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L’armée israélienne laisse destructions et cadavres à l’hôpital al-Chifa

Lundi 1 Avril 2024

Les soldats israéliens se sont retirés lundi du complexe hospitalier d’al-Chifa à Gaza après deux semaines d’opérations, laissant derrière eux d’immenses destructions et des cadavres selon un médecin du plus grand hôpital du territoire palestinien meurtri par près de six mois de guerre.

 

Alors que le conflit entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et Israël continue de faire rage, le ministère de la Santé du Hamas a annoncé la mort d’au moins 60 personnes, en majorité des civils, dans les bombardements nocturnes israéliens sur la petite bande de terre palestinienne menacée de famine.

 

La guerre a aussi exacerbé les tensions dans la région, où des médias iraniens ont fait état de la mort d’au moins sept Gardiens de la révolution — l’armée idéologique de l’Iran — dans des frappes attribuées à Israël et ayant visé une annexe de l’ambassade iranienne à Damas.  

 

Interrogé lundi soir lors sur ces frappes, le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré : « Je ne commente pas les informations de la presse étrangère ». Téhéran a promis « une réponse décisive ».  

 

En Israël, le premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui a été opéré dimanche soir « avec succès » d’une hernie, devrait sortir mardi de l’hôpital, a annoncé son bureau.  

 

Lundi soir, une nouvelle manifestation réclamant sa démission et la libération des otages israéliens retenus à Gaza a rassemblé des milliers de manifestants à Jérusalem.

 

Bâtiments détruits, calcinés ou aplatis, rues jonchées de décombres et gros monticules de sable : des images de l’AFP montrent un paysage de dévastation dans le complexe hospitalier d’al-Chifa à Gaza (Nord) pris d’assaut le 18 mars par l’armée après avoir accusé le Hamas, qui dément, de s’en servir comme centre de commandement.  

 

Lundi, l’armée a annoncé la fin de ses opérations à al-Chifa lors desquelles elle a affirmé avoir tué plus de 200 « terroristes » et trouvé de nombreuses armes.

 

300 morts à al-Chifa

 

Un porte-parole de l’agence de défense civile de Gaza, dirigée par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a fait état de 300 morts à l’intérieur et autour de l’hôpital durant l’opération israélienne.

 

Des médecins et civils présents dans le complexe ont déclaré à l’AFP qu’au moins 20 corps avaient été retrouvés, dont certains semblaient s’être fait rouler dessus par des véhicules militaires.

 

Plusieurs corps ont été retrouvés près de l’entrée ouest du complexe, utilisée par l’armée au moment de son retrait lundi, d’après les mêmes sources. Un correspondant de l’AFP a vu près de l’entrée un corps décomposé portant des traces de pneus, mais sans pouvoir dire datant de quand.

« Les chars sont passés sur des corps », a dit un témoin qui a préféré taire son nom.

 

Interrogée par l’AFP, l’armée n’a pas commenté dans l’immédiat.

 

Alliés historiques d’Israël, les États-Unis ont annoncé lundi leur intention de demander « plus d’informations » au gouvernement israélien sur le sujet, jugeant que les faits rapportés, s’ils sont « vrais », étaient « très préoccupants ».

 

Les troupes israéliennes poursuivent en outre des opérations dans les secteurs des hôpitaux de Nasser et al-Amal à Khan Younès dans le sud, selon le Hamas.

 

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés de Gaza ont mené une attaque dans le sud d’Israël qui a entraîné la mort d’au moins 1160 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. D’après Israël, environ 250 personnes ont également été enlevées et 130 d’entre elles sont toujours otages dont 34 sont mortes, à Gaza.

 

Israël a juré de détruire le Hamas et son armée a lancé une campagne de bombardements aériens intenses sur Gaza, suivie 20 jours plus tard d’une offensive terrestre qui a permis à ses soldats de progresser du nord au sud de la petite bande de terre.

 

La sœur de Haniyeh arrêtée en Israël

 

Les opérations israéliennes ont coûté la vie à 32 845 personnes, la plupart des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas et provoqué une catastrophe humanitaire et des destructions colossales.

 

L’armée israélienne a annoncé que 600 soldats avaient été tués depuis le 7 octobre, dont 256 dans l’offensive terrestre.

 

Dans un message adressé dimanche aux Gazaouis, le Hamas les « remercie pour leur patience et résistance face au génocide sioniste » et leur présente ses « excuses » pour les « manquements » du mouvement dans la gestion du territoire pendant cette guerre qu’il a dit vouloir poursuivre jusqu’à la « défaite de l’ennemi ».

 

Près de six mois après le début du conflit, la police israélienne a annoncé avoir arrêté Sabah Abdel Salam Haniyeh, la sœur du chef du Hamas âgée de 57 ans et qui a la nationalité israélienne, dans sa maison à Tel-Sheva, dans le sud d’Israël où elle vit. Elle est notamment « soupçonnée d’incitation à commettre des actes de terrorisme en Israël ».

Son frère, Ismaïl Haniyeh, est basé au Qatar.

 

C’est au Qatar et en Égypte où ont eu lieu ces derniers mois des discussions indirectes entre Israël et le Hamas via les médiateurs internationaux — Égypte, Qatar, États-Unis — en vue de conclure un accord de trêve associée à une libération d’otages.
 

Mais cet accord est loin, les deux protagonistes s’accusant mutuellement de le bloquer.  

 

Et ce malgré les appels pressants à un cessez-le-feu des organisations internationales, alertant sur un risque de famine pour la majorité des 2,4 millions d’habitants de Gaza, soumise par Israël à un siège depuis le 9 octobre et à un blocus total depuis 2007.

 

Un deuxième bateau venant de Chypre et transportant de l’aide humanitaire a été vu au large de Gaza, selon le site Vesselfinder.com, alors que les aides entrent au compte-gouttes dans le territoire. [AFP]

 
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