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Procédure de destitution : Trump « est un danger évident et immédiat, il doit partir »

Mercredi 13 Janvier 2021

Dans une ville de Washington sous haute tension une semaine après l’assaut de ses partisans sur le Capitole et à sept jours de l’investiture du président désigné démocrate Joe Biden, Donald Trump a lancé un nouvel appel au calme tardif.
 
« PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme », a-t-il exhorté dans un communiqué alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le week-end.
 
Militaires au Capitole
 
Images saisissantes : des dizaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l’intérieur du Congrès, dormant encore à même le sol alors même que les élus affluaient.
 
Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d’immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison-Blanche. La Garde nationale est omniprésente.
 
Le vote à la Chambre des représentants sur l’acte d’accusation est prévu vers 15 h.  
Son issue, qui fait peu de doute à la chambre basse contrôlée par les démocrates, marquera l’ouverture formelle de la procédure de destitution contre Donald Trump, qui deviendra le premier président de l’Histoire à être deux fois mis en accusation au Congrès.
 
Les débats étaient vifs
 
L’élue démocrate Ilhan Omar a qualifié Donald Trump de « tyran ». « Nous ne pouvons simplement pas tourner la page sans rien faire », a-t-elle lancé.
 
Chez les républicains, les positions étaient plus contrastées. De fervents soutiens du milliardaire républicain l’ont défendu bec et ongles, à l’instar de Jim Jordan qui a dénoncé « une obsession » des démocrates. Ou de Matt Gaetz qui a souligné que « des millions de personnes aiment tellement » le président sortant.
 
Mais d’autres ont pris clairement leurs distances.
« Le président porte une responsabilité dans l’attaque » contre le Congrès « par des émeutiers », qu’il « aurait dû dénoncer immédiatement », a reconnu le chef de file des députés républicains Kevin McCarthy, demandant une « commission d’enquête » et le vote d’une « motion de censure ».
 
Il a toutefois estimé qu’une mise en accusation si près de la fin de son mandat serait « une erreur ».
 
Contrairement à l’acte d’accusation dans l’affaire ukrainienne il y a plus d’un an, adopté par les seuls démocrates, six représentants républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient en faveur du renvoi en procès devant le Sénat. Parmi eux, Dan Newhouse a martelé qu’il n’y avait « pas d’excuse pour les actes du président Trump ».
 
À quelques jours de son départ pour Mar-a-Lago, en Floride, où il devrait entamer sa nouvelle vie d’ex-président, Donald Trump apparaît de plus en plus déconnecté ce qui se passe à Washington.
 
Mardi, il avait tenté de réduire la procédure le visant à une énième « chasse aux sorcières ». Et avait obstinément refusé de reconnaître la moindre responsabilité dans l’assaut contre le Capitole, jugeant que son discours avait été « tout à fait convenable ».
 
L’approbation de McConnell
 
Plus inquiétant pour le milliardaire et son éventuel avenir politique, Mitch McConnell, puissant chef de file des républicains au Sénat, a dit à ses proches qu’il voyait d’un bon œil cette mise en accusation, jugeant qu’elle était fondée et qu’elle aiderait le parti républicain à tourner définitivement la page Trump.   
 
Cet habile stratège, très influent, tient peut-être ainsi la clé de l’issue de cette procédure historique. Car une seule parole publique pourrait encourager des sénateurs républicains à condamner le 45e président des États-Unis.
 
Les démocrates prendront le 20 janvier le contrôle de la chambre haute, mais auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation.  
 
Malgré son assurance affichée et le soutien de certains élus très loyaux, Donald Trump est plus seul que jamais après une série de démissions dans son gouvernement et des critiques cinglantes.
 
Le procès qui s’annonce au Sénat, vraisemblablement pas avant le 19 janvier voire après l’investiture de Joe Biden, risque d’entraver l’action législative des démocrates au début de leur présidence, en monopolisant les séances.
 
Critiqué pour avoir tardé, mercredi dernier, à envoyer la Garde nationale, le Pentagone a cette fois autorisé le déploiement de 20 000 soldats pour la cérémonie d’investiture prévue le 20 janvier justement sur les marches du Capitole, siège du Congrès.
 
Mobilisés à l’origine pour offrir un soutien logistique à la police, ses membres ont commencé à porter des armes tard mardi.
 
Preuve de la tension qui règne dans la capitale fédérale américaine, le site Airbnb a annoncé l’annulation et le blocage des réservations sur sa plateforme à Washington pendant la semaine de l’investiture du futur président américain. (AFP)
 
 
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