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Destitution de Trump: prestation de serment des sénateurs avant le début du procès mardi

Jeudi 16 Janvier 2020

Destitution de Trump: prestation de serment des sénateurs avant le début du procès mardi
Chargés de juger Donald Trump à partir de mardi, les sénateurs américains prêteront serment jeudi devant le chef de la Cour suprême, qui présidera ce procès en destitution historique.
 
Le dossier d'accusation contre le président américain, le troisième seulement de l'histoire des Etats-Unis à faire face à un tel procès, a été officiellement transmis mercredi au Sénat.
 
Donald Trump devra répondre de deux chefs d'accusation, abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès. Il est accusé d'avoir exercé des pressions pour convaincre l'Ukraine d'ouvrir une enquête sur Joe Biden, son potentiel rival à l'élection présidentielle de novembre prochain.
 
Donald Trump a été mis en accusation le 18 décembre par la Chambre des représentants, où l'opposition démocrate est majoritaire, lors d'un vote d'"impeachment" qui a à de très rares exceptions strictement suivi les lignes partisanes.
 
Toujours aussi divisés entre démocrates et républicains, les élus de la Chambre ont avalisé mercredi la nomination de sept d'entre eux pour assurer le rôle de procureurs au procès, ainsi que le transfert du dossier au Sénat.
 
Les républicains y sont majoritaires avec 53 sièges sur 100 et Donald Trump devrait donc vraisemblablement y être acquitté.
 
Lors d'une cérémonie solennelle, la chef démocrate de la chambre Nancy Pelosi a ensuite signé l'acte d'accusation. "Aujourd'hui nous entrons dans l'Histoire", a-t-elle déclaré.
 
Les sept parlementaires démocrates désignés pour porter l'accusation contre Donald Trump ont alors traversé les couloirs du Capitole, sous bonne escorte, pour remettre le dossier d'accusation au Sénat.
 
- "Fièvre partisane" -
 
A l'arrivée des sept élus, le chef républicain du Sénat Mitch McConnell a fait savoir qu'ils seraient reçus jeudi à midi pour présenter formellement l'acte d'accusation aux élus de la chambre haute.
 
Le chef de la Cour suprême des Etats-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de présider le procès, fera ensuite jurer aux sénateurs de "rendre la justice de manière impartiale".
Le procès débutera "véritablement" mardi, a précisé M. McConnell.
 
"C'est un moment difficile pour notre pays, mais c'est pour ça que les pères fondateurs ont créé le Sénat", a ajouté ce fidèle défenseur de Donald Trump.
 
Selon un haut responsable de l'administration de Donald Trump, le procès ne devrait pas durer plus de deux semaines, ce qui permettra au président de se tourner ensuite résolument vers sa campagne de réélection.
 
Pendant cette période, les sénateurs devront assister aux audiences, sans sortir de la salle et en respectant le plus grand silence. S'ils ont des questions pour les parties, ils devront les poser par écrit à John Roberts qui les lira ensuite à voix haute.
 
Le procureur en chef sera Adam Schiff, l'une des bêtes noires de Donald Trump. Chef de la commission du Renseignement de la Chambre, l'élu de 59 ans a supervisé l'enquête en destitution contre le président qui l'a affublé de plusieurs surnoms dont "Schiff le fourbe".
 
Son équipe compte six autres parlementaires démocrates, dont Jerry Nadler, un autre ennemi juré du locataire de la Maison Blanche. Avec trois femmes, deux Noirs et une Hispanique, elle reflète la diversité du parti.
 
Nancy Pelosi a expliqué les avoir choisis en raison de leur "expérience juridique" puisqu'il s'agit d'ex-procureurs, d'un avocat ou encore d'une ancienne chef de police.
 
- "Arnaque" -
 
"Nous y voici: une autre arnaque orchestrée par les démocrates-qui-ne-font-rien", a commenté Donald Trump qui se dit victime d'une "chasse aux sorcières" sans précédent.
 
Donald Trump "n'a rien fait de mal" et s'attend à être "complètement innocenté", a réaffirmé de son côté la Maison Blanche.
 
Jusqu'ici, les républicains sont restés soudés autour de leur président, ce qui augure, sauf énorme surprise, de son acquittement. Il faudrait une majorité des deux tiers pour le destituer.
 
Malgré tout, les démocrates espèrent que le procès fera émerger de nouveaux éléments embarrassants pour Donald Trump et réclament l'audition de quatre proches conseillers du président.
 
Ils cherchent à prouver que M. Trump a gelé une aide militaire destinée à l'Ukraine afin de forcer Kiev à ouvrir une enquête compromettante sur Joe Biden, dont le fils a longtemps fait des affaires dans ce pays.
 
Mardi, le camp démocrate a dévoilé des documents inédits, accablants selon lui, provenant notamment d'enregistrements de conversations téléphoniques de Lev Parnas, Américain d'origine ukrainienne arrêté en octobre pour violation des règles de financement électoral.
 
Ce dernier aurait travaillé aux côtés de Rudy Giuliani, avocat du président américain, pour faire pression sur Kiev.
 
Donald Trump "savait exactement ce qui se passait" au sujet de la campagne présumée de pression sur les responsables ukrainiens, a déclaré mercredi M. Parnas sur la chaîne MSNBC. "Il était au courant de tous mes mouvements. Je n'aurais rien fait sans le consentement de Rudy Giuliani ou du président", a-t-il ajouté.
 
Le président américain avait cherché à se démarquer de M. Parnas lors de son arrestation, affirmant ne pas le connaître et ne pas savoir ce qu'il faisait.
 
Pour le démocrate Jerry Nadler, cette procédure de destitution est "aussi le procès du Sénat".
"On va voir s'ils acceptent de mener un procès équitable en autorisant des témoins, ou s'ils veulent étouffer l'affaire", a-t-il lancé. (AFP)
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