Plus de 400 établissements scolaires seront fermés vendredi en France après une nouvelle journée de mobilisation des lycéens et étudiants, marquée par des violences, des dégradations et près de 2 000 interpellations à travers le pays, a annoncé jeudi le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
« Un peu plus de 400 établissements seront fermés demain », a déclaré le ministre au journal de 20 heures de France 2, précisant que les cours seraient assurés à distance.
Selon Édouard Geffray, 170 élèves et 65 personnels de l’Éducation ont été blessés au cours de la mobilisation. Le ministre a estimé que le mouvement avait « changé de nature », évoquant « un mouvement de lycéens pris en otage par des mouvements ultraviolents » et mettant notamment en cause La France insoumise (LFI) et des groupuscules d’ultragauche.
Il a également dénoncé « une entreprise de destruction des services publics », tout en appelant « à l’apaisement et au calme » et en assurant que les revendications des lycéens « restent audibles » et « doivent être entendues ».
Près de 2 000 interpellations
Le ministère de l’Intérieur a fait état de 1 949 interpellations jeudi dans le cadre des manifestations lycéennes et étudiantes à travers la France. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé « une violence débridée ».
De son côté, le ministère de la Justice a indiqué que 1 793 personnes avaient été placées en garde à vue depuis lundi.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni jeudi après-midi les procureurs généraux en visioconférence afin de faire le point sur les débordements. Il a indiqué leur avoir demandé « une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs de ces faits inadmissibles ».
À Belfort, deux jeunes hommes tout juste majeurs ont notamment été condamnés pour avoir lancé des projectiles sur les forces de l’ordre en marge des manifestations. Ils figurent parmi les 34 jeunes interpellés dans la ville depuis mardi.
Le gouvernement renonce à faire payer l’inscription en BTS et en prépa
Dans ce contexte, Édouard Geffray a également annoncé que le gouvernement renonçait à son projet de rendre payante l’inscription en BTS et en classe préparatoire pour les étudiants non boursiers.
Le projet, présenté jeudi dans le cadre du budget 2027, prévoyait des frais de 178 euros pour une inscription en BTS et de 270 euros pour les classes préparatoires aux grandes écoles.
La mobilisation, à l’appel notamment de l’Union étudiante (UE) et de l’Union syndicale lycéenne (USL), a touché jeudi de nombreuses villes, dont Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Nantes, Strasbourg et Grenoble.
Par ailleurs, le Défenseur des droits s’est saisi du cas d’un adolescent de 14 ans grièvement blessé lundi à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, en marge d’un blocage lycéen. Une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est également en cours. [AA]







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