derrière son visage amical, il y a la douleur de l'épreuve qu'elle traverse. Son frère aîné est mort du coronavirus il y a quelques semaines. Depuis sa famille et ses proches sont stigmatisés au sein de leur communauté. (DW)
Les Libériens n'ont pas oublié le courage de Jerry Brown face à Ebola. Le même homme fait face aujourd'hui au Covid-19 et lui comme d'autres médecins envisagent la nouvelle pandémie avec la confiance du combat remporté contre la fièvre hémorragique et la conscience du danger qui menace.
Alors qu'on ne savait quasiment rien d'Ebola et qu'être infecté équivalait à un arrêt de mort, Jerry Brown, alors directeur médical d'un hôpital de Monrovia, a risqué sa vie pour sauver celle des autres. "Je dois reconnaître que la crise d'Ebola a été difficile", dit-il. (AFP)
Dans la très grande majorité des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, les établissements scolaires ont fermé leurs portes pour limiter la propagation du coronavirus. L'enseignement à distance est devenu la règle et de nombreuses initiatives ont été mises en place. Mais les professeurs doivent contourner une difficulté de taille : assurer la continuité pédagogique pour tous les élèves, même pour les enfants qui n'ont aucun accès à internet.
Depuis le 16 mars, face à la montée de l'épidémie de coronavirus, les écoles du Burkina Faso, du Sénégal, de la Mauritanie et de la quasi-totalité des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre sont fermées. Au total, selon l'Unicef, 128 millions d'élèves de la région n'ont plus classe en présentiel. Un mois après les premières fermetures d'établissements scolaires, les autorités se sont organisées pour trouver des solutions afin de permettre aux enfants de suivre des cours à distance. (RFI)
En Libye, la réapparition de dizaines d'extrémistes appartenant à des groupes jihadistes et qui combattaient dans les rangs du gouvernement d'Union nationale (GNA) suscite de nombreuses craintes auprès des habitants de deux villes de Sorman et de Sabratah.
Le GNA a achevé, ce dimanche 13 avril, la reconquête de toute la côte ouest allant jusqu'à la frontière tunisienne. Une zone contrôlée auparavant par les forces de Khalifa Haftar. Quelques 600 prisonniers ont été libérés des prisons des deux villes de Sorman et Sabratah. Parmi ces détenus se trouvent quelques dizaines d'individus extrémistes. (RFI)
Au total, 11.000 enfants vulnérables sont affectés par la faim en raison de la fermeture de 650 points de soupes populaires à eSwatini à cause du confinement lié au coronavirus, selon un responsable du bureau du vice-Premier ministre.
Les enfants qui bénéficiaient de cette restauration populaire dans 650 points de soins de quartier dans tout le pays avaient l'habitude d'y recevoir deux repas par jour fournis par le gouvernement grâce à l'aide de donateurs internationaux. Selon les statistiques du bureau du vice-Premier ministre, le confinement de 20 jours qui se termine jeudi prochain a laissé ces enfants, dont la plupart sont orphelins, sans endroit pour prendre le petit déjeuner et le dîner. (Journal du Mali)
La secte islamiste Boko Haram a fait de nouvelles victimes le week-end dernier au Cameroun. Au moins neuf morts et de nombreux blessés dans un double attentat dans la région de l'extrême-nord, frontalière du Nigeria. Amchidé, localité située à un jet de pierre de la frontière avec le Nigeria dans le Mayo-Sava, a été la plus durement frappée. Sept civils tués dont deux adolescents et une quinzaine de blessés.
Selon des sources locales, le kamikaze s'est fait exploser dimanche autour de 20 heures. L'attaque s'est produite alors que les victimes « retournaient chez elles », traversant une zone où les autorités déconseillent les déplacements après 18 heures, en raison des risques d'attaques jihadistes. (RFI)
Au Togo tout comme en Côte d'Ivoire, des soignants s'inquiètent du manque de moyens de protection. Des agents de santé ont contracté la maladie après avoir été en contact avec des patients du Covid-19. En Europe, plusieurs agents de santé ont déjà perdu la vie en tentant de venir en aide aux personnes touchées par le Covid-19.
Une situation que redoutent les personnels soignants dans les pays africains aux systèmes de santé jugés défaillants. Au Togo par exemple, trois médecins et une infirmière ont contracté la maladie après avoir été en contact avec des patients du Covid-19. (DW)
Les hôpitaux publics de la RDC sont confrontés aux problèmes d'insuffisance des respirateurs et du manque du matériel de protection du personnel soignant. Ce qui ne permet pas une bonne prise en charge des malades présentant des formes graves de Coronavirus, ont déploré (quand ?) plusieurs médecins sous couvert d'anonymat. Ils avouent être traumatisés par la mort atroce que connaissent ces malades privés d'oxygène faute de respirateurs suffisants dans les hôpitaux où ils prestent.
« Nos malades meurent atrocement par asphyxie. C'est simplement inhumain, c'est comme quand tu vois quelqu'un se pendre ou se noyer, c'est atroce pour les témoins et traumatisant pour nous personnel soignant », témoigne un médecin. La plupart de médecins disent aussi craindre pour leur propre vie et abandonnent les malades à leur triste sort. (Radio Okapi)
Alors que le monde entier est focalisé sur l'épidémie de coronavirus, la Centrafrique doit aussi faire face à une autre crise, celle de la rougeole. Une épidémie déclarée comme nationale, le 24 janvier 2020, par le ministre de la Santé. La riposte vaccinale a commencé. 10 des 35 districts ont été vaccinés. Et la prise en charge des nouvelles contagions se poursuit notamment dans la région de Bossangoa qui est l'une des plus touchées.
Au Soudan, face au coronavirus, des étudiants en médecine et de jeunes salariés se mobilisent. Appartenant tous au même comité de quartier de Khartoum, ils ont appris à fabriquer du gel hydroalcoolique. Ils produisent 1000 flacons par jour qu'ils vont distribuer, gratuitement. Ils en profitent pour expliquer les gestes élémentaires de prévention sanitaire. (TV5Monde)
Depuis l'apparition du nouveau coronavirus en Côte d'Ivoire, les autorités multiplient des actions afin de freiner la propagation de la maladie. Pour accompagner le gouvernement, le village d'Azaguie-Ahoua, à 50 km au nord d'Abidjan, a décidé de sensibiliser sa population à travers des messages diffusés sur haut-parleurs à longueur de journée.
Une initiative qui permet de toucher un plus grand nombre en langue locale dans un village où les mesures d'hygiènes recommandées sont parfois difficiles à appliquer. (VOA)
Le président du Malawi Peter Mutharika a nommé jeudi soir un nouveau gouvernement depuis Lilongwe, la capitale. Une annonce qui intervient seulement quelques jours après la formation d'une alliance politique en vue de la répétition très attendue de l'élection présidentielle, prévue pour mai.
L'alliance a été conclue entre le Parti démocratique progressiste (DPP - pouvoir) du président Mutharika et le Front démocratique uni (UDF - opposition), dirigé par Atupele Muluzi. Fils de l'ancien président Bakili Muluzi (au pouvoir de 1994 à 2004), Atupele Muluzi s'est vu attribuer le poste de ministre de l'énergie. (VOA)
Le sort actuel de la célèbre réserve animalière symbolise les dégâts collatéraux causés par la menace terroriste et la crise sanitaire du Covid-19. Les temps sont durs pour les pays du Sahel et, notamment, pour le Burkina Faso. Le terrorisme avait déjà conduit à la désertion des touristes et voilà que le Covid-19 vient en remettre une couche. Parmi les victimes de cette situation, les parcs naturels, dont celui de Nazinga, réserve animalière de 100 000 hectares qui a la particularité d'abriter encore deux des « Big Four », à savoir le buffle et l'éléphant. (Le Point)
Au moins 36 civils ont été tués à la machette dans des massacres, portant la signature du groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), qui ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à Béni, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon des observateurs, les ADF se vengeraient après une offensive lancée à partir du 30 octobre dernier par les Forces armées congolais (FARDC) contre leurs bases dans la forêt et la jungle autour de Beni. L'armée s'était félicitée d'avoir conquis le QG de ce groupe et tué cinq de ses six chefs.
Les ADF ont ainsi repris leurs violences meurtrières sur les civils depuis novembre passé et sont accusées d'avoir déjà tué près de 300 personnes, selon des comptages effectués par des organisations locales de la société civile. Depuis octobre 2014, ils auraient massacré plus de 1.000 civils dans la même région de Beni. (Le Griot)
Coups de filet en Éthiopie contre des chefs de réseaux de passeurs de migrants vers la Libye. La semaine dernière, c'est un célèbre trafiquant d'origine érythréenne qui a été arrêté avec des complices. Et cela fait suite à l'arrestation, le mois dernier, d'une autre tête de réseau, dans une vague d'arrestations de grande ampleur.
C'est l'une de ses victimes qui a alerté la police après l'avoir reconnu dans la rue. Car l'Érythréen Tewelde Goitom, surnommé « Walid », circulait librement en Éthiopie, continuant d'organiser le trafic qui a fait de lui un millionnaire. Bientôt, d'autres victimes se sont manifestées. « Walid » a été arrêté vendredi, avec son frère et quatre complices, alors qu'il buvait un café dans un lieu public.
« Walid » est un caïd à la sinistre réputation parmi les migrants de la Corne de l'Afrique. Il se plaisait à parader avec des armes de guerre et se vantait de violer toutes les femmes qui passaient par ses réseaux, raconte la journaliste érythréenne Meron Estefanos. (RFI)
Le premier ministre éthiopien et Prix Nobel de la paix 2019, Abiy Ahmed, a appelé ses concitoyens à la tolérance, jeudi 19 mars, après que des incidents liés à la propagation du coronavirus et visant des étrangers ont été rapportés ces derniers jours. « Tandis que les efforts de sensibilisation au Covid-19 se poursuivent à l'échelle nationale, il est important de noter que le virus n'est ni lié à un pays ni à une nationalité, a déclaré M. Abiy dans un communiqué.
Tout le monde est égal devant le risque [...] Ne laissons pas la peur nous voler notre humanité. » Cette prise de parole du premier ministre intervient alors qu'un certain nombre d'incidents visant des étrangers ont été rapportés en Ethiopie, qui compte officiellement six cas de coronavirus (trois Japonais, un diplomate britannique et deux Ethiopiens).
Deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec quelque 100 millions d'habitants, l'Ethiopie a suspendu lundi pour quinze jours l'enseignement dans les universités, les grands rassemblements et les compétitions sportives pour tenter d'enrayer la propagation du virus. (Le Monde avec AFP)
La justice égyptienne a ordonné jeudi la libération de 15 dissidents politiques, au moment où les familles de détenus craignent la contagion de leurs proches par le nouveau coronavirus en prison, a-t-on appris de sources judiciaires. Parmi les détenus concernés figure notamment Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire, arrêté en septembre pour avoir soutenu quelques rares manifestations antigouvernementales, à l'appel d'un homme d'affaires égyptien exilé en Espagne.
Selon les organisations de défense des droits humains, environ 4.000 personnes avaient été arrêtées le même mois dans le pays. Des centaines avaient ensuite été relâchées. Ancien directeur de campagne du président Abdel Fattah al-Sissi, Hazem Abdel-Azim, qui avait ensuite critiqué la politique du chef de l'Etat, figure également sur la liste des 15 personnes libérées sur ordre du parquet de la sécurité d'Etat.
Les autres détenus sont des responsables de partis d'opposition. Le parquet n'a toutefois pas précisé si leur remise en liberté était une réponse aux inquiétudes des familles de détenus concernant la pandémie de nouveau coronavirus. (AFP)
Cinq femmes ont été tuées mercredi et cinq autres civils blessés dans des bombardements attribués aux forces du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale libyenne et sa banlieue, a indiqué jeudi le Gouvernement d'union nationale (GNA). "Des roquettes et obus ont touché des maisons dans les quartiers de Ain Zara et Bab Ben Ghachir", a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Amine Al-Hachemi.
Les bombardements ont tué cinq femmes, blessé cinq autres civils et provoqué des dégâts matériels, selon lui. Le GNA, basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, a dénoncé des "bombardements à l'aveugle", les imputant aux forces du maréchal Haftar --homme fort de l'est du pays--, qui mènent depuis avril une offensive pour s'emparer de la capitale. Une trêve avait été décrétée le 12 janvier, mais des combats continuent d'opposer régulièrement les forces pro-Haftar et leurs rivales du GNA, qui s'accusent mutuellement de violations. (AFP)