Le président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi à Munich qu’« il n’y aura pas de paix sans les Européens », appelant à associer pleinement l’Europe aux discussions sur l’Ukraine et à poursuivre la pression sur la Russie, lors de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité.
« Nous devons être associés à la discussion », a déclaré le chef de l’État, estimant que l’Europe est « concernée directement par l’après-guerre » en Ukraine. En cas d’accord, les Européens devront « définir des règles de coexistence » avec la Russie, a-t-il ajouté.
Tout en affirmant que « nous nous rapprochons de la paix » en Ukraine, Emmanuel Macron a rappelé que la Russie continuait de « tuer des civils ». « La solution pour mettre fin à la guerre en Ukraine ne peut pas consister à céder aux exigences russes, mais à accroître la pression », a-t-il insisté. Il a plaidé pour « continuer à faire pression sur la Russie » et « intensifier nos efforts contre la flotte fantôme russe », soulignant que les revenus russes avaient baissé de 25 % et que « toucher à cette flotte fonctionne vraiment ».
Le président français a également indiqué soutenir « Donald Trump dans sa volonté de paix en Ukraine », tout en évoquant la nécessité de « rétablir un canal de communication transparent » avec Moscou, en coordination avec les Ukrainiens et les Américains.
Dans un discours offensif, prononcé un an après celui du vice-président américain JD Vance qui avait critiqué les Européens, Emmanuel Macron a appelé à « une Europe plus forte ». « Tout le monde souhaite que nous soyons plus forts sur notre Défense, à part nos ennemis. Nous voulons une Europe plus forte », a-t-il lancé, jugeant que les Européens étaient « trop timides » et n’arrivaient pas « à croire en eux-mêmes ». « Tout le monde devrait s’inspirer de nous et devrait arrêter de nous critiquer », a-t-il ajouté, appelant à être « fier de ce qui a été réalisé sur le continent européen ».
En conclusion de son intervention, le président français a estimé que l’Europe devait être « claire » pour « être un bon partenaire pour les États-Unis », appelant le continent « à ne pas être une charge » mais une puissance « qui doit être respectée ».
Le chef de l’État a par ailleurs proposé « d’engager des consultations entre partenaires européens sur une réflexion stratégique de long terme », incluant le développement de capacités de frappes en profondeur de précision et le renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne afin de bâtir le pilier européen de l’OTAN.
Évoquant les « manipulations de l’information » et les « ingérences étrangères », il a également plaidé pour une régulation plus ferme des plateformes numériques, estimant que « sur ces plateformes, nous sommes trop naïfs et trop faibles » et qu’il faudrait « bloquer entièrement ces trolls et ces bots ».
En marge de la conférence, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué avoir « entamé des discussions confidentielles » avec le président français sur la dissuasion nucléaire européenne. La France est, avec le Royaume-Uni, la seule puissance nucléaire de l’Union européenne. Emmanuel Macron doit par ailleurs prononcer dans les prochaines semaines un discours consacré à la doctrine de dissuasion nucléaire française.
Plus de 60 chefs d’État et de gouvernement et une centaine de ministres des Affaires étrangères et de la Défense participent à cette édition de la conférence, organisée dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et leurs alliés européens, sur fond de débats sur l’autonomie stratégique du continent. [AA]







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