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Prêt de 2 millions d’euros à Isabelle Adjani: Diagna Ndiaye apparaît dans l’enquête pour «blanchiment de fraude fiscale» contre l’actrice française

Mercredi 13 Juin 2018

Visée par une enquête du fisc français, l’actrice Isabelle Adjani, ex-détentrice d’un compte offshore aux Îles Vierges britanniques, a révélé avoir bénéficié d’un prêt «amical» de 2 millions d’euros (1 milliard 310 millions FCFA) de l’homme d’affaires sénégalais Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique et sportif (CNOSS). Le Parquet national financier (PNF) de Paris a déclenché l’enquête préliminaire, indique l’hebdomadaire L’Express.


Star incontestable du cinéma français depuis plusieurs années, lauréate de cinq Césars et doublement sacrée au Festival de Cannes, Isabelle Adjani est l’objet en France d’une enquête préliminaire déclenchée par le Parquet national financier (PNF) pour «blanchiment de fraude fiscale», selon l’hebdomadaire L’Express. Selon notre confrère parisien, les investigations ont été lancées au lendemain de la révélation mondiale des «Panama Papers», ces gigantesques bases de données constituées de dizaines de millions de documents bancaires cachés dans des paradis fiscaux.
 
Selon L’Express, la célèbre actrice est la propriétaire de «Deckert Investments Limited», une société offshore immatriculée en juillet 2014 dans les Îles Vierges britanniques, avec l’aide du cabinet Mossack Fonseca. Elle en est l’actionnaire principale ou unique et, surtout, elle n’a pas cherché à se camoufler derrière une autre identité, selon la pratique la plus répandue parmi les détenteurs de comptes offshores.
 
Si l’adresse de la société est déclarée au 70, rue Cardinet à Paris (17e arrondissement), son administration est faite à partir d’un fiduciaire établi à Singapour. «Un montage exotique des plus classiques, pas forcément illégal mais qui intrigue suffisamment pour motiver une enquête du PNF», précise l’hebdo.
 
«Montage exotique, pas forcément illégal, mais intriguant»
 
C’est en mars dernier qu’Isabelle Adjani, «résidente fiscale au Portugal», a été entendue par les enquêteurs, en présence de son avocat. Elle leur a indiqué que c’est son ancien conseil de nationalité suisse qui lui avait vendu l’idée de créer Deckert Investments Limited dans un paradis fiscal «afin de produire un film et de recevoir les cachets afférents». Mais comme ce projet n’a jamais vu le jour, la structure «n’a donc jamais servi», a expliqué son avocat actuel Me David Lepidi.
Du reste, a-t-il ajouté, «Isabelle n’a bénéficié d’aucun avantage financier mais avait comme simple objectif de préserver sa confidentialité.» Les suites de l’enquête ont été confiées à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
 
Et Mamadou Diagna Ndiaye dans cette histoire ? Selon L’Express, c’est dans l’épluchage des relevés bancaires d’Isabelle Adjani que les enquêteurs «sont tombés sur les fonds reçus d’un conseiller du président du Sénégal: Diagna Ndiaye.» C’est au cours de l’année 2013 que «l’intéressé, qui vit autant à Genève qu’à Dakar, a versé 2 millions d’euros (environ 1 milliard 310 millions FCFA) sur le compte français de la star.» Interrogée, l’actrice a reconnu avoir signé, le 4 février 2013, un contrat de prêt avec Diagne Ndiaye, rapporte le journal.
 
Nature du prêt
 
Ledit contrat a été établi « dans un cadre amical » et « dans un souci de confort financier de Mademoiselle Adjani, en un prêt sur dix ans, sans intérêts et il devra être remboursé au plus tard à l’échéance du 31 décembre 2022, indique l’hebdo. Me Lepidi a confié à l’Express que «ce prêt est (…) parfaitement connu du fisc, qui en détient un exemplaire dans ses fichiers», après avoir été enregistré aux Impôts «le 1er mars 2013 sous le bordereau 2013/60.» L’article précise néanmoins l’existence de liens amicaux entre Isabelle Adjani et Diagna Ndiaye. A preuve, ce dernier avait convié l’artiste à sa cérémonie de remise de la Légion d’honneur au Quai d’Orsay en 2013.
 
Pour notre confrère, deux questions se posent concernant le prêt. «A-t-il été (…) déclaré formellement via le formulaire 2062 des impôts ? Par le prêteur (ndlr: Diagna Ndiaye) ou par Adjani ? Le déterminer est l’un des enjeux de l’enquête préliminaire.» Le journaliste auteur de l’article a précisé que Diagna Ndiaye n’a pas souhaité commenter les informations que voilà.
 
Sur un versant plus glamour, Mamadou Diagna Ndiaye est présenté dans l'article, mais du point de vue de la presse sénégalaise, comme un homme «multidimensionnel» eu égard à ses nombreuses casquettes : banquier, sportif, il est président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), membre du Comité international olympique (CIO), administrateur au Groupe agroalimentaire Mimran, etc.
 
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