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Poutine fixe ses conditions à l’Ukraine pour entamer des négociations

Vendredi 14 Juin 2024

Vladimir Poutine a dit vendredi qu’il négociera avec l’Ukraine en cas de retrait des forces ukrainiennes des quatre régions qu’il revendique et lorsque Kiev aura renoncé à rejoindre l’OTAN, balayant le sommet pour la paix organisé en Suisse et auquel Moscou n’a pas été invité.
 
 

 

« Dès que Kiev […] commencera le retrait effectif des troupes [des régions de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia], et qu’elle notifiera l’abandon de son projet d’adhésion à l’OTAN, nous donnerons immédiatement, à la minute même, l’ordre de cesser le feu et d’entamer des négociations », a dit M. Poutine face aux cadres du ministère russe des Affaires étrangères.

 

Ces revendications constituent de facto une demande de reddition de l’Ukraine, dont l’objectif est de maintenir son intégrité territoire et sa souveraineté.

 

Les revendications du président Poutine se « heurtent au bon sens », a estimé vendredi Mykhailo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne. « Il faut se débarrasser de ces illusions et cesser de prendre au sérieux les “ propositions de la Russie ” qui se heurtent au bon sens », a-t-il jugé sur X.

 

M. Poutine a proclamé en septembre 2022 l’annexion des quatre régions de l’est et du sud de l’Ukraine, en plus de celle de la Crimée en 2014. Il a précisé que l’Ukraine devait remettre à la Russie tous ces territoires, alors même que Moscou ne les occupe que partiellement.

 

Il a aussi dénigré le sommet pour la paix, dont la Russie a été exclue, prévu en Suisse les 15 et 16 juin à l’initiative de l’Ukraine, y voyant un « stratagème pour détourner l’attention de tout le monde » des vrais responsables du conflit qui sont, selon lui, les Occidentaux et les autorités de Kiev.

 

« À cet égard, je veux souligner que sans la participation de la Russie et sans un dialogue honnête et responsable avec nous, il est impossible de parvenir à une solution pacifique en Ukraine et à la sécurité de l’Europe en général », a insisté le président russe.

 

Frappes de drones et de missiles croisées de Kiev et Moscou

 

L’Ukraine et la Russie se sont mutuellement attaquées avec des drones et des missiles dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant plusieurs blessés en Ukraine et endommageant un site de stockage de carburant dans une région frontalière russe.

 

Les deux pays ont intensifié leurs attaques aériennes transfrontalières ces derniers mois, Kiev ciblant les raffineries et dépôts de carburant russes et Moscou visant les centrales électriques et les installations de stockage de gaz ukrainiennes.

 

Côté russe, la défense antiaérienne a abattu dans la nuit 87 drones ukrainiens, dont 70 ont visé la région méridionale de Rostov, qui abrite notamment le quartier général de l’opération russe en Ukraine.

 

Selon le gouverneur de la région Vassili Goloubev, l’attaque n’a pas fait de victimes, mais a provoqué des coupures d’électricité dans plusieurs localités.

 

Dans la région de Voronej, frontalière de l’Ukraine, « un dépôt de pétrole a été légèrement endommagé » par la chute de débris de drones abattus, a indiqué sur Telegram le gouverneur Alexandre Goussev. L’armée de l’air ukrainienne a elle annoncé avoir détruit 14 missiles et 17 drones russes au cours de la nuit.

 

Une nouvelle vague de frappes était aussi en cours dans la matinée, avec des missiles Kinjal survolant la région de Kyiv et se dirigeant vers celle de Khmelnytsky, plus à l’ouest, selon la même source.

 

La région de Khmelnytsky comporte un aérodrome militaire visé à de multiples reprises par la Russie.

 

À Solyodvé, près de la ligne de front dans la région orientale de Donetsk, « six personnes ont été blessées » et une dizaine de bâtiments endommagés lors d’un bombardement russe, a indiqué le gouverneur Vadym Filachkine.

 

Trois personnes ont aussi été blessées dans une attaque de drone dans la région de Soumy (Nord-Est) et plusieurs bâtiments ont été touchés par un incendie dans la région voisine de Kharkiv, cible d’une offensive terrestre russe depuis le 10 mai. [AFP]

 
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