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Prison de Rebeuss : L’Asred alerte sur le cas Taïb Soceh et sur les conditions de détention (Communiqué)

Vendredi 9 Août 2019

Oustaze Taïb Soceh
Oustaze Taïb Soceh
L’Association pour le Soutien et la Réinsertion Sociale des Détenus (ASRED) dénonce vigoureusement la situation des déficients mentaux incarcérés dans les prisons sénégalaises qui ne répondent pas aux normes internationales. Mais également les longues détentions provisoires dont l'exemple le plus patent est le cas d'Alioune Badara Ndiaye, détenu à Rebeuss depuis 2013 sans jugement ni notification. Et Serigne Guèye placé sous mandat de dépôt le 16/07/2013, à la chambre 8 dans des conditions de détention inhumaines.
 
L’ASRED confirme la véracité de la lettre de Guy Marius SAGNA qui dénonce les mauvaises conditions de détention qui prévalent à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss.
 
De de 2013 à nos jours, le nombre de  détenus ne cesse d'accroître à Rebeuss, avec plus de 2400 pensionnaires soumis à une chaleur accablante, en dépit des efforts consentis par la DAP (Direction de l'Administration pénitentiaire).
 
Le traitement inhumain qui fait que des milliers de détenus s'entassent dans des cellules à Rebeuss et font la queue pour faire leurs besoins mérite l'attention des plus hautes autorités du pays, pour des raisons humanitaires.
 
Actuellement, 33 prisons par les 37 que compte le Sénégal ont largement dépassé leur capacité d'accueil. Cette surpopulation carcérale est accentuée par les mandats de dépôt systématiques délivrés à la pelle par les procureurs et certains juges d’instruction. L’Asred est au regret de constater que la circulaire du ministère de la Justice, sur la limitation des mandats de dépôt et l’application des peines alternatives, n’est toujours pas suivie d’effets.
 
L’absence de grâce présidentielle lors de la fête de Korité exacerbe le phénomène du surpeuplement. Pourtant, des détenus qui en remplissent les conditions sont toujours dans l’attente. La grâce présidentielle clémence constitue un moyen de désengorger les prisons.
 
L’ASRED attire l’attention de l’autorité sur la situation préoccupante qui prévaut à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour où des détenus passent la nuit dans les toilettes.
 
Le cas des anciens détenus mérite aussi une attention toute particulière, avec notamment l'échec de la politique réinsertion sociale. Ce qui  explique la montée en puissance de la criminalité grandissante dans ce pays.
 
Le ministère de la Justice demeure le  parent pauvre de l'Etat avec un maigre budget et une Administration pénitentiaire dépourvue de moyens techniques, humains et logistiques pour mener à bien sa double mission de sécurité des détenus et de préparation à la réinsertion sociale.
 
L’ASRED se préoccupe des femmes et mineurs, ces couches vulnérables de la société  qui, au lieu d'être gardé dans des centres de redressement, croupissent lamentablement dans des cellules débordantes.
 
L'ASRED suggère à son Excellence, Monsieur le Président de la République, Macky Sall, d'effectuer  une visite inopinée à la prison de Rebeuss pour faire lui-même le constat.   
 
L'ASRED  apporte son soutien indéfectible et sans faille à Oustaz Taïb Socé,  membre  adhérent de l'ASRED, vaillant prêcheur qui a toujours guidé les jeunes vers les sentiers de la Justice et de la droiture.
 
L’ASRED attire l’attention de l’autorité sur le fait que Taïb Soceh traîne un état de santé fragile qui n’est pas incompatible avec le milieu carcéral. Et l’Etat du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui lui adviendra en prison. 
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