À deux jours du Grand Magal, les villes de Touba et Mbacké vibrent déjà au rythme des ‘’khassaïdes’’, des ‘’zikrs’’ Baye Fall et des récitations coraniques. Les premiers pèlerins affluent dans une ambiance de recueillement, tandis que les préparatifs s’intensifient et la circulation reste fluide sur les principaux axes menant à la cité religieuse.
Il est un peu plus de 16 heures lorsque les premiers mouvements importants de pèlerins sont observés à Mbacké. À l’approche de Touba, les récitations de khassaïdes de Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), le fondateur de la confrérie mouride, les zikrs Baye Fall et, par endroits, la psalmodie du Saint Coran dominent l’animation habituelle.
Le long des principales artères de Mbacké, des groupes de fidèles se dirigent vers un quartier dénommé ‘’Niary Baye Fall’’, certains à pied, d’autres à bord de véhicules assurant la liaison Mbacké-Touba ou encore des charrettes. Tous affirment être venus accomplir le Magal, dans un esprit de foi, de partage et de dévotion.
Des haut-parleurs installés devant plusieurs concessions diffusent en continu les poèmes religieux du fondateur du mouridisme, tandis que les chants des disciples Baye Fall résonnent dans plusieurs quartiers.
Les signes du Magal s’imposent déjà dans les rues de Mbacké. De nombreux pèlerins arborent les tenues caractéristiques des Baye Fall, d’autres celles des disciples de Baye Lahad, tandis que d’autres optent pour les traditionnels boubous ou “jalabés “.
Les jeunes femmes portent également des tenues sobres, en harmonie avec le caractère religieux de l’événement. Sur les trottoirs, devant les commerces ou à l’ombre des arbres, des groupes de fidèles récitent des khassaïdes, échangent ou marquent une halte avant de reprendre leur marche vers Touba.
Pour plusieurs pèlerins rencontrés sur place, le Magal est avant tout un moment de recueillement et de renforcement de la foi. “Pendant cette période, un pèlerin doit être un modèle de comportement. Il faut respecter les enseignements de l’islam, faire preuve de patience et de discipline afin d’espérer bénéficier des bénédictions de Serigne Touba et de Dieu “, explique un fidèle rencontré à Mbacké.
Une circulation encore fluide
Contrairement aux jours de très forte affluence habituellement enregistrés à l’approche du Magal, la circulation reste relativement fluide en ce jeudi après-midi. À la gare routière, les véhicules assurant la liaison Mbacké-Touba effectuent leurs rotations sans difficultés majeures.
“Il n’y a pas encore d’embouteillages. L’accès à Touba reste facile pour le moment”, affirme le chauffeur d’un véhicule de transport en commun. Les autorités s’attendent toutefois à une augmentation progressive du nombre de pèlerins dans les prochaines heures.
“Rien que les préceptes de l’islam et le ndigël”.
Près de l’ancien cinéma de Mbacké, Maguette Kassé, venu de Dakar, résume l’état d’esprit dans lequel il effectue le déplacement. “Durant cette période, il n’y a que les préceptes de l’islam et le ndigël qui comptent”, dit-il. Autour de lui, plusieurs jeunes poursuivent leur marche en direction de Touba, chapelet à la main ou récitant des vers de khassaïdes.
À mesure que l’on s’approche de Touba, des groupes de jeunes scandent “Bamba rék ! Bamba rék !’’, une expression en wolof signifiant “Bamba seul”, en référence à Cheikh Ahmadou Bamba. Leurs voix se mêlent aux khassaïdes diffusés devant plusieurs concessions et lieux d’accueil des pèlerins.
Le long des principales artères de Mbacké, des groupes de fidèles se dirigent vers le quartier des ‘’Baye Fall’’. Certains effectuent le trajet à pied, d’autres empruntent les véhicules assurant la liaison Mbacké-Touba ou encore des charrettes.
Les salutations se multiplient entre pèlerins venus de différentes régions du Sénégal et de la diaspora. Dans plusieurs maisons d’accueil, les préparatifs se poursuivent afin de recevoir les milliers de fidèles attendus dans les prochains jours.
À trois jours du Grand Magal, Mbacké et Touba affichent déjà les premiers signes de la grande mobilisation des fidèles.
Si les plus importantes vagues de pèlerins sont encore attendues, les deux villes vivent déjà au rythme des khassaïdes, des zikrs Baye Fall et des récitations coraniques, dans une atmosphère imprégnée de spiritualité, de partage et de fidélité à l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba. [APS]







FRANCE

