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Afrique de l’Ouest : face aux pics de violence, l’ONU appelle à renforcer le développement

Dimanche 10 Février 2019

Alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest sont touchés par les violences, les Nations Unies ont appelé les gouvernements de la sous-région, notamment ceux du G5 Sahel et du bassin du lac Tchad à renforcer leur programme de développement afin d’améliorer les conditions de vie des populations.


« Ces dernières semaines, l’insécurité a connu des pics sans précédent. Dans le Sahel – au Mali, au Burkina Faso, dans le Liptako-Gourma en particulier. Mais aussi dans le bassin du Lac Tchad où Boko Haram continue de menacer les populations et les déplacés », a déclaré Mohamed Ibn Chambas, le Représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel lors d’une conférence de presse jeudi à Dakar.
 
« Les Nations Unies condamne ces attaques qui continuent de prendre les civils, les forces de sécurités et les casques bleus, ainsi que les acteurs économiques pour cibles. Cela souligne - encore une fois - l’urgence d’une mobilisation régionale », a dit celui qui dirige le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).
 
M. Chambas a participé mardi au sommet du G5 Sahel, qui s’est tenu à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il estime que les engagements pris par les cinq pays durant ce sommet doivent être soutenus par la communauté internationale.
 
« Il est vital que l’aide financière promise à la Force conjointe soit débloquée pour permettre une mise en œuvre efficace de la Force », a dit le Représentant spécial, qui estime tout aussi urgent de fournir l’aide financière promise en décembre 2018 pour concrétiser la feuille de route adoptée par le G5 Sahel dans le cadre du Programme d’investissement prioritaire.
 
Mali, Burkina Faso : des signaux inquiétants de conflits intercommunautaires
 
Le mois de janvier a montré des signaux inquiétants de conflits intercommunautaires meurtriers au Mali et au Burkina Faso opposant les peulhs à d’autres communautés. Pour M. Chambas, la spirale de la violence ne peut entrainer que le chaos et le malheur, pour toutes ces communautés.
 
« Nous savons que l’une des traditions de cette région est la coexistence pacifique entre les groupes, depuis des siècles. C’est le moteur des échanges économiques », a-t-il dit, ajoutant que « le respect, la solidarité, et le partage entre les communautés, sont un ciment de l’Afrique de l’Ouest ».
 
Les divisions, les cycles de représailles meurtrières sont justement ce que recherchent les extrémistes : la rupture de cette cohésion sociale, et nationale, a prévenu le Représentant spécial. « Cela fait partie de leur stratégie ».
 
Le chef d’UNOWAS estime qu’il y a désormais un besoin de dialogue, de rapprochement et de justice au Sahel, pour retrouver l’équilibre traditionnel. « Il y va de l’avenir de cette région », a-t-il dit, soulignant que les gouvernements et les acteurs locaux doivent se mobiliser dans cette optique.
 
« Nous savons que l’action militaire seule ne pourra pas éradiquer le poison de la menace terroriste », a dit M. Chambas. « L’engagement des gouvernements et le soutien de la communauté internationale sont tout autant déterminants pour changer la donne et replacer la sous-région dans une dynamique de développement et de stabilité durables », a-t-il ajouté, précisant que les Nations Unies, à travers la Stratégie Intégrée pour le Sahel et le Plan de soutien resteront engagés pour aider les pays du G5 Sahel.
 
Elections au Sénégal et au Nigeria
 
Face au sombre tableau sécuritaire, M. Chambas a toutefois souligné que l’Afrique de l’Ouest connait aussi des avancées positives.
 
Le haut-fonctionnaire onusien a effectué une mission au Sénégal le 15 et 16 janvier avec Jean Claude Kassi Brou, le Président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). « Cela nous a permis d’écouter tous les acteurs impliqués dans les prochaines élections qui se sont engagés pour un scrutin libre et pacifique », a-t-il dit.
 
Pour le chef d’UNOWAS, dont le siège est à Dakar, « ces élections marqueront une nouvelle étape dans la consolidation démocratique, et renforceront le modèle sénégalais, qui représente une référence en Afrique de l’Ouest.»
 
Le Représentant spécial revient également d’une mission de deux semaines au Nigeria. Une mission au cours de laquelle il a rencontré les acteurs politiques et ceux de la société civile dans différents Etats du pays. Il a encouragé les candidats, les partis politiques, les institutions gouvernementales, les organisations de la société civile, et les citoyens nigérians à travailler en synergie pour « assurer des élections libres, crédibles et pacifiques et acceptées par tous, telles que le pays a connu en 2015 ».
 
M. Chambas a également encouragé les forces de sécurité nigérianes à redoubler d’effort pour garantir un environnement serein, respectueux des droits de l’homme et de l’état de droit, « afin que tous les citoyens puissent voter librement et sans peur ». (news.un.org)
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