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Vaccin AstraZeneca : Des caillots sanguins mais une balance bénéfice/risque «positive», selon l'Agence européenne du médicament

Jeudi 8 Avril 2021

Les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire «très rare» du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, a reconnu mercredi le régulateur européen, tout en estimant que la balance bénéfice/risque restait «positive».
 
Les autorités sanitaires britanniques ont précisé de leur côté avoir enregistré la mort de 19 personnes ayant reçu l’Oxford/AstraZeneca, sur un total de 79 cas de caillots sanguins identifiés, et sur 20 millions de doses administrées. Elles assurent elles aussi que les avantages de son utilisation demeuraient bien supérieurs aux dangers encourus.
 
Ce que le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca n’a pas manqué de souligner mercredi, se fondant à la fois sur les conclusions du régulateur des médicaments au Royaume-Uni (MHRA) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Pour cette dernière, qui a son siège à Amsterdam, «les caillots sanguins inhabituels associés à des plaquettes sanguines basses devraient être répertoriés comme des effets secondaires très rares» de l’AstraZeneca.
 
Aucun facteur de risque spécifique comme l’âge, le sexe et les antécédents médicaux n’a été identifié, a noté la directrice exécutive de l’EMA, Emer Cooke. «Une explication plausible de ces effets secondaires rares est une réponse immunitaire au vaccin», a ajouté Emer Cooke, rappelant que celui-ci est «très efficace» et «sauve des vies».
 
«Plausible mais non confirmé»
 
Un lien entre l’AstraZeneca et l’apparition d’une forme rare de caillots sanguins est «plausible mais non confirmé», a pour sa part jugé mercredi l’Organisation mondiale de la santé. «Des études spécialisées sont nécessaires pour comprendre pleinement la relation potentielle entre la vaccination et de possibles facteurs de risque», ont relevé les spécialistes de l’OMS. Ils remarquent aussi que ces phénomènes «bien qu’inquiétants sont très rares», plus de 200 millions de personnes ayant reçu ce vaccin dans le monde.
 
Le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination contre le Covid au Royaume-Uni a quant à lui recommandé de limiter l’usage de l’AstraZeneca aux plus de 30 ans quand c’est possible. «Les adultes âgés de 18 à 29 ans, qui n’ont pas de comorbidité leur faisant encourir un risque plus élevé d’une forme grave de la maladie Covid-19, devraient se voir proposer un autre vaccin Covid-19», a tranché le professeur Wei Shen Lim, du JCVI.
 
La Belgique s’est également montrée prudente en décidant de réserver l’AstraZeneca aux plus de 55 ans, tandis que l’Italie et l’Espagne ont fixé la limite à 60 ans. Quant à la région de Castille-et-Leon, dans le nord-ouest de l’Espagne, elle a suspendu son utilisation, à l’instar du Danemark.
 
Plusieurs autres pays de l’Union européenne avaient déjà décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d’un certain âge, comme la France et l’Allemagne. La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a à ce sujet appelé les 27 États membres de l’UE à «parler d’une seule voix» sur l’AstraZeneca, afin de ne pas nourrir la défiance.
 
«Quasi-monopole»
 
Le Royaume-Uni a par ailleurs annoncé qu’il commençait à utiliser le vaccin du laboratoire américain Moderna. «Nous en avons commandé 17 millions de doses», a tweeté le Premier ministre Boris Johnson.
 
Aux États-Unis, la vaccination «est en pleine effervescence», s’est réjoui le président Joe Biden, assurant qu’à partir du 19 avril tous les adultes américains seraient éligibles à la vaccination. Pays le plus endeuillé en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550’000 morts, les États-Unis en sont à plus de trois millions d’injections quotidiennes en moyenne sur les sept derniers jours. Pour autant, le nombre d’infections quotidiennes a recommencé à augmenter et reste à un niveau très élevé (plus de 74’000 nouveaux cas mercredi), notamment dans l’État du Michigan.
 
D’autres pays comme l’Argentine, l’Inde, le Qatar, Cuba ou encore la Tunisie ont annoncé un renforcement des restrictions en vigueur dans l’espoir d’enrayer la hausse des contaminations.
 
L’Ontario, province la plus peuplée du Canada, se reconfine à partir de jeudi. Le Pérou vient pour sa part d’enregistrer le nombre de décès le plus élevé depuis le début de la pandémie (314).
 
Au Brésil, plus de 4000 personnes sont mortes du Covid-19 lors de la seule journée de mardi et plus de 3800 mercredi. L’institut de référence en santé publique Fiocruz a estimé mardi «absolument nécessaire» le confinement pour faire face à la saturation des hôpitaux, qui se trouvent dans une situation «critique» dans la plupart des États. Mais le président d’extrême droite Jair Bolsonaro l’a exclu: «Il n’y aura pas de confinement national», a-t-il martelé.
 
Du côté des vaccins, alors qu’Amnesty International a dénoncé le «quasi-monopole» des pays riches dans l’accès à l’immunisation, le Chili a approuvé mercredi l’utilisation en urgence du vaccin chinois CanSino Biologics. Les grands argentiers des États membres du G20 ont quant à eux promis une nouvelle prolongation de six mois, jusqu’à fin 2021, du moratoire sur la dette des nations les plus pauvres. La moitié des quelque 680 millions de doses administrées dans le monde l’ont été dans des pays à «revenu élevé» au sens de la Banque mondiale (16% de la population de la planète), d’après un comptage de l’AFP à partir de données officielles.
 
Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien Jorge Arreaza a dénoncé mercredi les sanctions économiques sur son pays, affirmant à l’AFP que sans elles «nous aurions acheté il y a trois mois les 30 millions de vaccins dont le pays a besoin».
 
Par ailleurs, une étude parue dans le journal The Lancet Psychiatry a montré qu’une personne sur trois ayant surmonté le Covid-19 avait souffert de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois.
 
La pandémie a fait au moins 2’874’984 morts, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles. (AFP)
 
 
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