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Réouverture de l’oléoduc Droujba - Zelensky dénonce le « chantage » européen envers Kyiv

Dimanche 15 Mars 2026

Volodymyr Zelensky a accusé ses alliés européens de faire du « chantage » à Kyiv au sujet de l’oléoduc Droujba qui transporte du pétrole russe tout en s’inquiétant que les États-Unis n’abandonnent l’Ukraine en raison de la guerre au Moyen-Orient.

 

Le président ukrainien a affirmé que les Européens le pressaient de réparer l’oléoduc Droujba qui transporte du pétrole russe, en liant ce dossier à un prêt européen de 90 milliards de dollars, bloqué par Budapest et qui sert notamment à acheter des armes pour l’Ukraine.

 

L’oléoduc, endommagé selon Kyiv par une frappe russe en janvier sur l’ouest de l’Ukraine, est depuis au cœur d’une dispute entre ce pays et la Hongrie voisine.  

 

« Ils me forcent à rétablir le Droujba », a déclaré M. Zelensky samedi à un groupe de journalistes, dont l’AFP – les propos étaient sous embargo jusqu’à dimanche. « J’ai dit à nos amis en Europe que cela s’appelle du chantage ».

 

« En quoi cela est-il différent de la levée des sanctions contre les Russes ? » s’est-il interrogé en référence à la décision américaine d’assouplir les sanctions sur les ventes de pétrole russe en raison de la crise pétrolière déclenchée par la guerre en Iran.  

 

L’Ukraine affirme que les réparations de l’oléoduc pourraient prendre jusqu’à six semaines, ce qui met en colère la Hongrie et la Slovaquie, qui en dépendent pour leurs besoins énergétiques.  

 

Conseillers russes en Hongrie ?

 

La Commission européenne a proposé d’envoyer une mission pour l’inspecter. Selon M. Zelensky, le dossier a également été soulevé par Emmanuel Macron lors de son voyage à Paris vendredi.

 

« Si l’on me pose comme condition que l’Ukraine ne recevra pas d’armes, alors, excusez-moi, je suis impuissant… Je ne peux pas laisser l’armée sans armes », s’est insurgé le président ukrainien.  

 

Il a par ailleurs accusé le gouvernement actuel de Viktor Orban, l’un des rares dirigeants européens proches du Kremlin de « diffuser un sentiment antiukrainien » dans son pays, et affirmé que des conseillers en communication russes se trouvaient en Hongrie pour aider ce dernier dans sa campagne électorale pour les législatives d’avril.

 

« Ce sont les conseillers en communication russes qui […] se trouvent sur le territoire hongrois et aident le gouvernement actuel dans le processus électoral ».

 

L’Ukraine est toutefois prête à travailler avec tout dirigeant hongrois qui « n’est pas un allié » de Vladimir Poutine, a affirmé M. Zelensky, à un mois d’élections législatives en Hongrie qui pourraient entraîner un changement de gouvernement.  

 

Inquiétude sur les États-Unis

 

Dans sa guerre avec la Russie, l’Ukraine ne veut pas perdre le soutien américain « en raison » de la crise au Moyen-Orient, a par ailleurs déclaré M. Zelensky.

 

Washington a été soutien principal de Kyiv face à la Russie jusqu’au retour à la Maison-Blanche de Donald Trump qui a coupé quasiment toute aide à l’Ukraine et la pousse à conclure un accord avec Moscou.

 

Des représentants américains ont toutefois demandé de l’aide de Kyiv pour contrer les attaques de drones iraniens dans les pays du Golfe, selon M. Zelensky.  

 

Kyiv a envoyé cette semaine ses spécialistes au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Jordanie pour partager leur expertise de lutte contre les drones iraniens Shahed, que la Russie utilise contre Kyiv depuis plusieurs années.

 

« Nous démontrons notre volonté d’aider les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient » en leur offrant l’expertise ukrainienne en drones, a-t-il expliqué.  

 

Les Ukrainiens ne combattront pas au Moyen-Orient

 

Concepteur du modèle de drone Shahed, perfectionné par la Russie qui le construit désormais elle-même en masse, l’Iran utilise aujourd’hui sa version avancée contre Israël et les pays du Golfe, visés pour la présence d’intérêts américains - militaires ou économiques. [AFP]

 

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