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Présidentielle annulée - Les dirigeants d’entreprises dénoncent une défiance des pouvoirs contre la loi qui menace l’économie

Dimanche 11 Février 2024

La « défiance des pouvoirs politiques (Président de la République et Assemblée nationale) envers la juridictionnelle constitutionnelle, arbitre suprême du jeu électoral, est la véritable source de (cette) crise institutionnelle. » 

 

Pour le Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES), l’abrogation par le président Macky Sall du décret de convocation des électeurs pour l’élection présidentielle du 25 février 2024 « est (…) aux antipodes des règles élémentaires du droit et de la démocratie. » 

 

Le Cndes dénonce « les arguments à la fois faux et légers » convoqués par le président de la République pour tenter de justifier une décision qui, « elle-même, viole littéralement plusieurs dispositions constitutionnelles. »

A ce titre, « le report brutal, non concerté et inconstitutionnel de la présidentielle » à quelques heures du démarrage de la campagne électorale constitue une atteinte grave et fondamentale aux droits des citoyens sénégalais. « La volonté du peuple est le fondement de la légitimité des pouvoirs publics », rappellent les chefs d’entreprises. 

 

Le 5 février 2024, après une session chaotique à l’assemblée nationale marquée par l’irruption d’une cohorte de gendarmes venus protéger le vote et expulser les députés d’opposition, les députés  de la coalition au pouvoir et leurs alliés du Pds ont adopté a huis-clos une proposition de loi constitutionnelle qui reporte la présidentielle au 15 décembre 2024 et prolonge de neuf mois le mandat du président Macky Sall. 

 

Ces deux mesures ont été attaquées par l’opposition devant la Cour suprême et le Conseil constitutionnel. Depuis les manifestations enflent dans de nombreuses localités du pays avec un bilan lourd de 3 personnes tuées par les FDS et plusieurs dizaines de blessés. 

 

Risque investisseur 

 

« Les révoltes les violences sont souvent les conséquences des violations de la volonté du peuple, violation de l’exercice de la souveraineté du droit de suffrage », souligne le Cndes. 

 

De cette situation, l’économie sénégalaise pourrait pâtir avec l’amoncellement d’incertitudes en mesure de pousser « les investisseurs à exiger une prime supplémentaire sur le risque d’investissement » au Sénégal, avertit le Cndes. 

 

Alors que le pays va bientôt commercialiser son gaz et son pétrole avec le concours de grandes et moyennes multinationales du secteur des hydrocarbures, en plus d’une projection de croissance autour de 8%, la crise politique et institutionnelle ouverte par Macky Sall pourrait tout remettre en cause, se désole le Cndes qui craint notre économie ait beaucoup de mal à se relever d’une entorse flagrante à la démocratie et à l’Etat de droit. [IMPACT.SN]

 
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