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L'Irak enquête sur la mort de civils dans des frappes anti-EI à Mossoul

Dimanche 26 Mars 2017

L'Irak enquêtait dimanche sur des frappes aériennes visant le groupe État islamique (EI) à Mossoul-Ouest qui, selon des témoins, ont tué un grand nombre de civils, tandis que des corps étaient retirés des décombres.

Selon des responsables irakiens et des témoins, des raids aériens ont tué un grand nombre de civils dans le quartier de Mossoul al-Jadida ces derniers jours. Le nombre de victimes, entre des dizaines et des centaines selon les sources, ne peut pas être vérifié de source indépendante.
 
Dimanche, des membres de la défense civile et des volontaires s'affairaient à retirer des corps des gravats dans ce même quartier, où au moins six maisons ont été totalement détruites, a constaté un photographe de l'AFP.

L'armée irakienne et la coalition internationale menée par Washington procèdent à des bombardements sur Mossoul-Ouest pour appuyer les troupes au sol qui tentent depuis février, après avoir repris la partie orientale de la ville, de chasser les jihadistes de la partie ouest de leur dernier grand bastion urbain en Irak.
 
La coalition a reconnu samedi avoir procédé à un raid aérien le 17 mars dans un secteur de la ville où des pertes civiles ont été rapportées, sans préciser de quel secteur il s'agissait. Elle a indiqué qu'elle menait aussi une enquête pour vérifier si des civils avaient été tués par ce raid.

Au début du mois, elle avait jugé "probable" qu'au moins 220 civils aient été tués "involontairement" dans ses frappes aériennes contre l'EI en Irak et en Syrie depuis 2014.
 
Responsables sur place
Dimanche à Mossoul al-Jadida, les corps de 12 victimes - dont des femmes et des enfants - ont été placés dans des housses mortuaires.

En larmes, un habitant de 45 ans a affirmé qu'il vivait avec plus de 20 de ses proches dans l'une des maisons détruites. L'homme, qui n'a pas souhaité être identifié, a dit avoir survécu car il était absent au moment de la frappe.
 
Plusieurs hauts responsables militaires irakiens se sont rendus dans le quartier pour recueillir les témoignages des habitants, selon le photographe de l'AFP.

Plus de 200.00 habitants ont pu fuir Mossoul-Ouest depuis un mois d'après les autorités irakiennes. Mais environ 600.000 personnes se trouvent encore dans les secteurs tenus par l'EI, dont les deux tiers dans la vieille ville, selon l'ONU.

L'EI "a commencé à utiliser des citoyens comme boucliers humains et nous essayons de les viser avec des snipers", a indiqué dimanche à l'AFP le porte-parole du Commandement des opérations conjointes, le général Yahya Rasool.
 
Les forces irakiennes ont recours à des "armes légères et moyennes, dont des fusils utilisés par des tireurs embusqués, pour chasser" les jihadistes cachés au milieu des civils, a-t-il expliqué.
Mais depuis des semaines, elles ont également tiré des obus de mortier et lancé des roquettes, des armes qui exposent les civils à des risques bien plus grands.

"Civils innocents"
Le général Rasool a par ailleurs accusé les jihadistes de rassembler des civils et de faire exploser un véhicule piégé à proximité d'eux pour faire croire que "les forces irakiennes ciblent des civils innocents".

Il a toutefois expliqué que le ministère de la Défense avait ouvert une enquête sur les raids aériens à Mossoul qui ont débouché, selon des témoins et des responsables, sur la mort de civils.

L'armée de l'air irakienne n'a jamais publié d'estimations de ses victimes civiles depuis le début de sa campagne contre l'EI à Mossoul en octobre.

Selon des responsables et des témoins, nombre d'habitants de Mossoul ont péri dans des frappes aériennes ces derniers jours dans le secteur de Mossoul al-Jadida.

Bachar al-Kiki, le chef du conseil de la province de Ninive, a déclaré que des "dizaines" de corps d'habitants étaient encore sous des décombres à la suite de frappes aériennes alors que le gouverneur provincial Nawfal Hammadi, et d'autres responsables, ont parlé de "centaines" de morts.

L'ONU a de son côté appelé les forces impliquées à Mossoul à "tout faire" pour protéger les civils alors que les combats se concentrent aux abords de la vieille ville, un dédale de petites rues densément peuplé. (AFP)
 
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