Les députés français ont adopté jeudi en deuxième lecture la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, quelques heures après une mobilisation de salariés et de responsables syndicaux organisée près de l’Assemblée nationale, aux Invalides à Paris.
Aurélie Trouvé, députée La France insoumise et rapporteure du texte, a salué le vote sur le réseau social états-unien X, écrivant : « Victoire nous avons voté pour nationaliser Arcelor Mittal ! ».
La parlementaire a ajouté : « C’est le deuxième fois en 6 mois. Pour les travailleurs. Pour notre souveraineté ! Quelle fierté ! », avant d’affirmer : « Si le gouvernement n’écoute pas le Parlement, nous le ferons quand nous gagnerons en 2027 ! ».
Déposée en octobre 2025 par des députés du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire, la proposition de loi prévoit la nationalisation d’ArcelorMittal France ainsi que la création d’un dispositif chargé d’évaluer les conditions d’un rachat par l’État.
Le texte avait déjà été adopté une première fois à l’Assemblée nationale le 27 novembre 2025 avant d’être rejeté par le Sénat le 25 février dernier. Les députés l’ont réintroduit en deuxième lecture dans un contexte marqué par les inquiétudes autour de l’avenir de plusieurs sites sidérurgiques français et des suppressions d’emplois annoncées par le groupe.
Plusieurs responsables politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Clémentine Autain, Benjamin Lucas et Raphaël Arnault, avaient participé plus tôt dans la journée au rassemblement organisé sur l’esplanade des Invalides avec des salariés d’ArcelorMittal et des représentants de la CGT.
Les défenseurs du texte estiment que la nationalisation permettrait de préserver l’emploi, de maintenir une capacité de production stratégique et de renforcer la souveraineté industrielle française. Les opposants à la mesure considèrent pour leur part qu’une nationalisation représenterait un coût important pour les finances publiques sans résoudre les difficultés structurelles du secteur sidérurgique européen.
Le gouvernement n’a toutefois pas affiché son soutien à la proposition de loi, dont l’avenir législatif demeure incertain malgré ce nouveau vote favorable des députés. [AA]






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