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« Pays sans corruption…»: le Forum civil dans un nouveau cycle

Jeudi 11 Juillet 2019

En s’appuyant sur la vision dégagée par Transparency International, le Forum civil entend donner une impulsion nouvelle aux principes de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Le moment est favorable avec la dynamique citoyenne en faveur d’une gestion transparente des richesses pétro-gazières.


Birahime Seck, coordonnateur général du Forum civil
Birahime Seck, coordonnateur général du Forum civil
Après avoir surmonté les inquiétudes nées de la disparition en mars 2018 de son coordonnateur général Mouhamadou Mbodj et entamé l’étape de consolidation de ses acquis dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance au sein des institutions publiques sénégalaises, le Forum civil s’attache désormais à mettre en œuvre « la nouvelle vision de Transparency International » dont elle constitue la branche nationale depuis plusieurs années.
 
Cette vision, brevetée «Un pays sans corruption avec la bonne gouvernance comme éthique», repose sur des principes fondamentaux comme « la promotion de l’intégrité politique », « la lutte contre le blanchiment d’argent, notamment la lutte contre la corruption et les infractions connexes », le renforcement de la transparence et de la redevabilité chez les détenteurs de mandats publics.
 
Ces orientations sont contenues dans le communiqué rendu public à l’issue de la réunion du conseil d’administration du Forum civil tenu à Saly du 5 au 7 juillet derniers. Elles tombent dans un contexte particulier marqué par les plus graves polémiques pétro-gazières survenues au Sénégal depuis les premières annonces de découvertes d’hydrocarbures. Une «nouvelle conscience citoyenne» tente d’impulser une dynamique irréversible allant dans le sens de contraindre les personnes politiquement exposées et certains fonctionnaires à rendre compte de leurs responsabilités dans les actes posés lors de la délivrance de permis de prospection, à clarifier leurs options dans la conception et la mise en œuvre du cadre légal et institutionnel de gestion des recettes attendues de la phase d’exploitation, du gaz offshore notamment.
 
A ce niveau, le Forum civil prend au mot les autorités sénégalaises quant à l’urgence et la nécessité de «rendre disponibles les projets de texte d’application relatifs à la loi sur le contenu local» promise par le président Macky Sall. En espérant, selon un activiste de la société civile, que ce contenu local ne se limitera pas à des postes de chauffeurs, vigiles et autres femmes de ménage offerts à quelques sénégalais par les compagnies pétro-gazières présentes dans l’offshore national.
 
Reddition des comptes
 
Au-delà des dossiers du gaz et du pétrole, la non publication persistante des rapports annuels des corps de contrôle d’Etat en charge de faire respecter les principes de la bonne gouvernance et de la reddition des comptes publics est un sujet de préoccupation pour toutes les organisations de la société civile travaillant sur ce terrain là. A cet effet, le Forum civil exige encore, selon le communiqué précité, que les rapports de l’Inspection générale d’Etat (IGE), de la Cour des comptes, de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) soient mis à la disposition de l’opinion nationale.
 
Créneau porteur de plus en plus investi par une dynamique citoyenne décomplexée, la théorie de la « défense intrinsèque des intérêts du Sénégal » est un boulevard sans limites qui étend l’espace des possibilités d’agir au service de la bonne gouvernance. Dans ce cadre, le Forum civil, avec son réseau local et ses relais internationaux à travers Transparency International, pourrait favoriser l’accentuation des pressions sur le pouvoir pour une gestion optimale des richesses découvertes. Il pourrait surtout, sans dépasser les limites de son statut d’association reconnue, peser pour une intervention efficace de la justice dans le scandale présumé de Petrotim où le jeune frère du chef de l’Etat, Aliou Sall, fait figure de «principal accusé» aux côtés de son employeur Franck Timis.
 
La planétarisation des révélations de la BBC sur certaines deals présumés réalisés entre acteurs de l’écosystème pétro-gazier naissant dans notre pays a démontré à quel point il est difficile pour un pays ouvert sur le monde de rester sourd à des accusations de corruption fortement médiatisées. Mais avec la rétention inexpliquée des rapports annuels des corps de contrôle, le président Macky Sall a prouvé qu’il faudrait plus que des communiqués pour le contraindre à les rendre publics.
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