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Gaza - Dix pays appellent Israël à laisser entrer « sans entrave » l’aide humanitaire

Mercredi 28 Janvier 2026

Gaza entre ruines et ghetto
Gaza entre ruines et ghetto

Une dizaine de pays dont le Canada, la France et le Royaume-Uni ont exhorté mercredi Israël à laisser entrer « sans entrave » l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, estimant que la situation humanitaire y restait « désastreuse ».

 

« En dépit d’un accroissement de l’aide entrant à Gaza, la situation demeure désastreuse et les approvisionnements sont insuffisants pour répondre aux besoins de la population », déplorent les ministres des Affaires étrangères de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, de la France, de l’Irlande, de l’Islande, du Japon, de la Norvège, du Portugal et du Royaume-Uni dans un communiqué commun.

 

« Israël a donné son accord au plan de paix en 20 points du Président Trump, qui comportait l’engagement de faire entrer et distribuer dans la bande de Gaza, sans ingérence, l’aide humanitaire coordonnée par les Nations Unies et le Croissant-Rouge », rappellent-ils.

 

Ils demandent donc au gouvernement israélien « de prendre d’urgence les mesures essentielles » telles que « garantir la possibilité pour les ONG internationales de mener des opérations à Gaza, en levant notamment les exigences strictes relatives à leur enregistrement », « rouvrir tous les points de passage, notamment en mettant en œuvre le projet annoncé de réouverture dans les deux sens du point de passage de Rafah ».

 

Cette déclaration commune intervient alors que le retour de la dernière dépouille d’otages israéliens lundi, exigé par Israël avant toute nouvelle avancée des négociations pour un retour à la paix, a ouvert la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire.

 

Elle est réclamée de longue date par les Nations unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu’elle serait « limitée » aux piétons et soumise à « un mécanisme complet d’inspection israélien ».

 

Les 10 pays ont par ailleurs condamné la démolition par les autorités israéliennes du siège de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) à Jérusalem-Est, le 20 janvier dernier.

 

« Cet acte sans précédent commis par un État membre de l’Organisation des Nations unies contre une institution des Nations Unies constitue une nouvelle tentative inacceptable de saper la capacité d’action de l’institution », ont-ils souligné.

 

Le site détruit n’était plus occupé par l’UNRWA depuis l’interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas.

 

Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l’agence d’avoir participé à l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

 

L’ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu’ils pouvaient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d’enquête n’avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.

 

Transfert de gouvernance

 

Le Hamas est prêt à un « transfert complet de la gouvernance » de la bande de Gaza aussi vite que possible, a déclaré mercredi un porte-parole du mouvement islamiste palestinien à l’AFP, en insistant pour une réouverture totale du poste-frontière de Rafah avec l’Égypte, « sans entraves israéliennes ».

 

« Des mesures concrètes (ont été prises) sur le terrain », a indiqué Hazem Qassem, porte-parole du Hamas dans la bande de Gaza, dans une déclaration à l’AFP à Deir el-Balah, dans le centre du territoire.

 

« Nous pouvons parler à présent d’une pleine disponibilité de tous les ministères, organismes et appareils, y compris dans le domaine sécuritaire, pour remettre tous les dossiers » au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), a ajouté M. Qassem.

 

Ce comité de 15 technocrates palestiniens dirigé par Ali Shaath, ancien fonctionnaire international et vice-ministre de l’Autorité palestinienne, a été créé dans le cadre du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre sous la pression des États-Unis.

 

« Des protocoles ont été préparés, des dossiers ont été finalisés et des comités sont chargés de la passation afin que nous ayons un transfert complet de la gouvernance de la bande de Gaza, dans tous les domaines, à ce comité, tout en œuvrant ensuite à la réussite de son travail », a-t-il dit.

 

Mais pour cela, il faut que les membres du Comité puissent se rendre à Gaza, a ajouté M. Qassem en appelant à une ouverture du poste-frontière de Rafah « dans les deux sens, avec une liberté totale d’entrée et de sortie de la bande de Gaza, de manière effective et sans entraves israéliennes ».

 

Rafah est le seul point permettant d’entrer ou de sortir de Gaza sans passer par Israël. C’est un passage crucial tant pour les personnes que pour les marchandises et l’aide humanitaire.

 

Dernier otage

 

Il est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024, à l’exception d’une réouverture limitée début 2025, dans le cadre d’une précédente trêve dans la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque du Hamas sur Israël.

 

M. Shaath a annoncé le 22 juin de Davos, en Suisse, que Rafah rouvrirait dans les deux sens cette semaine, mais pour l’heure, Israël a tout juste consenti à une réouverture limitée aux piétons, et sous un contrôle israélien total, sans s’engager fermement sur une date.

 

La réouverture de Rafah était attendue au cours de la première phase de la trêve, mais les États-Unis ont annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase alors qu’Israël et le Hamas s’accusent mutuellement et quotidiennement de violer le cessez-le-feu.

 

Le rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7 octobre 2023, Ran Gvili, à qui le pays a rendu mercredi hommage lors de funérailles nationales, pourrait faire avancer les choses, et la presse israélienne évoque une possible réouverture, limitée, de Rafah, dimanche.   

 

Aux termes du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre de Gaza, endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies, le NCAG doit administrer provisoirement Gaza sous la houlette du « Conseil de paix » présidé par M. Trump lui-même.

 

La deuxième phase de la trêve prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d’une force internationale de stabilisation. [AFP]

 
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