Les eurodéputés et les États membres de l’Union européenne sont parvenus lundi à un accord sur une réforme migratoire ouvrant la voie à la création de « hubs de retour », des centres situés dans des pays tiers destinés à accueillir temporairement des migrants faisant l’objet d’une décision d’expulsion de l’UE.
Cette réforme s’inscrit dans le prolongement du Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en 2024 et vise à renforcer l’exécution des décisions de retour prononcées par les États membres. Selon la Commission européenne, près de 400 000 personnes reçoivent chaque année un ordre de quitter le territoire européen, mais seulement 20 % d’entre elles quittent effectivement l’UE.
Le dispositif prévoit le transfert vers des pays partenaires de migrants ayant reçu une décision définitive de retour. Ils y seraient hébergés temporairement jusqu’à leur renvoi vers leur pays d’origine ou vers un autre pays tiers, dans le cadre d’accords conclus entre l’UE et les États concernés.
Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche et la Grèce, soutiennent activement cette initiative. Des discussions exploratoires seraient en cours avec plusieurs États tiers, parmi lesquels le Sénégal, le Ghana, la Mauritanie, le Rwanda et l’Ouzbékistan.
La Commission européenne affirme que les futurs centres devront respecter les normes internationales relatives aux droits humains et que les familles avec enfants ainsi que les mineurs non accompagnés seront exclus de ces procédures.
Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont exprimé leurs inquiétudes quant au risque de violations des droits fondamentaux et au manque de garanties concernant les conditions d’accueil dans ces centres.
Le compromis doit encore être approuvé formellement par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne dans les prochaines semaines. [AA]






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