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Mouhamadou Bamba Cissé : « Je ne peux pas cautionner certains actes de violence des forces de l’ordre »

Mercredi 11 Février 2026

Le ministre de l'Intérieur lors du point de presse du gouvernement après la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba le 9 février 2026 à Dakar.
Le ministre de l'Intérieur lors du point de presse du gouvernement après la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba le 9 février 2026 à Dakar.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé a déclaré, mardi, « qu’il y a bien eu des actes de violence » de part et d’autre, aussi bien du coté des étudiants que du coté des forces de l’ordre.

 

« Certains de ces actes de violence émanaient des forces de défense et de sécurité. On ne peut les cautionner », a dit M. Cissé.

 

Le ministre de l’Intérieur intervenait lors d’un point de presse sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, lundi, lors des échauffourées avec les forces de l’ordre dans le campus social. La rencontre avec les journalistes s’est tenue en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, du ministre des Forces armées, ainsi que du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

 

« En tant qu’autorité supérieure [des forces de l’ordre], ce sont des actes que je ne peux pas cautionner, parce que ni conformes à mon parcours ni à mes principes », a-t-il expliqué.

 

Il a annoncé qu’une enquête est en cours après la mort, lundi, de Abdoulaye Ba, un étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à la suite d’affrontements avec les forces de l’ordre.

 

Si est vrai que l’Etat est certes « dépositaire de cette violence légitime », le ministre de l’Intérieur estime que cette violence doit être « calculée, équilibré et nécessaire ».

 

« On ne peut pas aller au-delà pour commettre des choses qui relèvent à la limite de l’infraction pénale », a-t-il ajouté. Il a assuré que « cette enquête ira jusqu’à son terme, et que des sanctions seront prises ».

 

« Nous ne tremblerons pas lorsqu’il s’agira de distribuer des sanctions, lorsque nous estimerons qu’il y a eu des faits qui procèdent de dépassement du simple rétablissement de l’ordre public », a-t-il promis.

 

Les étudiants de Dakar et d’autres universités dénoncent la fermeture de restaurants et une réforme relative aux bourses d’études.

 

L’étudiant Abdoulaye Ba a trouvé la mort lundi dans des échauffourées avec les forces de l’ordre, survenues dans l’enceinte de l’université, sur l’avenue Cheikh-Anta-Diop et la corniche ouest de Dakar.

 

Dans un communiqué publié le 9 février 2026, l’amicale de la Faculté de médecine de pharmacie et d’odontologie (FMPO) souligne que l’étudiant décédé ne manifestait pas. « Il était dans sa chambre car ne pouvant pas quitter le campus social envahi illégalement par les forces de l’ordre. Ces dernières, ayant reçu l’ordre de défoncer les (portes des) chambres des étudiants, l’ont ainsi trouvé dans la sienne sans défense avant de le torturer sauvagement et de le relâcher grièvement blessé », dénonce la structure estudiantine.

 

Des étudiants d’autres universités publiques sénégalaises protestent contre des mesures similaires, à Saint-Louis (nord), Thiès (ouest) et Ziguinchor (sud). [IMPACT.SN avec APS]

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