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Proche-Orient : l'armée israélienne pénètre dans la bande de Gaza

Jeudi 13 Mai 2021

Tsahal a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi que son aviation et ses troupes au sol avaient démarré une attaque contre la banque de Gaza.
 
Des soldats israéliens ont pénétré dans la nuit de jeudi à vendredi dans Gaza après la multiplication des tirs de roquettes du Hamas, une opération qui fait craindre une recrudescence du conflit qui a fait plus de 100 morts, en majorité des Palestiniens.
 
«L’aviation israélienne et des troupes au sol mènent actuellement une attaque dans Gaza», a déclaré l’armée dans un bref message. Interrogé par l’AFP, le porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus, a confirmé que des soldats étaient entrés dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, sans préciser leur nombre, ni la durée ni l’étendue de l’opération.
 
L’armée avait massé jeudi des chars et des véhicules blindés le long de la barrière séparant Israël de l’enclave palestinienne de Gaza d’où les troupes israéliennes s’étaient retirées unilatéralement en 2005.
 
La dernière grande opération militaire israélienne dans ce territoire palestinien de deux millions d’habitants remonte à 2014. Le conflit entre Israël et le Hamas, son ennemi juré, avait alors duré 50 jours et fait au moins 2251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien presque tous des soldats.
 
Juste avant l’incursion israélienne, la branche armée du Hamas a averti que «toute incursion terrestre dans n’importe quelle zone de Gaza sera l’occasion d’augmenter le nombre de morts et des prisonniers chez l’ennemi». Le ministère israélien de la Défense a de son côté donné le feu vert à l’armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.
 
Sites du Hamas bombardés
 
Parallèlement à l’opération terrestre, l’aviation a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas, où des centaines de personnes ont dû quitter leurs maisons précipitamment pour fuir les frappes, selon des témoins et des journalistes de l’AFP sur place. Le Hamas, qui continuait dans la nuit de lancer des roquettes vers le sud israélien, a tenté de lancer des drones munis de charges explosives vers Israël selon l’armée.
 
Depuis le début de ce nouveau cycle de violences lundi, 103 morts Palestiniens, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 blessés, selon un dernier bilan du ministère local de la santé. En Israël, sept personnes – dont un enfant de six ans – ont péri parmi lesquelles un soldat.
 
De plus, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël, mais elles sont tombées en Méditerranée, selon l’armée. D’après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d’un secteur proche d’un camp de réfugiés palestiniens.
 
Vols détournés
 
Le nouveau conflit a été déclenché après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en «solidarité» avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967.
 
Les heurts sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam, avaient suivi plusieurs jours de vives tensions et de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs d’un quartier de la Ville sainte.
 
«Cela prendra du temps mais nous allons restaurer la quiétude en Israël», a déclaré jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est rendu sur le site d’une batterie du bouclier antimissile «Dôme de Fer». D’après l’armée, environ 90% des plus de 1750 roquettes lancées depuis lundi à partir de la bande de Gaza ont été interceptées par le bouclier antimissile.
 
Appelant les compagnies aériennes à suspendre leurs vols vers Israël, le Hamas a annoncé une roquette d’une portée de 250 km en direction du deuxième aéroport d’Israël, dans le Sud, vers lequel les autorités aéroportuaires ont détourné les vols à destination de Tel-Aviv en raison des tirs. Plusieurs compagnies ont d’ailleurs suspendu leurs vols vers l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv.
 
Réunion de l’ONU
 
Le conflit est doublé d’une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d’Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne. Près de 1000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d’émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.
 
Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l’arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police. Des groupes d’extrême droite israéliens ont affronté dans des villes forces de sécurité et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948.
 
Face à l’intensification du conflit malgré les appels internationaux à la désescalade, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir dimanche une réunion virtuelle publique. (AFP)
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