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GMS: Le pouvoir aux prises avec « son ennemi numéro 1 »

Vendredi 2 Août 2019

Arrêté le 16 juillet dernier et inculpé trois jours plus tard pour « diffusion de fausse alerte au terrorisme », Guy Marius Sagna est l’objet d’une attention particulière, notamment des organisations de la société civile sénégalaise dont il est devenu un moteur essentiel en termes de mobilisation sur plusieurs fronts de lutte. « Son incarcération suscite l’indignation de la société civile qui appelle à une manifestation vendredi 2 août » à la place de la Nation, écrit le site Mediapart. « Le 26 juillet, Amnesty Sénégal, la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) ont demandé sa libération et dénoncé une atteinte à la liberté d’opinion », poursuit notre confrère.
 
 « Guy Marius Sagna incarne la radicalité la plus profonde au Sénégal »
Pour le ministère de la Justice interrogé par Mediapart, le militant ‘anti-impérialiste’ a été arrêté « suite à une enquête relative à une déclaration du mouvement Frapp France Dégage faisant état
D’un attentat que la France préparerait sur le sol sénégalais. Une telle déclaration peut porter atteinte à la sécurité des citoyens français vivant au Sénégal, mais aussi installer la peur dans le pays. L’Etat, en tant que garant de la sécurité des personnes et des biens, a agi pour tirer cette affaire au clair. » Néanmoins, relève Mediapart, Sagna n’est ni coordonnateur ni porte-parole de Frapp France Dégage. En sus, il « n’était pas présent » à la conférence de presse d’où est sortie la déclaration sur « l’alerte au terrorisme ».
 
En réalité, souligne Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise pour les droits humains (LSDH), la procédure enclenchée par les autorités sénégalaise n’est pas « innocente », elle vise à réduire au silence « l’ennemi numéro un du régime », « celui qui incarne aujourd’hui la radicalité la plus profonde au Sénégal. » C’est pourquoi Me Amadou Diallo estime qu’il y a « acharnement » contre son client.
 
Interrogé également par Mediapart, Me Koureyssi Bâ abonde dans le même sens. « C’est une dérive inacceptable qui atteste d’un recul des libertés et droits fondamentaux au Sénégal. Il ne se passe plus de jour sans qu’ils soient menacés : on écroue des lanceurs d’alerte parce que ce qu’ils disent ou écrivent gêne au plus haut niveau. C’est affligeant, triste et révoltant. » Il ajoute : « En toile de fond, il y a le scandale concernant les hydrocarbures, la gestion des minerais et des marchés publics, c’est-à-dire tout ce que dénoncent les lanceurs d’alerte, activistes et blogueurs. Ils défendent les intérêts des Sénégalais, mais c’est un combat qui est mal accepté par les autorités. »
 
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