Connectez-vous

Économie: la Chine supprime les droits de douane des pays africains à partir du 1er mai 2026

Vendredi 1 Mai 2026

Annoncée en février 2026 par le président chinois Xi Jinping en marge du Sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis Ababa, la suppression des droits de douane pour les 53 pays africains entrant en Chine entre en vigueur le 1er mai 2026. Mais sa concrétisation effective demeure incertaine en raison de la non valorisation des produits bruts - souvent des matières premières - arrivant sur le marché chinois.

Photo : DR
Photo : DR

Le geste est politique, car la plupart des produits africains exportés étaient déjà peu ou pas taxés, car il s’agit principalement de matières premières.


Après l’annonce de la mesure, les économistes ont estimé que, pour l’Afrique, le gain serait de 100 à 300 millions de dollars, ce qui, au regard de la balance commerciale entre l’Afrique et la Chine, représente très peu. Le déficit commercial africain vis-à-vis de la Chine dépasse les 100 milliards de dollars en 2024, la Chine restant le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2008.

 

Sur le papier, la suppression des droits de douane ouvre des perspectives considérables pour les exportateurs africains, mais la mesure a peu de chances d’inverser le déséquilibre dans les relations économiques des deux partenaires. L’Afrique exporte principalement vers la Chine des matières premières à faible valeur ajoutée – minerais, pétrole brut, produits agricoles non transformés – tandis que Pékin vend sur le continent des produits manufacturés (textile, électronique, machines…).

 

Les restrictions sanitaires chinoises peuvent également représenter un obstacle, car Pékin protège ses productions avec des cahiers des charges très stricts, comme c’est le cas, par exemple, pour sa filière cacao. Les économistes les qualifient d’"obstacles non-tarifaires", qui peuvent également prendre la forme de subventions ou de priorités inscrites dans les plans économiques…

 

Un geste diplomatique de la Chine

 

Pourtant, d’autres filières semblent déjà bénéficier de cette ouverture. Ainsi, depuis le début de l’année 2026, les volumes d’exportation d’arachide ont bondi de 84 %.

 

Pour Pékin, la démarche permet surtout un gain d’image. La Chine se pose comme l’anti-Amérique. Les États-Unis ont, depuis une année, lancé une guerre commerciale avec le monde entier, imposant parfois des taxes douanières délirantes pour obtenir des accords commerciaux.


Dans le magazine Jeune Afrique, Christian-Geraud Neema Byamungu, expert des relations Chine-Afrique, estime que la mesure relève autant de la diplomatie que de l’économie. "Pékin cherche à se présenter comme le partenaire commercial privilégié de l’Afrique, celui qui garde son marché ouvert dans un contexte de guerre commerciale mondiale où les frontières se ferment".

 

Si la mesure est une opportunité, elle ne bénéficiera à l’Afrique que si les pays africains concernés parviennent à produire des biens transformés et à les exporter. Sinon, le bénéfice sera possible, mais limité aux produits agricoles comme le thé, l’arachide, le café. [Avec TRT]

 
Nombre de lectures : 120 fois

Nouveau commentaire :













Les derniers articles


Inscription à la newsletter