Connectez-vous

Pour une armistice parlementaire (Par Souleymane Guèye)

Lundi 13 Juillet 2026

Pour une armistice parlementaire (Par Souleymane Guèye)

Si l’Assemblée nationale avait assez de pouvoir pour gouverner le Sénégal, cela se saurait. Et si elle utilisait pleinement celui qu’elle détient déjà, cela se verrait.

 

Depuis quelques semaines, la vie politique sénégalaise semble progressivement ramenée à un affrontement entre le Palais de la République et l’Assemblée nationale. D’un côté, le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement. De l’autre, une majorité parlementaire conduite par Ousmane Sonko, désormais installé au perchoir.

 

Cette mise en scène peut nourrir les passions partisanes. Elle ne répond pourtant ni aux urgences sociales ni aux exigences d’efficacité institutionnelle.

 

Dans un régime marqué par l’hyperprésidentialisme, engager depuis le Parlement une guerre frontale contre l’exécutif, surtout en fin de session, relève davantage de la démonstration politique que d’une stratégie de transformation. Une motion de censure peut faire tomber un gouvernement. Elle ne transfère pas le pouvoir exécutif à l’Assemblée. Elle ne donne pas aux députés la maîtrise de l’administration, du budget ou de l’appareil d’État.

 

Le Parlement peut bloquer. Il peut ralentir. Il peut provoquer une crise. Mais il ne peut pas gouverner à la place du président de la République. La véritable puissance de l’Assemblée nationale se trouve ailleurs : dans sa capacité à voter de bonnes lois, à contrôler le gouvernement, à enquêter, à auditionner les responsables publics et à faire rendre compte aux institutions. Or, sur ce terrain, le bilan reste encore largement insuffisant.

 

L’affaire Softcare en constitue une illustration. Une mission d’information parlementaire a été mise en place après les graves accusations relatives à la qualité de certains produits commercialisés au Sénégal et à leurs conséquences possibles sur la santé des femmes et des enfants. Des auditions ont été menées. Des administrations, des entreprises et différents acteurs ont été entendus.

 

Mais les Sénégalais attendent encore des conclusions publiques, précises et exploitables. Qui a autorisé ces produits ? Quels contrôles ont réellement été effectués ? Quelles responsabilités administratives et commerciales ont été identifiées ? Quelles mesures doivent être prises pour éviter qu’une telle situation se reproduise ?

 

Une mission parlementaire n’a pas vocation à devenir une salle d’archives. Son rapport doit être rendu public et débattu en séance plénière. Les ministres concernés doivent répondre devant la représentation nationale.

 

La même lenteur entoure la question de la dette. Depuis plusieurs mois, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire est annoncée ou réclamée. Pourtant, alors que la dette publique pèse lourdement sur les finances nationales et sur les perspectives économiques du pays, l’Assemblée ne semble toujours pas avoir placé cette question au niveau de priorité qu’elle mérite.

 

La dette n’est pas une affaire technique réservée aux experts. Elle détermine les marges budgétaires de l’État, le financement des services publics, les investissements, les impôts futurs et les sacrifices demandés à la population.

 

Une Assemblée qui souhaite réellement incarner la souveraineté devrait faire de la transparence sur la dette un chantier central. Elle devrait entendre les anciens et actuels responsables, examiner les conventions, analyser les conditions d’endettement et publier ses conclusions.

 

Il est difficile de menacer rapidement un gouvernement de censure tout en laissant traîner les instruments de contrôle sur des affaires aussi graves. C’est pourquoi une armistice parlementaire devrait être instaurée jusqu’au décembre 2026.

 

Il ne s’agirait ni de bâillonner les députés ni de transformer l’Assemblée en chambre d’enregistrement. Il s’agirait de suspendre temporairement les guerres de position, les affrontements de partis et les motions à finalité essentiellement tactique, afin de concentrer le travail parlementaire sur les urgences nationales.

 

Le Sénégal dispose déjà d’un cadre commun : l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Cette vision est politiquement portée par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle a été présentée par Ousmane Sonko lorsqu’il était Premier ministre. Elle doit désormais être mise en œuvre par le gouvernement actuel.

 

Ce programme ne peut donc pas devenir la propriété exclusive d’un camp. Il doit constituer le socle d’une coopération institutionnelle minimale.

 

D’ici décembre, l’Assemblée pourrait se concentrer sur la loi de finances rectificative pour 2026, le Code du travail, le Code de la sécurité sociale, le Code de la santé et la loi sur le patriotisme économique……

 

Elle pourrait également achever la mission Softcare, mettre effectivement en place la commission sur la dette et instaurer un mécanisme public de suivi des réformes de Sénégal 2050.

 

Voilà de quoi occuper sérieusement les députés pendant plusieurs mois.

 

Le président de l’Assemblée nationale est ici face à une responsabilité historique. Il doit prouver qu’il peut être autre chose que le chef parlementaire d’un camp. Le perchoir ne doit pas devenir une seconde Primature, un quartier général partisan ou une tribune de reconquête. Il doit être le lieu où les promesses politiques deviennent des lois.

 

Après décembre, si les divergences restent irréconciliables, que la politique reprenne ses droits. Si le président de la République décide de dissoudre l’Assemblée lorsque les conditions seront réunies, alors l’arène électorale sera ouverte. Et que le meilleur gagne.

 

Mais avant de réclamer une nouvelle bataille, que l’Assemblée termine les combats qu’elle a déjà engagés.

 

Souleymane Guèye

Source : Ma revue de presse

 
Nombre de lectures : 287 fois


1.Posté par Me François JURAIN le 15/07/2026 13:28
LETTRE OUVERTE A MESSIEURS/MESDAMES LES DEPUTES: Et si l''on arrêtait, ici ou là,de parler de "hyper-pouvoirs du Président de la République"? "rétablir ls pouvoirs entre le Président et l''Assemblée"?Qui est le Président de la République? Conformément à la constitution, le Président de la République est le "père de la nation", il a été élu au suffrage universel, et l''élection Présidentielle est la rencontre d''un homme ou d''une femme, avec le peuple tout entier (en tout cas ceux qui prennent la peine d''aller voter, les autres use du seul droit qui leur attribué, celui de se taire). Toujours d''après la constitution, lorsqu''il est élu, il devient ipso facto le Président de tous les sénégalais: ceux bien sur de son camp politique, mais aussi les autres, ceux qui, avant l''élection, n''étaient pas d''accord avec son programme, ses idées, son appartenance à un parti politique, ect...Il ne peut se permettre de prendre partie pour un camp ou pour un autre, puisqu''il est le Président de TOUS LES SENEGALAIS(es). Il se doit de respecter autant ses amis que ses ennemis.Ses droits/obligations: il désigne un Premier Ministre, chargé de mettre en œuvre la politique qu''il a lui même élaborée, avec des ministres choisis par le Premier Ministre, et soumis à l''approbation du Président de la République. Donc, et si certains l''ont oublié, tant pis pour eux, il s n''ont qu''à relire la constitution, petit ouvrage en vente dans toutes les bonnes librairies, et se faire à l''idée que le "Patron", c''est le Président de la République, le Premier Ministre étant le "directeur" qui agit sous les ordres de son patron: certains, dans des exemples récents, semblent avoir oublié cet organigramme, qui a pourtant toute son importance.

Les droits du Président de la république n''ont rien d''extravagants, ils ne sont ni exorbitants, ni supers, ni hypers je ne sais quoi, ils sont normaux. Il a le droit de désigner son Premier Ministre, c''est à dire son directeur, et à également le droit de s''en séparer: il y a une divergence avec une entreprise normale, dans laquelle le Patron qui veut se séparer de son directeur doit, conformément au code du travail, se justifier de cet acte, alors que dans le cas du Président de la République, il peut le faire à tout moment, sans avoir à se justifier. Autre droit accordé au Président de la République: il peut dissoudre l''Assemblée, lorsqu''il s''aperçoit que cette assemblée, de par sa composition, n''est plus une assemblée nationale, représentant et respectant tous les courants de pensée, mais une simple chambre d''enregistrement notamment en raison d''un déséquilibre dû essentiellement (mais pas que) au nombre des députés d''un seul parti, ou de la qualité desdits députés qui auraient démontré, par leurs interventions, qu''ils n''étaient manifestement pas au niveau de leur mandat, ou pour toutes autres raisons, diverses et variées, qui en fait ouvre la porte à toutes les suppositions, car là encore, le Président de la République n''a pas à se justifier (ce qui serait d''ailleurs inutile, car tous les observateurs politiques comprennent et ne se privent pas d''expliquer les raisons de cette dissolution, qui ne peut avoir lieu que dans certaines conditions de forme, le tout figurant une fois encore dans la constitution.)

Mais l''assemblée n''est pas en reste: elle a le pouvoir, si le quorum est requis, de renverser le gouvernement en place. Donc, cette constitution, largement inspirée de la constitution Française, est très bien faite, puisque le Président a un pouvoir, et l''assemblée un contre pouvoir. L''assemblée Nationale est même largement avantagée dans cette affaire, puisque si la dissolution de l''assemblée peut provoquer une crise politique passagère dans le pays, la "motion de censure" accordée à l''assemblée, qui lui permet de renverser le gouvernement, par un vote dit "de confiance" (en l’occurrence de non confiance!) peut, lui , provoquer une crise institutionnelle majeure, dont le pays ne peut pas s''en remettre, ou s''en remettre avec difficulté. L''exemple de ce qui s''est passé en FRANCE, ces deux dernières années, aurait dû servir d''exemple et en faire réfléchir quelques uns, puisque en deux ans, la FRANCE est passée par toutes ses étapes: alors que le Président disposait à l''assemblée d''une majorité, le Président décide de dissoudre l''assemblée nationale: ce qui devait arriver arriva, il perd sa majorité, et se retrouve avec deux blocs extrêmes, l''un à droite, l''autre à gauche! Entre les deux, rien ou pas grand chose! Aucune entente possible, sauf sur un point: renverser le gouvernement, afin de provoquer un chaos inextricable dans le pays qui n''avait pas besoin de ça! Donc, valse de Premiers Ministres, qui n''avaient pas le temps de défaire leurs valises qu''il fallait déjà repartir, et augmentation des difficultés pour les citoyens un peu lassés de cette politique si éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. Des lois, bâties en dépit du bon sens, soumises à des votes parfois hilarant: un député qui propose une loi...qui avait déjà été votée deux ans auparavant! bref, de l''assemblée nationale, nous sommes directement passés à la "foire à la saucisse", où chacun dit la sienne, histoire de se mettre en valeur et faire parler de lui, "au cas où"!

Donc, vouloir à tout prix réformer la constitution, pourquoi pas? mais prétexter que nous sommes dans un régime "hyper-Présidentialisé", non, il faudra trouver autre chose, ou alors s''en expliquer, avec des arguments solides, étayés, et sérieux. Il existe des pays où le Président de la République n''a aucun pouvoir, c''est le cas en ITALIE, en ALLEMAGNE, en ISRAEL, d''autres qui n''ont même pas de Président de la République, et pour cause, en ANGLETERRE, par exemple, puisque c''est une monarchie! Dans d''autres pays, aux mains de "révolutionnaires", comme par exemple en Amérique du Sud, il n''y a pas de Président de la République, il y a un leader maximo, et pas d''assemblée nationale, mais une assemblée "constituante", qui n''est qu''un conglomérat de sympathisants au leader maximo, chargé de lui dire ce qu''il a envie d''entendre. Donc, de par le monde, les exemples sont nombreux, la Constitution existante n''est peut être pas parfaite, mais que ce soit au SENEGAL, en FRANCE, ou dans d''autres pays, la constitution a été élaborée pour la plupart il y a des décennies, par des gens compétents, soucieux du bien être des peuples, des hommes d''état, race aujourd''hui disparue pour être remplacée par des hommes d''affaires ou des opportunistes de bon ou mauvais aloi. Ainsi va le monde, et il ne sert à rien de regretter le temps passé, il ne reviendra plus. Mais il n''est pas interdit de comprendre une constitution, de la respecter, car les politiques d''antan, avaient un autre respect de leur fonction, une autre fierté d''appartenance au pays, qu''aujourd''hui: tout simplement parce que ces constitutions ont été élaborées souvent au sortir d''une guerre, longue, douloureuse, et que les hommes politiques de ce temps là, n''étaient pas encore devenus des politiciens, et pour certains, étaient de grands hommes d''état, toutes opinions politiques confondues. Donc, respect, et au lieu de vouloir refaire un remake de la Fable de LAFONTAINE, "le grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf", débarrassons nous des slogans qui claquent comme un drapeau par grand vent dans les meetings, "nous sommes dans l''ère de l''hyper-Présidentialisme!", "redonnons à l''Assemblée, qui représente le peuple, des pouvoirs et ré-équilibrons tout ça!" Ah oui? démonstration de ces slogans ravageurs, qui font hurler les foules en pâmoison, toute acquise à la cause de celui qui occupe la scène, mais...nous ne sommes pas en train d''assister à un concert de yOUSSOUN DOUR, qui lui peut se permettre (ce qu''il ne fait d''ailleurs pas, n''ayant pas besoin d''en rajouter pour enflammer ses spectateurs-admirateurs!), nous sommes au sein d''une assemblée dite nationale, ayant en charge la bonne marche d''un pays, à l''arrêt depuis deux ans, dont il se dit que l''activité économique, vrai ou faux, est à -30%, et dont l''endettement ne permet aucun investissement qui permettrait au pays d''avancer, et sans vouloir passer pour un prétentieux, je suis certain que le petit agriculteur de la région de TAMBACOUNDA, le jeune qui n''a pas de travail, et qui sait déjà que sa survie -il ne pense même plus à l''avenir- est dans un voyage en pirogue, ne parlons même pas des père ou mère de famille, qui ne font plus qu''un repas par jour pour permettre aux enfant d''en faire deux, soient véritablement intéressés par cette gue-guerre, digne des bagarres de cour de récréation, qui se joue entre des députés plus que nantis, et un clan Présidentiel qui donne l''impression de faire ce qu''il peut, mais qui peut peu.

Et finalement, on s''aperçoit que, par les temps qui courent, et bien, la véritable cause de tout ce mal, c''est tout simplement la disparition d''une qualité, à laquelle pourtant les Sénégalais(es) étaient fortement attachés: LE RESPECT.

Le respect n''est pas un dû, on respecte les gens qui sont respectables. Et lorsque l''on constate le comportement, les discours, les vociférations clownesques sur les plateaux télévisés, des différents hommes ou femmes politiques, on comprend mieux pourquoi les "paradis artificiels" provoqués par des substances prohibées, ont tant de succès de par le monde! Car cette carence d''intellect et de professionalisme dans le monde politique n''est pas limité qu''au SENEGAL, hélas...

Alors, Mesdames et Messieurs les politiques, ont vous dit "honorables": l''honneur, c''est comme le respect, cela ne s''attribue pas, mais se mérite: dès que vous nous aurez démontré que vous êtes un homme ou une femme d''honneur, soyez sans crainte, immédiatement, nous vous respecterons. Pour l''instant, afin de ne déplaire à personne, sachez que l''immense majorité de la population est dirons...réservée.

Modifier la constitution, qui a été rédigée par des femmes et des hommes politiques, lesquels, sans vouloir vexer personne, avaient à l''époque une autre compétence, expérience, et trempe que vous nous avez démontré jusque là, depuis que vous êtes élus, oui, certainement, le monde change, les temps changent, il faut donc l''amender par petites touches: ne dit on pas qu''elle est gravée dans le marbre!, mais sans perdre de vue que cette constitution ne vous appartient pas, elle appartient à une nation toute entière, et ce n''est pas en la modifiant pour qu''elle favorise votre leader maximo avec pour horizon 2029, que votre crédit d''honorabilité et de respect augmentera, à mon humble avis, au contraire, car au fil du temps, les masques finissent toujours par tomber, et même si la vérité prend l''escalier alors que le mensonge lui prend l''ascenseur, la vérité arrive toujours, de son pas long, sans esclandre ni esbroufe, elle n''a pas besoin de ça, le naturel lui suffit amplement.

En question subsidiaire, on pourrait vous demander en quoi, cette loi modifiant la constitution (rayée des cartes par le Conseil Constitutionnel, ce qui prouve que la constitution actuelle n''est pas si mal faite que cela!) nécessitait une telle urgence, plus urgente que le pouvoir d''achat des sénégalais, mais bon, si déjà vous répondiez à la première question ci dessus, non pas cette fois ci par des slogans dignes d''une émission de télé réalité, mais par des explications claires, précises et intelligentes, je pense que bon nombre de vos concitoyens seraient fiers de vous appeler "honorables". En attendant, comprenez notre réserve...
Me François JURAIN

Nouveau commentaire :












Inscription à la newsletter