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Martinique : des militants anticolonialistes déboulonnent Joséphine, l’épouse de Napoléon

Lundi 27 Juillet 2020

Martinique : des militants anticolonialistes déboulonnent Joséphine, l’épouse de Napoléon
 
Deux statues de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon 1er qui rétablit l’esclavage, et de Pierre Belain d’Esnambuc, qui avait mené l’installation de la colonie française en Martinique, ont été mises à terre dimanche par des militants anticolonialistes.
 
Les représentations de ces personnages controversés dans la ville de Fort-de-France ont été déboulonnées à coups de massue et au moyen de cordes, a constaté une journaliste de l’AFP.
 
Celle de Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon 1er et native de Martinique où sa famille possédait une exploitation agricole, avait déjà été décapitée il y a près de 30 ans et laissée ainsi sur la place de la Savane à Fort-de-France. Dimanche, les manifestants l’ont ensuite placée sur un bûcher, a indiqué une source policière.
 
Restauré par Napoléon
 
Aboli une première fois en France le 4 février 1794, l’esclavage avait été restauré le 20 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, notamment dans les Antilles françaises. L’esclavage avait ensuite été définitivement et officiellement aboli en France le 27 avril 1848.
 
A quelques mètres de la statue de Joséphine de Beauharnais, celle de Pierre Belain d’Esnambuc, qui a conduit l’installation de la colonie française en Martinique en 1635, a également été déboulonnée. Elle avait été érigée en 1935 à l’occasion du tricentenaire du début de la colonisation en Martinique.
 
La semaine dernière, des militants anti-colonialistes avaient déjà prévenu, dans une vidéo sur les réseaux sociaux, de leur intention de déboulonner la statue de Joséphine de Beauharnais si cela n’était pas fait par les autorités locales avant dimanche. Celle d’Esnambuc, quant à elle, figurait au programme du conseil municipal de mardi qui devait entériner son déplacement en août.
 
Pas une première
 
Le préfet de Martinique a condamné dans un communiqué «ces destructions qui sont l’action inadmissible d’une minorité violente». Ces déboulonnages interviennent près de deux mois après celui par ces mêmes militants de deux statues de Victor Schoelcher, le 22 mai, jour de l’abolition de l’esclavage sur l’île. Cet homme politique français a décrété l’abolition de l’esclavage aux Antilles françaises, le 27 avril 1848. Des activistes opposés à l’héritage colonial avaient revendiqué ce geste en réclamant que les figures noires de l’émancipation soient davantage mises en avant.
 
La mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, a ouvert un débat aux Etats-Unis, puis dans le monde, sur le racisme et ses fondements historiques. Cet examen de conscience a entraîné le déboulonnage de plusieurs statues de personnages liés à l’esclavage ou à l’oppression des minorités. (AFP/NXP)
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