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Trump s'en prend à un militant noir qui boycotte son investiture

Dimanche 15 Janvier 2017

Trump s'en prend à un militant noir qui boycotte son investiture
WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a entamé le week-end prolongé du Martin Luther King Day, en mémoire du pasteur noir non violent assassiné en 1968, en s'en prenant à une autre défenseur des droits civiques qui a dit ne pas considérer le milliardaire républicain comme "président légitime".
 
John Lewis, figure du moment afro-américain des droits civiques, a déclaré dans un extrait d'une émission diffusé vendredi par la chaîne de télévision NBC qu'il pensait que le piratage informatique menée par la Russie pendant la campagne présidentielle avait aidé à l'élection de Trump le 8 novembre.
 
Le député démocrate de Géorgie, qui est âgé de 76 ans, a dit ne pas avoir l'intention d'assister à l'investiture du 45e président des Etats-Unis vendredi prochain. Ce sera la première fois qu'il manquera ce genre de cérémonie depuis son élection à la Chambre des représentants en 1986.
 
Samedi, Donald Trump a déclaré sur Twitter que John Lewis, s'était plaint à tort du résultat de l'élection présidentielle et qu'à la place, "il ferait mieux de passer plus de temps à aider sa circonscription, qui est dans un état horrible et en train de se désagréger (pour ne pas dire infestée par le crime)."
 
"Des discours, des discours, des discours, pas d'actes ni de résultats. Triste!", a tweeté le futur président des Etats-Unis.
 
John Lewis, qui défend les droits civiques depuis plus d'un demi-siècle, a été battu par la police lors d'une manifestation en 1965 à Selma, en Alabama, attirant ainsi l'attention des obstacles au vote des Noirs. Ce jour-là, il défilait aux côtés de Martin Luther King, comme il l'a fait en d'autres occasions.
 
PARDON
"Je crois au pardon", a déclaré John Lewis dans l'extrait diffusé par NBC. "Je crois qu'il faut essayer de travailler avec les gens", a-t-il dit. "Cela va être très difficile. Je ne considère pas ce président-élu comme un président légitime."
 
Une dizaine d'autres élus démocrates ont également dit leur intention de ne pas assister à la cérémonie d'investiture, et notamment les députés Raul Grijalva, Lacy Clay et Mark Takano.
 
Plusieurs républicains ont également critiqué les propos de Donald Trump contre John Lewis.
L'avocat Michael Steele, qui a été le premier président noir du Parti républicain (de 2009 à 2011) a évoqué des tweets malheureux.
 
"John Lewis a un parcours comme très peu de gens en ont eu dans ce pays, et Donald Trump moins que tout autre ; on doit respecter cela", a déclaré Michael Steele sur MSNBC.
 
Le sénateur Ben Sasse du Nebraska a utilisé Twitter pour répondre à Trump. "John Lewis et ses "discours" ont changé le monde", a-t-il écrit.
 
Le commentateur politique néoconservateur Bill Kristol a twitté : "C'est révélateur. Je crains que Donald Trump ait plus de respect pour (le président russe) Vladimir Poutine que pour John Lewis."
 
Douze heures environ après son premier tweet contre Lewis, Trump est revenu à la charge avec une nouvelle recommandation pour le dirigeant noir.
 
"L'élu du Congrès John Lewis ferait mieux de se concentrer sur les quartiers déshérités des centre-villes des Etats-Unis en flammes et infestés par le crime. Je peux utiliser toute l'aide que j'obtiendrai", a tweeté Trump samedi en fin de journée.
 
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