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Le diplomate franco-israélien Fabrice Aidan cité plus de 200 fois dans les « fichiers Epstein », Jean-Noël Barrot saisit la justice

Mercredi 11 Février 2026

Le diplomate franco-israélien Fabrice Aidan cité plus de 200 fois dans les « fichiers Epstein », Jean-Noël Barrot saisit la justice

Un diplomate français du ministère des Affaires étrangères figure à de nombreuses reprises dans les documents rendus publics par la justice américaine dans l’affaire Jeffrey Epstein, a révélé la cellule investigation de Radio France. Le Quai d’Orsay s’est dit « prêt à prendre toutes les mesures qui s’imposent », y compris la saisine de la justice française, afin de « contribuer pleinement à la manifestation de la vérité ».

 

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé, mardi soir sur le réseau social américain X, avoir saisi le procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale « pour signaler les faits présumés mettant en cause Monsieur Fabrice Aidan ». Il a également indiqué diligenter une enquête administrative « pour contribuer au travail de la Justice et lancer une procédure disciplinaire ».

 

Selon ces révélations, Fabrice Aidan, diplomate en poste depuis 25 ans au ministère et actuellement détaché dans le secteur privé, apparaît dans près de 200 fichiers issus des « Epstein Files », parmi les millions de documents publiés par le département de la Justice américain. Entre 2010 et 2017, il a entretenu de nombreux échanges avec le milliardaire américain, sans qu’aucun élément ne permette à ce stade d’établir un lien avec les crimes sexuels reprochés à ce dernier.

 

Les documents font toutefois état d’une relation étroite, marquée par des échanges réguliers, la transmission d’informations diplomatiques et des services rendus, notamment lorsqu’il était détaché auprès des Nations unies à New York.

 

Selon plusieurs médias d’investigation, ce diplomate avait déjà été signalé en 2013 aux Nations unies par le Bureau fédéral d’enquête (FBI) dans le cadre de soupçons portant sur des consultations présumées de sites pédopornographiques. Une enquête interne avait alors été ouverte par l’ONU, avant que l’intéressé ne quitte précipitamment son poste et ne soit rapatrié en France. Aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée à l’époque, et aucune sanction disciplinaire n’avait été prononcée, selon le Quai d’Orsay.

 

Ces éléments sont évoqués dans un ouvrage du journaliste Vincent Jauvert, qui relatait l’existence de cette alerte sans citer de nom. Des courriels dévoilés ce mardi montrent que Jeffrey Epstein avait identifié le diplomate concerné et en avait informé son entourage proche.

 

Les échanges publiés révèlent également des liens avec le diplomate norvégien Terje Roed-Larsen, ancien artisan des accords d’Oslo et proche de Jeffrey Epstein, qui fait désormais l’objet d’une enquête en Norvège pour corruption aggravée. Des relations financières indirectes apparaissent dans ces documents, notamment autour de l’achat d’ouvrages et de transferts de fonds.

 

Après son retour en France, le diplomate a poursuivi sa carrière dans des institutions publiques et privées, notamment auprès de Organisation des Nations unies pour l'éducation la science et la culture (UNESCO) et du groupe Engie, qui a confirmé sa suspension récente.

 

Le cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a indiqué ne pas avoir eu connaissance de l’ensemble de ces éléments avant les révélations médiatiques. Contacté par plusieurs rédactions, Fabrice Aidan n’a pas répondu aux sollicitations et a supprimé son profil sur le réseau professionnel LinkedIn. [AA]

 
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