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MALI : imam Mahmoud Dicko, le nouveau parrain de la vie politique qui ne sent plus IBK

Samedi 6 Juin 2020

La manifestation gigantesque organisée ce vendredi 5 juin à Bamako par l’imam Mahmoud Dicko pour exiger le départ d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) de la présidence malienne apparaît comme un tournant décisif dans l’avenir immédiat du Mali. Alors que le pays est confronté à une crise sécuritaire aiguë dont personne n’entrevoit la fin, la démonstration de force du plus influent des dignitaires religieux maliens sonne comme une révolte contre un système à bout de souffle.
 
En posant cet acte de défiance contre le Président IBK, l’ancien chef du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) envoie un puissant message à la classe politique malienne : il faut mettre un terme au chassé-croisé des régimes « incompétents » et « corrompus » qui se relaient au chevet d’un pays malade. La « Coordination des mouvements, associations et sympathisants » (CMAS) qu’il a lancée pour donner corps à sa vision ressemble bien fort à l’esquisse d’appareil politique susceptible de porter ses ambitions ou celles de ses obligés.
 
De son poste d’influence qui surplombe l’espace politique malien, imam Dicko revêt désormais les habits du faiseur de roi incontournable à qui les porteurs d’ambitions présidentielles devraient soumettre leurs projets pour le Mali. De la manifestation réussie de ce vendredi, il sort avec un statut enviable : parrain. Entre des partis politiques faibles, abonnés au clientélisme, radicalement discrédités par la pratique du pouvoir et des affaires, et des forces sociales peu enclines à se mettre au travers d’un discours religieux très écouté, imam Dicko semble avoir emprunté un boulevard bien balisé.
 
Sa « mission » est d’autant plus la bienvenue que des centaines de milliers de Maliens estiment que leur fierté est bafouée par l’omniprésence de la force Barkhane sur le sol national. Une « humiliation » permise par un régime dont la survie tient à un fil, celui du parapluie sécuritaire et financier français. L’annonce par Paris de la « neutralisation » du chef d’AQMI Abdelmalek Droukdal au moment même du rassemblement des partisans de Dicko est assimilée par certains à un camouflet pour le locataire de Palais de Koulouba.
 
La France a-t-elle encore besoin d’IBK pour défendre ses intérêts au Mali ? Jusqu’où pourra-t-elle s’accommoder d’une gouvernance « faible » et « corrompue » qui met en danger ses propres bases politiques dans ce pays ? Des fois que « l’effet Pangolin » se manifesterait…
 
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