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Arrestation d’Ousmane Sonko : Idrissa Seck offre sa «médiation politique»

Samedi 6 Mars 2021

Arrestation d’Ousmane Sonko : Idrissa Seck offre sa «médiation politique»
Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Idrissa Seck, a déclaré samedi être prêt à mener ‘’une médiation politique’’ dans l’affaire judiciaire concernant l’opposant Ousmane Sonko, arrêté depuis mercredi pour ‘’trouble à l’ordre public’’ et ‘’participation à une manifestation non autorisée’’.

‘’J’incite mon jeune frère Ousmane Sonko, directement ou à travers ses conseils, à s’adresser à ses partisans pour les inviter à cesser toutes activités insurrectionnelles, de pillage ou de déstabilisation du pays’’, a dit M. Seck dans une déclaration diffusée par Iradio (privée). 

‘’S’il le fait, j’accéderai alors aux nombreuses demandes à moi adressées, dont celle de notre compatriote Alioune Tine, membre éminent de la société civile africaine, d’entreprendre une médiation politique pour le retour rapide au calme’’, a promis le président du CESE. 

Idrissa Seck dit ‘’bénéficier, auprès [du] président de la République, d’une écoute attentive et respectueuse qui [lui] fait espérer des résultats positifs pour cette médiation, le cas échéant’’.

Ousmane Sonko, député et candidat à l’élection présidentielle de 2019, est accusé de ‘’viols répétés’’ et de ‘’menaces de mort’’ par Adji Sarr, une employée d’un salon de beauté et de massage situé à Sacré-Cœur, à Dakar.

Il est également poursuivi en justice pour ‘’trouble à l’ordre public’’ et ‘’participation à une manifestation non autorisée’’. Inspecteur des impôts et domaines, il a été radié en 2016 de la fonction publique par le président de la République, Macky Sall, pour non-respect de l’obligation de discrétion professionnelle.

Au moins quatre personnes ont trouvé la mort dans les manifestations organisées en vue de sa libération.

Idrissa Seck a fait part de sa ‘’solidarité’’ envers lui, en raison de la ‘’terrible épreuve’’ qui le frappe depuis qu’il est l’objet d’accusations de viol et de menaces de mort présumés, début février.

‘’Conformément à la recommandation prophétique faite à tout musulman d’être solidaire de son frère qui subit une épreuve, qu’il ait raison ou tort, je voudrais exprimer ma solidarité au frère Ousmane Sonko, frappé par une terrible épreuve’’, a déclaré M. Seck.

‘’S’il sait que les accusations portées à son endroit par (…) Adji Sarr sont infondées et ne sont que le résultat d’un complot ourdi contre sa personne, je l’invite à (…) déclarer solennellement devant Dieu et devant les hommes (…) qu’aucune preuve ne viendra étayer lesdites accusations. S’il ne le peut pas, je lui recommanderais alors de se repentir, de demander pardon à sa famille, à ses militants et au peuple sénégalais, et d’accepter avec dignité les conséquences des actes posés’’, a conseillé le président du CESE au leader de Pastef/Les patriotes.
 
Parlant du président de la République, Macky Sall, il a dit : ‘’J’atteste (...) qu’il n’a pas le temps de conduire un opposant à (…) fomenter de sordides activités qui se seraient passées dans ce salon de massage.’’
 
Idrissa Seck, candidat aux élections présidentielles de 2007, 2012 et 2019, ancien Premier ministre, a invité ‘’les militantes et militants de l’opposition, patriotes sincères (…), à ne pas servir de bouclier à un quelconque gourou, à ne pas se laisser manipuler ni infiltrer par des intérêts encagoulés, nationaux comme internationaux’’.

‘’Frustrés de ne pas accéder aux ressources pétrolières et gazières du Sénégal, frustrés de ne pas voir l’Etat accéder à leurs demandes illégitimes’’, certains groupes ‘’nourrissent le plan de déstabiliser [le] pays’’, a affirmé l’allié politique de Macky Sall.

Farouche opposant de ce dernier, il a rejoint la mouvance présidentielle en novembre dernier en se faisant nommer à la présidence du CESE à la surprise de nombreux observateurs de la politique sénégalaise, en remplacement de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, tombée en disgrâce. (APS)
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