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Santé au Sénégal : Des statistiques inquiétantes !

Mardi 20 Décembre 2016

Santé au Sénégal : Des statistiques inquiétantes !
Le syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) est en grève depuis ce lundi et pour trois jours afin de protester contre le non-respect de certains points d’un protocole d’accord signé avec le gouvernement. Ce sont, notamment, la non convocation de la commission de recrutement, la non tenue du conseil interministériel consacré à l’acte 3 de la décentralisation, le non suivi des rencontres tenues avec le premier ministre, etc.
Dans ce climat délétère, la Coalition nationale Non aux Ape s’émeut de la situation alarmante qui prévaut dans le secteur dont il dresse, ci-dessous, un état peu reluisant que l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne est susceptible d’aggraver.
« La situation sanitaire et sociale du Sénégal est marquée par des difficultés budgétaires structurelles qui sont à l’origine de la faiblesse du personnel soignant et des plateaux médicaux. C’est ce qui explique la situation d’Etat-mendiant du Sénégal dont les priorités sont dictées par la gouvernance sanitaire mondiale et ses partenaires, les nombreux décès évitables, les grèves régulières des syndicats de travailleurs du secteur…L’Accord de Partenariat Economique (APE) en aggravant la rareté des ressources budgétaires va aiguiser davantage la crise. C’est pourquoi la lutte contre l’APE est la lutte de tous.
 
Pour preuve, «le ministère de la fonction publique n’a pas convoqué la commission de recrutement et les réunions sur la création de nouveaux corps n’ont toujours pas été tenues. Le ministère de l’Economie et des Finances n’a pas traité les questions à incidence financière qui lui étaient soumises et le conseil interministériel consacré à la mise en œuvre de l’Acte III de la décentralisation n’a pas été convoqué non plus. Pire, les engagements pris par ces ministres lors des plénière dirigées par le Premier ministre n’ont même pas été partagés avec leurs équipes pour leur suivi et leur mise en œuvre», d’où cette décision légitimée aux yeux de Dr Boly Diop, secrétaire général du Sames et ses collaborateurs, à du «dilatoire»
 
 89 médecins en spécialisation restés un an sans bourse : il faut revenir sur l’APE !
89 médecins en spécialisation de la promotion 2015-2016 comprenant au moins 106 sénégalais sont restés un (01) an sans percevoir de bourse d’un montant de 150.000FCFA. Dans cette même promotion, 17 médecins ont bénéficié de bourses offertes par la Fondation Sonatel (15 bourses) et la Coopération Technique Belge (CTB) (02 bourses). Des bourses vont être attribuées à 20 autres étudiants. Bourses octroyées cette fois-ci encore par la Belgique. A ces 89 médecins qui sont en deuxième année de spécialisation et dont le problème n’est pas encore réglé, il faudra ajouter les médecins de la promotion 2016-2017.
 
Sur les 2500 médecins spécialistes, les sénégalais ne représentent que 37% de l’effectif. En plus de ce manque de médecins spécialistes dans un pays où la population augmente de plus de 3% par an, le Sénégal est caractérisé par une forte concentration  des médecins spécialistes dans la capitale (environ 70%).
 
Ainsi par exemple :
- le Sénégal n’a pas recruté d’ophtalmologistes depuis 5 ans et sur les 63 ophtalmologistes que compte le Sénégal, les 83% (57) sont dans la région de Dakar du fait d’une mauvaise répartition qui prive 8 régions d’oculistes. 26.000 à 29.000 personnes attendent d’être opérées de la cataracte depuis 2012 ;
 - le Sénégal n’a pas plus de  50 radiologues et en dehors de Dakar, il n’y a que Thiès qui bénéficie de radiologues en permanence. Dans les autres villes il n’y en a pas
 
C’est pourquoi, la Coalition Nationale Non Aux APE soutient le Collectifs des Médecins en Spécialisation (COMES) dans sa lutte contre cette situation.
 
L’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne va faire perdre au Sénégal plus de 75 milliards de FCFA par an à partir de sa première année d’application et plus de 240 milliards de FCFA à partir de la 20e année. Comment un Etat qui manque de ressources au point de ne pouvoir assurer ni la formation ni le recrutement d’un personnel soignant suffisant peut-il signer cet APE ?
 
Un gap de 4.000 sages-femmes, plus de 27.700 enfants meurent avant leur 5e anniversaire…
 
Pour l’OMS, il faut 6 sages-femmes pour 1.000 naissances vivantes. Le Sénégal disposait en 2015 de 1716 sages-femmes soit 2 sages-femmes pour 1.000 grossesses. 37% des sages-femmes sont en zone urbaine et Dakar qui a 25% de la population a 33% des sages-femmes. Ainsi, il y a un gap de 4.000 sages-femmes à combler. D’où, seuls 59% des accouchements sont assistés par un personnel médical qualifié. Et à Ziguinchor il y a 1 sage femme pour 3.335 femmes en âge de reproduction alors que la norme OMS est d’une sage-femme pour 300 femmes.
 
Voilà pourquoi il y a plus de 27.700 enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année au Sénégal et 4 femmes au moins qui meurent quotidiennement d’une grossesse ou des suites d’une grossesse. Signer dans ce contexte l’APE c’est assassiner des enfants et des femmes car comme le dit Melinda Gates « (…) L’immense majorité des décès de mères et de nouveau-nés au Sénégal est associée à des problèmes de santé évitables. Ils auraient survécu s’ils étaient issus d’un milieu plus riche disposant de davantage de médecins, d’hôpitaux et de ressources ».
 
Les coordonnateurs de programmes nationaux de santé se plaignent tous de la faiblesse de leur budget. Le ministre de la santé et de l’action sociale ainsi que les députés demandent tous les ans l’augmentation significative du budget de l’Action Sociale. Dans les localités, ce sont les organisations non gouvernementales étrangères qui financent les activités. La grave dépendance de notre système de santé est aussi illustrée par les 80% du budget du programme élargi de vaccination (PEV) provenant de l’extérieur.
 
Pourquoi se priver de 240 milliards de francs Cfa ?

L’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne va faire perdre au Sénégal plus de 75 milliards de FCFA par an à partir de sa première année d’application et plus de 240 milliards de FCFA à partir de la 20e année. Comment un Etat avec une mortalité infanto maternelle si élevée, dans un pays où tout est priorité et extrêmement dépendant de l’étranger, peut-il décider de se priver avec l’APE de 240 milliards de FCFA et d’appauvrir encore plus les citoyens?
 
C’est pourquoi la Coalition Nationale dit Non Aux APE et invite tous les citoyens ainsi que les acteurs de la santé et de l’action sociale à amener le gouvernement à revenir sur sa signature qui causera une baisse drastique du budget de l’Etat. Cette baisse du budget se traduira en plus de dilatoire avec les syndicats des travailleurs, en recrutement de personnel insignifiant, en privatisation accrue de la santé…Les populations seront plus exposées à des maladies comme Ebola.
 
L’APE appauvrira les populations qui seront plus vulnérables aux maladies et auront moins de ressource pour faire face aux frais de santé. Il augmentera l’insécurité qui a fauché, il y a peu, des concitoyens dans une pharmacie à Ndioum et dont sont victimes tous les jours de plus en plus de citoyens.
Nous sommes donc tous menacés. Disons ensemble NON AUX APE ! » (source : Coalition nationale Non aux Ape)
 
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