Connectez-vous

Six travailleurs humanitaires tués dans une embuscade au Soudan du Sud (ONU)

Dimanche 26 Mars 2017

Nairobi - Six travailleurs humanitaires ont été tués dans une embuscade au Soudan du Sud, a annoncé dimanche l'ONU, estimant qu'il s'agissait de l'attaque la plus meurtrière à frapper des humanitaires en plus de trois ans d'une guerre civile brutale qui a entraîné une famine.

"Je suis horrifié et indigné par le meurtre odieux hier (samedi) au Soudan du Sud de six humanitaires courageux", a déclaré dans un communiqué Eugene Owusu, du Bureau pour la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).
"Au moment où les besoins humanitaires ont atteint un niveau sans précédent, il est totalement inacceptable que ceux qui tentent d'apporter de l'aide soient attaqués et tués", a martelé M. Owusu.


Les travailleurs humanitaires ont été tués alors qu'ils voyageaient en convoi depuis Juba, la capitale, vers Pibor, une ville de l'est du pays.
Ocha, interrogé par l'AFP, n'a pas précisé à quelle organisation appartenaient les victimes, ni leur nationalité.

De son côté, une source humanitaire travaillant dans le pays a affirmé à l'AFP qu'il s'agissait de trois Kényans et de trois Sud-Soudanais travaillant pour une ONG locale, et qu'ils se déplaçaient de Juba vers Pibor dans un convoi de plusieurs véhicules.

Leur voiture tout terrain a été stoppée sur la route par des individus non identifiés et "ils ont été extraits de leur véhicule et tués par balle", selon cette source s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile dévastatrice, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déplacé environ 2,5 millions d'autres (soit environ un tiers de la population), et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

Le 20 février, la famine a été déclarée dans certaines parties du nord du pays.
Quelque 100.000 personnes souffrent actuellement de cette famine, qui en menace un million d'autres.

Au total, 5,5 millions de gens survivent grâce à l'aide alimentaire.

Le conflit, marqué par de nombreuses atrocités et massacres sur des lignes ethniques, oppose notamment les troupes du président Salva Kiir, un Dinka, à celles de son ancien vice-président, Riek Machar, un Nuer.

Selon un récent rapport de l'ONU, le gouvernement de Salva Kiir dépense une grosse partie de ses revenus tirés du pétrole dans l'achat d'armes alors que le pays est confronté à la famine largement causée par les opérations militaires ordonnées par Juba.

Les humanitaires tentant de venir en aide à la population de ce pays où pullulent les groupes armés sont régulièrement victimes de harcèlements et d'attaques.
Les autorités empêchent les humanitaires d'accéder à certaines zones, principalement celles tenues par l'opposition, peuplées en majorité de Nuers.

L'embuscade de samedi est survenue après deux autres attaques d'humanitaires depuis le début du mois.
Un travailleur du secteur de la santé et un patient ont été tués dans l'attaque d'un convoi le 14 mars dans le centre, dans la ville de Yirol touchée par une épidémie de choléra.

Le 10 mars, lors de combats à Mayendit, dans le nord, des personnels locaux d'une ONG internationale avaient été enlevés par des rebelles et relâchés quatre jours plus tard, avait rapporté Ocha.

Selon Ocha, l'attaque de samedi est la plus meurtrière à frapper des humanitaires en plus de trois ans de guerre.

Au moins 79 travailleurs humanitaires ont été tués au Soudan du Sud depuis décembre 2013, toujours selon Ocha. Rien qu'en 2017, 12 ont été tués et au moins huit convois humanitaires ont été pris pour cible.
 
Nombre de lectures : 34 fois

Nouveau commentaire :













Inscription à la newsletter