Le chef du mouvement tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, a entamé une grève de la faim ce lundi, “en signe de solidarité avec les prisonniers politiques en grève de la faim“ à la prison de Mornaguia, où il purge sa peine de réclusion.
C’est ce qu’indique un communiqué du comité de défense de Ghannouchi, incarcéré à la prison de Mornaguia, qu’il a publié sur la page officielle Facebook de Ghannouchi.
Le comité de défense a déclaré : “Le professeur Rached Ghannouchi, chef du parti Mouvement Ennahdha, a décidé d'entamer une grève de la faim depuis son lieu de détention à la prison civile de Mornaguia“, à partir d'aujourd'hui, en signe de solidarité avec “les détenus en grève de la faim et en soutien à tous les opposants dans les différentes prisons tunisiennes et à tous les prisonniers d’opinion“.
Le comité a ajouté que Ghannouchi a informé aujourd'hui les avocats qui composent son équipe de défense de sa décision.
Selon la même source, Ghannouchi a appelé les Tunisiens à "adhérer à une Tunisie démocratique qui inclut tous les citoyens sur la
base d'une coexistence fondée sur la liberté, la justice, la suprématie de la loi et l'indépendance du pouvoir judiciaire".
Le 1ᵉʳ février dernier, le tribunal tunisien de première instance a condamné Ghannouchi à trois ans de prison, pour financement illicite par une partie étrangère.
Il s'agit de la deuxième condamnation rendue contre Ghannouchi, dans la mesure où il a été condamné le 15 mai 2023 à un an de prison et à une amende de mille dinars (soit 328 dollars) pour incitation à la violence dans ce qui a été qualifié de l’affaire des “tyrans“. Un membre des syndicats sécuritaires de l’époque avait, en effet, porté plainte contre Ghannouchi, l'accusant d'avoir qualifié les services sécuritaires de tyrans lors de son discours.
La ligue des familles de 6 détenus en Tunisie a annoncé dans la journée du dimanche, dans un communiqué, que “six prisonniers politiques détenus dans l'affaire de complot contre la sûreté de l'État envisageaient d'entamer une grève de la faim, à partir de lundi, sur la base de leur protestation contre leur situation et leurs revendications de leurs pleins droits et libertés“.
Les prisonniers qui ont entamé une grève de la faim sont : Jawhar Ben Mbarek (membre du Front de salut national), Issam Chebbi (secrétaire général du Parti Al Joumhouri), Abdelhamid Jlassi (ancien leader du mouvement Ennahdha), Ghazi Chaouachi (Secrétaire général du Courant démocrate et ancien ministre), Khayam Turki (ancien leader du parti Ettakatol) et Ridha Belhaj (ancien chef de cabinet présidentiel).
Le président tunisien Kaïs Saïed accuse ces hommes politiques de “conspirer contre la sécurité de l’État et d’être à l’origine des crises dans la distribution des biens et de la hausse des prix des denrées“. L’opposition tunisienne accuse, de son côté, le président tunisien d’instrumentaliser la justice pour traquer ceux qui s’opposent aux mesures exceptionnelles imposées le 25 juillet 2021. [AA]







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