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Thiès : l’imam Oumar Thioune salue le durcissement des peines contre les actes contre-nature, appelle à un soutien populaire

Vendredi 20 Mars 2026

L’imam Oumar Thioune a salué le vote par l’Assemblée nationale d’une loi durcissant les sanctions contre les actes homosexuels et appelé le peuple à soutenir cette démarche des députés, vendredi, dans son sermon prononcé à l’occasion de l’Aīd-el-Fitr dont il dirigeait la prière au terrain Tound-wi de la Cité Ousmane Ngom, à Thiès.

 

”Nous devons remercier l’Assemblée nationale d’avoir durci les peines contre les auteurs d’actes homosexuels et contre ceux qui en font la promotion”, a-t-il dit en s’adressant aux fidèles.

 

”Nous demandons que cela soit appliqué à la lettre”, a insisté Oustaz Oumar Thioune, ajoutant que le Sénégal n’a ”pas de problème de lois, mais un problème d’application de ces textes”.

 

Selon l’imam Oumar Thioune, nombreuses sont les lois qui dorment dans les tiroirs au Sénégal.

 

Soulignant l’importance du soutien du peuple à cette loi, le religieux a noté qu”’il n’est pas normal qu’après que les députés ont fait ce que le peuple leur réclamait, qu’on leur tourne le dos”.

 

”Que cette loi soit appliquée sans distinction d’appartenance politique ou autre”, préconise le religieux, selon qui, il ne faut pas que l’appartenance politique soit un parapluie pour se soustraire à la loi.

 

L’imam a posé un diagnostic sur ces faits de société qui illustrent à ses yeux une dépravation des mœurs, à la lumière des préceptes islamiques.

 

Il considère qu’à la base, il y a des manquements à une multitude de droits et devoirs prévus par l’islam. L’islam a conféré à tout être humain des droits dont la privation lui ôte toute possibilité d’être une personne valeureuse, a-t-il lancé.

 

Après le choix d’une ”bonne mère”, imprégnée des valeurs religieuses, l’enfant a le droit d’être allaité jusqu’à ce qu’il puisse être sevré. Cela impacte aussi bien sa santé physique et mentale, note-t-il.

 

”L’éducation de l’enfant est la première brique à poser, si nous voulons préparer une personne pétrie de valeurs”, poursuit l’imam, selon qui le parent doit privilégier d’abord l’éducation religieuse, avant toute autre compétence.

 

”Cette forme d’éducation est d’autant plus nécessaire en cette période de crise morale sans précédent où les facteurs et acteurs de déviation font florès”, estime l’imam Thioune.

 

‘‘Faire quémander des enfants est indéfendable en islam”

 

Le droit à la vie est aussi protégé par l’islam qui, de ce fait, combat tout ce qui menace la vie humaine. L’imam a, sous ce rapport, appelé à ce que l’avortement médicalisé soit ”combattu”.

 

Selon le Prophète (PSL), à partir de quatre mois, l’embryon se voit insuffler une âme. L’éliminer à ce stade équivaut à tuer une personne, même si interrompre la grossesse avant cette étape reste tout de même ”un grand péché”.

 

”Qui tue une âme est comme s’il avait tué toute l’humanité”, a-t-il lancé, citant un verset du Coran.

 

”Sous aucun prétexte l’islam n’autorise d’abréger la vie d’une personne qui n’a aucune responsabilité sur sa venue au monde”, insiste le religieux.

 

Un autre droit protégé par l’islam est la filiation, d’où l’interdiction, en islam, de tout voie de procréation non conforme aux dispositions de la charia, car ceux qui naissent en dehors des liens du mariage subissent, “de la façon plus rude, les affres de la vie”.

 

Comme en témoigne le phénomène des enfants de la rue dont ”la plupart” ne sont sous aucune responsabilité. L’islam, de ce fait, bannit l’adoption, qui implique d’autres droits, notamment celui de l’héritage.

 

Il tient le parent responsable de sa prise en charge son enfant, selon ses moyens. Un droit de l’enfant au sujet duquel il sera interrogé devant son Seigneur.

 

Les auteurs d’actes contre-nature ciblent en grande partie des enfants sans tutelle, relève-t-il, fustigeant par exemple cette pratique consistant à confier son enfant à un maître coranique, pour ensuite dégager toute responsabilité.

 

”Cela n’a aucune base islamique”, martèle l’imam Thioune, qui s’indigne de voir ”des enfants de trois à cinq ans dormir sous les ponts, rôder autour des restaurants et gares routières”.

 

”Il sera demandé des comptes à leurs parents pour tout ce qui leur arrivera”, met-il en garde, ajoutant que ”faire quémander des enfants est indéfendable en islam”.

 

”Le suivi et l’adaptation des lois, un grand défi”

 

Le Prophète (PSL) a dit que ”le meilleur dinar dépensé est celui que l’on a dépensé pour sa famille”, poursuit-il.

 

Un autre droit dont le non-respect impacte sur le caractère de l’enfant, est celui de l’équité entre enfants d’une même fratrie, tant dans la prise en charge que dans l’affection. Certaines fugues et abandons du domicile familial sont dus à des frustrations de ce genre, dit-il.

 

Le député Pastef (pouvoir) Amadou Dia a salué un sermon de ”[haute] facture empreint de responsabilité”, se disant ”fier” d’appartenir à cette législature.

 

Dans un ”contexte particulier où les financements sont bloqués, l’État a pris ses responsabilités pour voter cette loi [et] protéger les valeurs auxquelles les Sénégalais s’attachent quelles que soient les influences à l’extérieur”, s’est-il félicité.

 

”Nous sommes honorés que les populations, les imams se soient approprié cette loi”, a-t-il ajouté. Selon lui, les populations y compris les acteurs politiques, doivent ”faire bloc derrière les autorités”.

 

Ce qui leur permettra de ”tenir face aux enjeux de développement et aux enjeux internationaux”. Pour lui, le mérite des autorités est d’autant plus grand qu’elles ont voté cette loi au moment où le pays fait face à des difficultés financières et que certains bailleurs ne sont pas favorables à cette loi.

 

Concernant l’application de la loi durcissant les peines contre les auteurs d’actes homosexuels, il estime que c’est un ”grand défi” pour la commission des délégations de l’Assemblée nationale chargée du suivi, du contrôle et de l’évaluation des lois votées, de se pencher sur les textes dont l’application laisse à désirer ou qui ne sont plus adaptées au contexte actuel.

 

”En tant que parlementaires, nous allons poser [cette question] sur la table de la commission des délégations pour que ce travail soit fait”, a-t-il promis. [APS]

 
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