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Truth Social : Le futur réseau social de Donald Trump flambe à Wall Street

Samedi 23 Octobre 2021

L’alternative à Facebook, Twitter et YouTube selon l’ancien président américain prépare son entrée en Bourse.
 
 L’entreprise qui doit permettre au réseau social de Donald Trump d’entrer en Bourse connaît une ascension fulgurante à Wall Street. Un succès qui illustre autant la fièvre spéculative autour de titres médiatisés que la popularité de l’ancien président américain auprès de sa base électorale.
 
Après avoir été suspendue à de multiples reprises vendredi matin, l’action de Digital World Acquisition Corp. s’envolait à la mi-séance de 118%, à 98,97 dollars (90,68 francs suisses). Son prix avait décollé d’environ 200% un peu plus tôt dans la journée après avoir déjà grimpé de plus de 350% jeudi à la clôture.
 
En se fondant sur les chiffres les plus récents, la valeur boursière du groupe atteignait les 3,2 milliards de dollars (environ 2,9 milliards de francs suisses). Un montant impressionnant pour une entreprise récente, jusqu’alors confidentielle et sans activité commerciale.
 
Digital World Acquisition Corp., qui s’échange sous le symbole DWAC au Nasdaq, est en effet une société d’acquisition à vocation spécifique, ou SPAC en anglais, c’est-à-dire une coquille vide cotée en Bourse en vue d’une fusion avec une entreprise pour laquelle elle lève des fonds en vendant des actions.
 
Lors de son entrée au Nasdaq en septembre, DWAC avait levé 293 millions de dollars (environ 268 millions de francs suisses). La société cible s’est donc révélée être le nouveau groupe de médias et de technologies de Donald Trump, fondé en février dans le Delaware, qui doit porter le projet de réseau social du milliardaire républicain.
 
Intitulée Truth Social, cette future plateforme a été présentée par l’ancien locataire de la Maison-Blanche comme une alternative à Facebook, Twitter et YouTube, dont il est banni  pour avoir incité ses partisans à la violence avant l’invasion du Capitole, le 6 janvier.
 
Dans un communiqué publié mercredi pour annoncer la fusion avec DWAC, Donald Trump a dit vouloir «résister à la tyrannie des géants technologiques» et s’est indigné d’avoir été «réduit au silence».
 
Nouveau GameStop
 
Sa récente montée en flèche à Wall Street n’est pas sans rappeler celle de la chaîne de magasins de jeux vidéo GameStop et d’une poignée d’autres titres (AMC, Blackberry, Bed Bath & Beyond) en début d’année. Ces entreprises avaient été plébiscitées par une armée d’investisseurs amateurs souhaitant prendre à revers de grands fonds qui avaient au contraire misé sur l’effondrement boursier d’entreprises à la santé financière chancelante.
 
Pour Patrick O’Hare, chef de l’analyse de marchés chez Briefing.com, le parallèle avec la saga GameStop est évident, d’autant que la spéculation autour des SPAC va bon train depuis plusieurs mois aux États-Unis. «Ce sont des jeux d’argent, affirme Patrick O’Hare. C’est un signe des temps. Il n’y a aucune raison fondamentale pour justifier les mouvements que l’on observe.»
 
Sur le forum WallStreetBets, du site Reddit, où se retrouvent 11 millions de boursicoteurs amateurs de paris boursiers ultrarisqués et qui avaient été à l’avant-garde de l’ascension de GameStop, la hausse de DWAC était abondamment commentée. «Il apparaît que DWAC était le nouveau GME (ndlr: le symbole de Gamestop)», s’enthousiasmait vendredi l’un des membres du forum.
 
Un soutien solide
 
Une autre raison susceptible d’expliquer la progression boursière de DWAC tient au soutien dont Donald Trump continue de jouir chez des millions d’électeurs républicains. Battu par Joe Biden à la présidentielle de novembre dernier, le milliardaire n’a jamais reconnu officiellement sa défaite et a laissé entendre qu’il comptait se représenter en 2024.
 
L’annonce de la fusion entre DWAC et le nouveau groupe de Donald Trump n’a toutefois pas été du goût de tous les investisseurs. Selon le «New York Times», le fonds Saba Capital, dirigé par un investisseur de tendance démocrate, a ainsi décidé de vendre une grande partie de ses actions de l’entreprise en apprenant ses liens avec l’ancien locataire de la Maison-Blanche. Contacté par l’AFP, Saba n’a pas réagi dans l’immédiat. (ATS)
 
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