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Merkel met en garde Trump contre la tentation du protectionnisme

Samedi 14 Janvier 2017

Berlin - La chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde samedi contre les tendances protectionnistes prêtées au président élu américain Donald Trump, rappelant l'exemple de la crise financière de 2008 et insistant sur la nécessité "d'avancer ensemble".

"Ma conviction profonde, c'est qu'il y a plus d'avantages (...) à avancer ensemble que lorsque chacun règle ses problèmes pour soi, j'en suis vraiment convaincue, c'est une attitude constante chez moi", a indiqué Mme Merkel lors d'une conférence de presse après une réunion de son parti conservateur CDU à Perl, dans l'ouest de l'Allemagne.
 
Interrogée sur le fait de savoir si elle estimait que les "tendances protectionnistes" prêtées au président américain élu Donald Trump pouvaient constituer une "menace", Mme Merkel a rappelé l'exemple de la crise financière de 2008, "venue des Etats-Unis".

"En tant que chef d'Etat et de gouvernement (du G20), nous avons dit : +nous devons résoudre ensemble le problème qui se présente+", a rappelé la chancelière.

"Et la réponse pour surmonter cette crise financière n'a pas été une réponse qui repose sur le repli sur soi mais une réponse qui en appelle à la coopération, à des règles communes, à la régulation des marchés financiers, je pense que c'est une voie qui a fonctionné et nous allons naturellement chercher le dialogue avec le nouveau président américain", Donald Trump, qui sera investi le 20 janvier.

La situation économique est "très bonne", a par ailleurs indiqué Mme Merkel dans son podcast hebdomadaire, alors que la croissance allemande est ressortie à 1,9% l'an passé, selon un chiffre encore provisoire. "Mais nous avons des tendances protectionnistes" dans le monde et il y a "vraiment un risque international", a-t-elle ajouté, disant vouloir faire de ce sujet l'un des thèmes du G20 présidé par l'Allemagne en 2017.

Donald Trump a notamment menacé de prendre des mesures protectionnistes contre les importations chinoises et mexicaines et s'est attribué un premier succès avec la décision du groupe automobile Ford de renoncer à construire une nouvelle usine au Mexique.

Son attitude suscite l'inquiétude en Allemagne, où le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est ainsi dit jeudi "perplexe" face aux déclarations de M. Trump affirmant être victime de méthodes de dénonciation dignes de la dictature national-socialiste.

Donald Trump s'en était pris la veille lors d'une conférence de presse aux services de renseignements et à la presse pour dénoncer de "fausses informations" sur d'éventuels liens secrets avec Moscou, affirmant que "c'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait".

M. Steinmeier avait aussi regretté de n'être toujours pas en mesure de percevoir les grandes lignes de la future politique étrangère des Etats-Unis, disant n'avoir "entendu que des mots-clés comme ordre mondial, ordre économique, libre-échange, Syriens et Proche-Orient".
 
 
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