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Biden compare Trump aux «tyrans et dictateurs»

Dimanche 19 Mai 2019

«Le pays en a marre des divisions, marre des batailles, marre des comportements puérils», a lancé Joe Biden, 76 ans, lors de son premier grand meeting de campagne à Philadelphie, où la Constitution américaine a été rédigée et où il a installé son QG de campagne.
 
La stratégie de Joe Biden, largement en tête des sondages pour l'instant, est de consolider son soutien parmi les démocrates modérés et ceux dont la priorité est d'empêcher Donald Trump d'être réélu en novembre 2020.

Enumérant sans détails les priorités du climat, de la santé ou de l'énergie, il a asséné: «La chose la plus importante pour accomplir cela est de battre Donald Trump». Il a ensuite répété: «Battre Trump. Battre Trump. Battre Trump».
 
Discours parsemé d'attaques
 
Joe Biden s'est approprié le bilan de Barack Obama, qu'il accompagna huit ans à la Maison Blanche, au cours d'un discours d'une demi-heure parsemé d'attaques contre l'occupant actuel du Bureau ovale.
 
Il a décrit la «menace» contre la démocratie représentée par Donald Trump en raison de ses attaques contre la justice, le Congrès et la presse. «Les tyrans et les dictateurs du monde entier utilisent le même langage pour étouffer l'opposition», a dit Joe Biden.
 
Six mille supporteurs, selon la sécurité de l'événement, étaient venus écouter le candidat, qui pour l'instant est largement en tête des sondages parmi une grosse vingtaine de candidats. Son coeur d'électorat est les ouvriers et les centristes. L'aile gauche du parti se fragmente quant à elle entre de nombreux candidats dont Elizabeth Warren et Bernie Sanders, ce dernier ayant chuté dans les sondages après l'entrée de Joe Biden dans la course, le 25 avril.
 
«Joe-Dodo»
 
Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste «dans un champ aussi fragmenté» avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark. Peut-être parce qu'aucun adversaire ne lui fait de l'ombre à ce stade, Joe Biden a répété samedi qu'on ne l'entendrait jamais «dire du mal d'un autre démocrate».
 
Il a affirmé que «certaines personnes très intelligentes» étaient convaincues que le vainqueur des primaires démocrates serait celui qui attiserait le plus la colère ambiante. «Je n'y crois pas», a-t-il dit. Si les démocrates veulent un président qui «dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà le président Donald Trump».
 
Mais à 76 ans, dont plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates. Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet «Joe-Dodo» («Sleepy Joe»). Le président républicain l'appelle aussi «Le Vicieux», en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.
 
Cible de la gauche du parti
 
Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs. C'est la troisième fois qu'il se présente à la primaire démocrate, après 1988 et 2008. Son statut de favori a déclenché récemment des attaques depuis la gauche du parti.
 
La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.
 
Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: «Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président». (ats/nxp)
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