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Paix et sécurité en Afrique : le sommet de Dakar de retour dans le sillage de l’Agenda 2063 de l’UA

Mardi 31 Mars 2026

Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique est de retour après un break de deux ans dû au retrait de la France de son organisation. En lançant la 10e édition de l’événement, le ministre sénégalais de l’intégration africaine et des Affaires étrangères l’a inscrite dans le sillage de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et ses impacts espérés sur la défense, la sécurité et la stabilité du continent.

Le Somaliland finira-t-il par devenir une base militaire israélienne dans la partie la plus orientale de l’Afrique ? Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) parviendront-ils à sceller une paix durable avec ou sans le concours de puissances extérieures au continent ? L’Alliance des États du Sahel (AES) composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger pourra-t-elle surmonter les défis gigantesques que lui promettent ses adversaires les moins virulents ? Jusqu’à quand l’extrémisme violent et le terrorisme continueront-ils d’être les facteurs directs de plusieurs centaines de milliers de morts et de populations déplacées d’un pays à un autre ? 

 
Défis

 

Ce sont quelques-unes des questions sans réponses que porte en filigrane l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) dont l’ambition est d’avoir des impacts réels « sur la défense, la sécurité et la stabilité du continent » à cet horizon. Des premiers signaux de réponse pourraient être entrevus lors du « Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique » dont la 10e édition est prévue les 20 et 21 avril 2026. Ce 28 mars, le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE) a réuni diplomates, experts militaires, chercheurs, scientifiques et journalistes pour lancer l’événement autour d’une rencontre appelée « Déjeuner des éditorialistes ». D’où le sous-thème consacré aux rapports entre les forces de défense et les médias « dans la gestion des enjeux de paix et de sécurité en Afrique ».

 

A ce sujet, « une attention particulière sera accordée au rôle de l’information et de la communication dans la gestion des enjeux sécuritaires sur le continent, dans un contexte marqué par l’influence croissante des médias sur la perception des crises. Pour ce faire, le sous-thème ci-après sera adossé au thème principal : « Les relations entre les Forces de défense et de sécurité et les médias dans la gestion des enjeux de paix et de sécurité en Afrique », lit-on dans la « Note d’orientation » de la rencontre.

 

Fragmentation

 

Cheikh Niang, chef de la diplomatie sénégalaise, a rappelé que les défis sécuritaires se posent aujourd’hui avec acuité autant en Afrique que dans les rapports du continent avec le reste du monde. A ce propos, il a souligné que, au-delà du volet sécuritaire, les dimensions humaine, environnementale, économique doivent cristalliser l’attention des gouvernants au moment où la cybercriminalité et les criminalités transnationales prospèrent au détriment du développements de nos pays. En sus, la dépendance financière du continent à l’égard de ses partenaires traditionnels, la faiblesse des institutions étatiques et régionales et l’absence d’engagement politique compromettent l’accès à l’autonomie stratégique indispensable à la structure continentale qu’est l’Union africaine.

 

Lancé en 2013 lors du Cinquantenaire de la naissance de l’Union africaine, l’Agenda 2063 est considéré comme La vision stratégique qui devrait transformer l’Afrique : démocratie solide et participative, économies viables, compétitives et interconnectées grâce à des infrastructures dédiées, industrialisation maitrisée grâce à la valorisation sur place de ses immenses ressources, performances éducatives et sanitaires de premier plan au service des populations, intégration politique au service d’un continent influent sur la scène mondiale, etc. Mais, avertit le professeur Omar Ndongo de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), l’urgence doit être de rigueur.

 

Absence d’autonomie stratégique

 

Au jour d’aujourd’hui, « il y a plutôt une tendance notable à la désintégration, à la sécession, à la rébellion. La fragmentation s’accélère dans beaucoup d’États et l’explosion des menaces est partout présente », souligne l’universitaire membre du panel d’experts invités à la rencontre. Il faisait référence à la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en janvier 2025, et à la paralysie prolongée de l’Union du Maghreb arabe (UMA) imputable aux tensions politiques entre le Maroc et l’Algérie sur le Sahara occidental. 

 

Bouclier institutionnel de l’Agenda 2063, l’APSA (Architecture de paix et de sécurité en Afrique) est « le socle sur lequel » repose toute l’ambition de l’UA pour le continent. Cependant, sa réussite dépend de plusieurs facteurs dont le principal est l’autonomie financière, rappelle le Pr Ndongo. C’est cela qui permettra à l’Afrique d’avoir l’autonomie stratégique permettant de dérouler son propre agenda. En attendant, les difficultés actuelles de la Force africaine en attente (FAA) laissent le monopole de l’intervention armée aux Nations unies. 

 

A ce niveau, le Général de corps d’armée Abdoulaye Fall, président du conseil d’administration du Centre des hautes études de défense du Sénégal (CHEDS), a rapporté les difficultés financières des forces africaines lors de la crise ivoirienne 2010-2011 dont il a été un acteur direct. Après huit mois d’engagement, il n’y avait plus d’argent… Il fallait faire appel à la France, à l’Union européenne (UE), aux Etats-Unis pour solliciter des appuis divers comme le paiement des salaires, le suivi de la logistique, la fourniture de carburant aux véhicules… C’était « l’ambition face à la réalité », a dit le modérateur des débats. 

 

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