Le Hamas a confirmé vendredi la conclusion d’un accord sur son désarmement à Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan initié par les États-Unis visant à mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.
Le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben Gvir, a jugé vendredi « inacceptable pour Israël » cet accord, qui prévoit aussi un retrait progressif israélien du territoire palestinien. Il a été annoncé dans la nuit par Donald Trump, deux jours après qu’il a reçu le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à Washington.
Cesser les combats à Gaza « revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre », a affirmé M. Ben Gvir. La guerre dans le territoire palestinien a été déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement palestinien en Israël le 7 octobre 2023.
Dans l’étroit territoire surpeuplé où la situation humanitaire reste très préoccupante, des habitants oscillent entre scepticisme et espoir.
Israël « ne respecte pas les accords », « ils trouveront quelque chose » pour reprendre les combats, affirme Ahmed Aal, un chauffeur de taxi de 37 ans.
« Enfin, le Hamas a accepté de remettre ses armes après que Gaza a été détruite. Le peuple a payé le prix du sang. Le Hamas ne devrait absolument plus avoir aucun rôle à Gaza », plaide de son côté Mohammed Hamdouna, un enseignant déplacé.
« Aucun retrait israélien »
Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, des responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé « concernant la question des armes » du mouvement et « un retrait progressif » des forces israéliennes, qui contrôlent plus de 60 % de Gaza.
Mais il n’y aura « aucun retrait » sans « véritable désarmement » du Hamas, a martelé vendredi une source politique israélienne, Israël exigeant la démilitarisation de la bande de Gaza.
Les forces israéliennes occupent plus de 60 % du territoire, une zone délimitée de celle contrôlée par le Hamas par une « ligne jaune » de démarcation.
« Un accord a été trouvé concernant la question des armes […]. De plus, un accord a été conclu sur un retrait progressif » des forces israéliennes à Gaza, a indiqué un responsable du Hamas.
Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du mouvement a affirmé à l’AFP que la question des armes serait prise en charge par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure composée de technocrates palestiniens créée par le « Conseil de paix » de Donald Trump et qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.
Actuellement basé en Égypte, le NCAG est empêché par Israël d’accéder à la bande de Gaza.
M. Hamad a ajouté que sa formation allait désormais discuter des modalités d’application de l’accord avec les médiateurs.
Pour la spécialiste du Hamas Leïla Seurat, le mouvement cherche, avec son annonce, à « forcer la mise en œuvre de l’accord ». « Ce qui les intéresse, c’est surtout de mettre les médiateurs face à leurs responsabilités, de dire : nous faisons notre part de ce qui était convenu et Israël ne fait rien », ajoute-t-elle.
« Aujourd’hui, le Conseil de Paix a conclu un accord HISTORIQUE pour le DÉSARMEMENT COMPLET du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza », avait annoncé dans la nuit sur son réseau Truth Social le président américain, saluant une « étape cruciale ».
« Suicide politique » ?
« À mesure que le désarmement s’achève, les forces israéliennes se retireront et la Force internationale de stabilisation collaborera avec une nouvelle force de police palestinienne », avait-il ajouté.
Le responsable du Hamas a dit que son mouvement comptait sur les médiateurs et le « Conseil de paix » pour obliger Israël à respecter les termes de l’accord.
Selon le haut représentant pour Gaza au « Conseil de paix », Nikolaï Mladenov, qui a souligné que l’accord avait nécessité des « mois de très difficiles négociations », « le retrait [israélien] aller de pair avec le désarmement ».
Mais, à l’approche des législatives d’octobre, « il est hors de question que Nétanyahou autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela reviendrait à un suicide politique », note Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).
Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas ont continué depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.
La guerre à Gaza a fait plus de 73 300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. [AFP]






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