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Macky Sall, le Président qui voulait résoudre seul les problèmes du Sénégal !

Dimanche 9 Août 2020

Entre récession économique annoncée, incertitudes sécuritaires et, surtout aggravation de la crise sanitaire due au coronavirus, les défis du Président sénégalais sont immenses. Et leur résolution devient problématique eu égard à l’extrême concentration des pouvoirs entre ses mains.


La posture du Président Macky Sall, depuis l’adoption en mai 2019 par l’Assemblée nationale d’une loi constitutionnelle supprimant le poste de Premier ministre, fait débat. En première ligne sur toutes les grandes controverses, notamment celles liées à la gestion quotidienne de la pandémie de Covid-19, le Président sénégalais est assailli de toutes parts. Obligé même d’intervenir pour mettre la pression sur son beau-frère de ministre en charge de la distribution des vivres aux populations impactées par le Covid-19.
 
« Le choix du Président »
 
 «C’est le choix du Président de la République de ne pas être en deuxième ou troisième ligne. En tant que clef de voûte de nos institutions, il ne peut être qu’en première ligne. C’est son option. Mais il a des collaborateurs qui l’aident avec dévouement et efficacité. Et ça donne des résultats», répond Abdou Mbow, porte-parole adjoint du parti présidentiel.
 
Selon Mbow, par ailleurs premier vice-président de l’Assemblée nationale, le Président Sall s’en tiendra à cette ligne aussi longtemps qu’il en verra la nécessité.
«L’idée de ramener le poste de Premier ministre ou de procéder à un remaniement gouvernemental dépend exclusivement de lui et de lui seul.» Un son de cloche qui ne fait pas l’unanimité.
 
«Continuer à rester sans Premier ministre est un risque qui expose le Président de la République. En lieu et place de la concentration des pouvoirs, l’option de déléguer plus de responsabilités existe. Elle a l’avantage de protéger le chef. Tout système a besoin de fusibles», indique Patrice Sané, militant du parti présidentiel et membre des cadres dudit parti.
 
« Fast-track » ?
 
La suppression du poste de Premier ministre avait été expliquée par le souci du Président Sall d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de l’État en éliminant les lenteurs et les blocages dans l’administration. Elle tenait compte, aussi, des rapports difficiles entre l’ex-Premier ministre Abdallah Dionne et plusieurs ministres au cours du mandat présidentiel 2012-2019. Le «fast-track» est ainsi arrivé pour remettre les choses à l’endroit. Mais le doute persiste sur son succès.
 
«La vitesse n’est pas un gage d’efficacité ni de qualité. Le slogan "fast-track" est-il d’ailleurs bien choisi s’il est rapproché de "fast-food" qui renvoie à "manger vite et manger mal"? La concentration et la personnalisation excessives du pouvoir entre les mains du Président nuisent au bon fonctionnement du travail gouvernemental», écrit dans le journal Sud Quotidien le docteur Maurice Dione, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.
 
Dionne, un Président-bis ?
 
Cette verticalité du pouvoir sans un Premier ministre agissant en coordonnateur de l’activité gouvernementale est d’autant plus difficile à perpétuer que Macky Sall entretient lui-même l’incertitude sur ses intentions par rapport à un troisième mandat à la tête du pays en 2024.
 
«Dans ce contexte de fast-track sur fond de lutte de succession en sourdine […], il est fort à craindre qu’il y ait une tendance à la déresponsabilisation. Car les initiatives prises par les ministres peuvent être interprétées politiquement comme l’expression d’un positionnement personnel visant le fauteuil présidentiel. Le Président Senghor, pour qualifier cette situation marquée par l’absence de Premier ministre et la tutelle pesante du chef de l’État, parlait de ‘’ponce-pilatisme’’», ajoute le Dr Dione.
 
Le Palais de la République cristallise désormais toutes les décisions de l’exécutif. Il a établi, de ce fait, des liens de contrôle direct sur les 32 ministres et trois secrétaires d’État du gouvernement formé en avril 2019 par Abdallah Dionne.
 
Une continuité facilitée par le fait que Dionne, homme de confiance de Macky Sall, est souvent affublé du titre de Président-bis eu égard à son poste de secrétaire général de la présidence, contre lequel il a troqué la primature.
 
«Officiellement, tout se passe très bien, sauf qu’il y a des ministres qui estiment n’avoir de comptes à rendre qu’au Président Macky Sall. Et cela crée un vrai problème», constate un membre du camp présidentiel sous le sceau de l’anonymat.
 
« Le poste de PM, un décorum sans pouvoirs »
 
Comme toujours, Macky Sall ne laisse rien filtrer de ses intentions par rapport à un éventuel retour de la primature. Or, «la situation post-Covid suggère la nomination d’un Premier ministre à la tête d’une équipe resserrée» pour prendre en charge les défis de la récession économique annoncée, souligne Patrice Sané.
 
Mais selon Dialo Diop, du Rassemblement national démocratique (RND), la réalité est tout autre.
 
«La caractéristique de tous les potentats qui se succèdent est de supprimer le poste de Premier ministre pour créer une monarchie républicaine dans laquelle ils sont seuls à bord. Au bout de quelque temps, ils se rendent compte qu’ils ont besoin d’un fusible qui disjoncte pour leur éviter l’incendie», analyse pour Sputnik ce militant panafricaniste.
 
Droit dans ses bottes, le Président Sall semble décidé à rester en première ligne. Avec ses expériences politiques récentes (ministre de l’Intérieur, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale), s’est-il rendu compte que «le poste de Premier ministre est en réalité un décorum institutionnel et républicain sans pouvoirs», comme le dit Dialo Diop?
(Article déjà paru dans le site sputniknews.com)
 
 
 
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1.Posté par Me François JURAIN le 09/08/2020 20:04
Le poste de premier ministre a non seulement une utilité, mais également une exigence: l'agenda d'un président de la république est extrêmement chargé, et il ne peut pas tout faire. Comme dans toute grande entreprise, la nécessité d'une bonne organisation exige que tous les pouvoirs ne soient pas concentrés en une seule personne, pour des raisons evidentes d'efficacité: la même personne ne peut pas assurer le balayage et la propreté des toilettes, résoudre es problèmes du personnel, et réfléchir et signer des contrats avec les clients qui garantiront la survie de la boite, c'est évident. Le problème, c'est que l'on ne peut même pas dire que "c’était mieux avant" (avec un premier ministre, les chantiers n’avancent ni plus ni moins viite: ils sont quasiment à l'arrêt! TER, DIAMNINADIO, ect... et je pense qu'il serait un leurre d'aller chercher une explication dans la présence ou pas d'un premier ministre, à mon sens, si ces chantiers ne voient pas "le bout du tunnel", c'est tout simplement pour des raisons essentielles de mal gouvernance, avec ou sans premier ministre: défaut de paiement des entreprises, non respect des engagements pris et signés, ect... les exemples ne manquent pas, s'ajoutant à une corruption étatique endémique, qui ne fait qu'agraver la paralysie du système. Ce n'est pas pour rien que le SENEGAL vient d'être classé bon dernier, sur l'efficacité quand à l'utilisation des fonds qui lui sont alloués (prêts, dons, ect...). Donc, ce n'est pas l'organigrame qui est en cause, mais uniquement la mal gouvernance.
Sur le plan politique, il est clair que le premier ministre, par tradition, sert de fusible pour le président, et ce dans toutes les républiques. Supprimer le poste de premier ministre expose le président en place en première ligne, et le rend responsable de tous les échecs, sans pour autant obtenir un satisfecit des réussites, lorsqu'il y en a.
Le problème du troisième mandat n'a jamais été un problème: Macky SALL a toujours su qu'il ferait un troisième mandat, voir un quatrième si nécessaire. La chose est tellement évidente que je suis, à titre personnel, surpris qu'elle fasse encore débat! Mieux vaut déjà s'intéresser au quatrième! Il est très clair que la constitution lui interdit, mais Macky SALL du fait, que, en droit constitutionnel, les décisions sont d'application immédiate, le sait très bien; et d'ailleurs, le constitutionaliste-tailleur, confectionneur et brodeur de la dite constitution revisitée, pour les besoins de la cause, l'avait lui même affirmé, dans une video qui, n'en doutons pas, sera ressortie quand le problème reviendra sur la table: "cette réforme empêche au Président Macky SALL et le met dans l'impossibilité absolue de briguer un troisième mandat!"
Mais, de la constitution, Macky SALL n'en a cure, pour une bonne et simple raison, qu'il n'est absolument pas intéressé par le poste de Président de la République: Macky SALL, c'est "l'homme qui voulait être roi", seul l'intéresse la monarchie, dont évidemment il en est le roi: il n'y a que ca pour satisfaire un égo surdimensionné, apanage d'un orgueil délirant.
Qui plus est, ceux qui conteste ce point de droit ont un recours: celui de saisir le conseil constitutionnel ! et comme c'est le roi qui rédige les brouillons, je vous laisse deviner la réponse du conseil constitutionnel!
L'intérêt d'une monarchie, c'est que le roi fait ce qu'il veut, et personne ne peut venir lui contester ce droit. Il a droit de vie ou de mort sur ses sujets, et il dispose de ce droit comme il n'entend. Que ceux qui ont l'outrecuidance de venir se mettre en travers de sa route soient avertis: les rares qui l'on tenté en savent quelque chose!!!
Non, tout le problème du sénégal est dans cet exercice monarchique du pouvoir. Mais il faut lui reconnaitre un certain talent: cela a commencé par tranformer un conseil constitutionnel, garant de la constitution et du respect des institutions, en une maison de retraite de luxe, allant même jusqu'à proroger l'âge de départ à la retraite de ces vieillards dont l'utilité ou l'intelligence de ses décisions restent encore à démontrer, paralyser le système judiciaire, en transformant le procureur de la république, en principe garant de la défense du peuple, avec un droit exceptionnel, celui de s'autosaisir, en petit laquais du château, et en verrouillant l'assemblée nationale en mettant à sa tête, un homme qui, aux dires d'un vieil ami de Macky SALL, ne se contenterait pas de son (exhobitant) salaire du à sa fonction, mais arrondirait ses fins de mois dans de sombres trafics de semences en tous genre!!! édifiant.
Voila comment un roi installe sa monarchie: mais il n'est pas donné à tout le monde de réussir, et pour cela, il faut beaucoup 'intelligence, certe, mais aussi beaucoup de machiavélisme, et une ignorance totale du sens du devoir, de la fonction d'un homme d'état, de l'honneur et de la probité.
Dans un tel système rassurez vous, Macky SALL restera le temps qu'il veut, c'est à dire longtemps, très longtemps, car qui plus est, avec la loi scelerate sur le parainage, il lui est pratiquement impossible de perdre une élection: on a vu la dernière, ou comment transformer un 48% en 47%! élogieux.
Alors, bien sur, il y a le peuple, dont on dit (et je le pense) qu'il a toujours raison. Le peuple n'a pas à se plaindre: depuis l'arrivée de Macky SALL, en 2012, ca n'a pas été pire: taux d'analphabétisme inchangé, taux de misère inchangé, seul le taux de fuite de la jeunesse vers un avenir meilleur est en augmentation.
Mais il n'y a pas de roi sans sa cour: celle là, elle est nombreuse, et necessaire à un roi pétri d'orgueil, qui ne vit que de flatterie et de compliments: combien sont ils, les ministres délégués ou conseillers? 100, 200,? à dire rai, personne ne sait, pas même le roi, du moment qu'en échange d'une énorme rémunération et avantages multiples, le roi reçoit son lot de flatterie en tous genres...Avec un danger cependant, cachés dans la cour, certains peuvent manifester leur impatience et faite ce qu'il faut pour arracher le fauteuil au roi, finalement un peu comme en 2011, où un autre roi, que je ne qualifierai pas de plus honnête, mais disons moins malhonnête, s'est vu destitué sans ménagement par un ancien courtisan: ce sont les aléas de l'histoire...
Donc, et pour résumer, ceux qui critiquent Macky SALL pour avoir supprimé le poste de premier ministre ont tort, car on ne parle pas de la même chose: eux parlent d'une république démocratique, et lui parle d'une monarchie sans partage, on ne compte pas les choux et les carottes, il faut distinguer.
Et le peuple, dans tout ca? de quoi se plaint il? il me semble qu'il est habitué à la misère, non? Mainteenant, celui qui veut changer sa condition personnelle, il n'a qu'à faire ce qu'il faut faire: s'inscrire à l'APR, se faire remartquer du roi, le flatter, et en échange, il aura un poste de...n'importe quoi, mais un gros salaire, un gros 4X4, et la possibilité de magouiller et voler en toute impunité!
Qui ose prétendre que l'on ne peut ps éussir au SENEGAL?
Elle est pas belle, la vie???
Me François JURAIN

2.Posté par Yaya DIAW le 10/08/2020 23:23
À travers ce papier pertinent, vous avez fait une bonne autopsie de la situation actuelle de notre pays.
La déconcentration et la décentralisation sont aujourd'hui plus que nécessaires. Le Sénégal souffre de l'hypertrophie des pouvoirs du Président.

3.Posté par Me François JURAIN le 11/08/2020 14:33
Réponse à Yaya DIAW
petite précision amicale: lorsque vous parlez de "votre pays", permettez que je précise que c'est aussi un peu le mien: j'y vis, y dépense la totalité de mes revenus donc participe activement à l'économie locale, et y ai aussi des amis...couleur locale! (à dire vrai, je ne fréquente pas le milieu des toubabs, et toutes mes fréquentations sont des africains, sénégalais (ou autres nationalités).
Vous avez raison en écrivant que plus que jamais, il faut décentraliser. Mais vous avez tort en le disant maintenant!
Pourquoi? Tout simplement parce que le mal principal qui ronge le pays (il n'est pas le seul en Afrique, hélas) c'est la CORRUPTION et le DÉTOURNEMENT DE L'ARGENT PUBLIC, c'est à dire notre argent!
Si ous décentralisez avant d'avoir réglé ce problème, qu'allez vous obtenir (qui existe déjà): des petits chefs, qui feront exactement la même chose que le grand chef, c'est à dire, lorsqu'ils recevront des deniers publics, les détourneront de leur but initial! je n'ai pas besoin de donner plus d'explications "techniques", vous en avez un exemple tous jes jours dans la presse quotidienne!
Donc, décentraliser maintenant, c'est un peu comme donner une voiture à quelqu'un qui n'a pas le permis de conduire!
Non, en fait, il faut reprendre le discours de celui qui n'était pas encore roi, du 03 Avril 2012, et l'appliquer à la lettre. Ce discours m’avait enthousiasmé, j'étais là en 2011/2012, j'ai suivi les élections avec passion, parce que je croyais en cet homme, et quand je l'ai entendu, le 03 Avril 2012, je me suis dit: Enfin un homme qui a tout compris, là, vraiment le pays va décoller! Parce que je suis profondément convaincu que le pays peut décoller: les sénégalais ne sont pas plus bêtes que des européens, des canadiens ou des américains, ou que sai je encore, la matière grise est là, la matière première est là, tout est là pour que, et je ne plaisante pas en disant cela, la sénégal soit un pays plus riche que la SUISSE, et que le taux de pauvreté soit réduit à quasiment néant, ainsi que le taux d’analphabétisme. Il ne s'agit pas pour moi de vouloir faire des africains de bons "europeens", non, les africains sont des africains, ils ont leur histoire, leurs traditions, leur mode de vie: mais ils ont aussi droit à un mode de vie facilité par le progrès, et les standards du confort actuel: pourquoi il serait évident que les européens aient de l'eau courante chez eux, alors que l'on considérerait comme normal que les africains aient de l'eau de temps en temps? idem pour le courant, même si, il faut le reconnaître, des progrès ont été fait de ce côté ci, depuis dix ans. Mais quand même! nous sommes en 2020, et les pays africains, pratiquement tous, sont indépendants depuis 60 ans, et on tous reçus des sommes colossales, du monde entier, pour bâtir leur pays. Je suis sidéré de voir, que, indépendants depuis 60 ans, on parle encore et encore de la colonisation! La FRANCE par exemple, a été en guerre avec l'Allemagne., pour la dernière fois de 1939 à 1945. La FRANCE (l'europe) a reçu pas mal d'argent avec le plan Marshall, pour pouvoir se reconstruire. Je suis né en 1946, mon grand père avait fait la guerre pendant 7 ans (1914/1918, qui avait commencée un peu eavant et s'est terminée un peu après) je me souviens de la haine qu'il avait contre les allemands, et me rappelle encore, dans les années soixante, avant qu'il ne décède, la peur de ma mère de lui annoncer que ma soeur allait se marier avec...un allemand! Mais depuis les années 50, la page est tournée, et vous n'entendrez plus parler sans arrêt en FRANCE de la guerre avec les allemands! les jeunes de la génération actuelle ne savent peut être même pas qu'il y a eu une guerre entre les français et les allemands. Certes, le devoir de mémoire existe, mais il ne faut pas le confondre avec l'histoire.
Oui, de nombreux pays d'afrique ont eut à souffrir de la colonisation, oui il y a eu de mauvaises choses , mais il faut aussi savoir reconnaître que tout n'a pas été mauvais! je ne défend pas la colonisation, je suis contre, j'ai toujours été contre, et mon vieux crane peut attester des coups de matraques que j'ai reçu dans des manifestations ou je me battais pour que les noirs des états unis puissent monter dans les mêmes tramways que les blancs, parce que pour moi, que vous soyez noir, jaune, blanc ou rouge, vous êtes un être humain, point barre. Et être assis à côté d'un noir ne m'a jamais dérangé (j'espère que l'inverse est vrai!)
L'afrique -et que je sache, le sénégal fait partie de l'AFRIQUE- est le continent le plus riche du monde, donc évidemment le plus convoité. Rien de plus normal. Que tous les autres pays du monde veuillent venir "profiter un peu " des richesses de ce continent, c'est normal, je dirai que c'est la loi du commerce. j'ai été avocat pénaliste en FRANCE, je connais bien le milieu des voyous en col bleu comme en col blanc, et cela ne me choque pas. Mais lorsque quelqu'un se présente à une élection présidentielle, c'est avant tout par ce qu'il a en lui une flamme qui l'anime, c'est de servir son pays, faire que son intelligence, son dynamisme, sa vision de l'avenir qu'il a pour ses concitoyens, soit mise au service de son pays. Bien sur, il doit être rémunéré en conséquence, mais de ce côté et concernant les rémunérations officielles, je n'ai jamais entendu de plainte ou vu de grèves d'un Président de la république pour demander une augmentation... En un mot, SERVIR, et non pas SE SERVIR; Et si vous reprenez le discours du 03 AVRIL 2012, qui vaut profession de foi et engagement de la part de celui qui parle à son peuple, vous ne pouvez qu'^tre enthousiasmé, car si vous le suivez à la lettre, l'échec est impossible.
Alors, oui, je suis plus que déçu (je ne pense pas être le seul) car ce qui s'en est suivi est l'exact contraire de cet engagement auquel bon nombre de sénégalais croyait.
Ca n'a pas trainé: quelques semaines après "l'intronisation" du PR, l'IGE s'inquiétait de trouver, dans le patrimoine de Monsieur Macky SALL, une modique somme de...8 Milliards de FCFA (12.OOO.OOO d'euros quand même, dont la provenance était injustifiée (elle l'est toujours!) et cela m'a mis la puce à l'oreille, car bien évidemment il s'agissait d'un détournement de fonds public, mais qui a été perpétré dès l'entrée en fonction du sus nommé, donc, on peut dire, déformation professionnelle oblige, qu'il a agit par préméditation, ce qui est une circonstance aggravante devant tous les tribunaux pénaux du monde entier.
Cest à partir de ce moment là qu'à commencé mon désenchantement pour cet homme, et que, par la suite, je me suis aperçu, comme tout le monde, que celui qui avait en charge les intérêts d'un pays, d'une nation, d'un peuple, était venu là uniquement par intérêt personnel, dans le seul but d'assouvir sa soif éperdue d'argent et de pouvoir, mais que le peuple sénégalais, en fait pour lui, ce n'était rien qu'un moyen de s'enrichir personnellement. Le sénégal souffrait d'un cancer (comme de nombreux pays d'afrique), et celui qui se posait en docteur, qui allait soigne le mal, était en fait un virus encore plus dangereux: ce qui sera confirmé par le troisième mandat qui ne fait aucun doute, et peut être même d'un quatrième, puisqu'un d'un régime relativement démocratique, on était passé dans une dictature monarchique. Ce que de toutes évidences, n'avaient pas choisi et demandé les sénégalais.
Le problème, c'est que cette monarchie bloque toutes les réformes indispensables et nécessaires: vous en avez cité une, mais qui est impossible à réaliser, d'abord parcequ'un roi ne partage en aucun cas son pouvoir (pour la simple raison que pouvoir est synonyme d'argent), et que, même si vous arriviez à mettre sur pieds une décentralisation, elle n'aurait aucun effet car privée de moyens, d'une part, et lorsque les moyens arriveraient, pourquoi voulez vous que les sous chefs, investis d'un mini pouvoirs, n'aient pas l'envie et l'ambition de faire comme le grand chef: en principe, l'exemple vient d'en haut, non?
Donc, toutes ces réformes -et Macky SALL, homme intelligent et pervers s'il en est- l'a très bien compris- sont bien évidemment indispensables dans une démocratie: mais comme je le disais dans mon propos précédent, vous ne parlez pas de la même chose! vous parlez démocratie, et l'on vous répond dictature monarchique!
Alors, me direz vous, c'est bien beau les grands discours, mais la solution?
Et bien, la solution, elle existe, et elle a déjà existée.
Ce n'est pas parce que le monarque ne respecte pas la constitution, et que le conseil constitutionnel est une annexe de geriaterie de l’hôpital de DAKAR et un faire valoir du monarque, qu'il faut faire pareil.
Le mode de fonctionnement de Macky SALL est assez simple, et je pense que tous les observateurs (dont je suis) l'ont très bien compris:
1- il fait ce qu'il veut: vole, ment, se contredit, ect...
2- Une fois que le mal est fait, il tempête lors d'un conseil des ministres, et ordonne que les ministres prennent des mesures (ce qu'ils seraient bien en peine de prendre, sauf à conduire le même manu militari à REBEUSS!
3- il va même jusqu'à signer des décrets et autres ordonnances, dont il sait pertinemment qu'il ne les respectera pas!
4- Le temps passe, et comme un nouveau problème chasse l'autre, et bien le précédent est déjà oublié.
Il faut bien évidemment respecter la constitution: cet homme a été élu "démocratiquement" (en principe, il n'avait que 48% des voix, mais avec la loi scélérate sur le parrainage, qui lui a permit de ne pas truquer les élections, manipuler le processus électoral est autrement plus effiace et sans danger, vu les députés godillots qui "siègent à l'AN, il a été élu démocratiquement avec 57%: il en sera de même pour le troisième mandat, je suis prêt à prendre les paris dès aujourd'hui.
La solution, elle est dans les mains du peuple sénégalais lui même: il est plus que grand temps que les sénégalais ouvrent les yeux, comprennent que les ' présidents qui se sont succédé n'ont rien apporté de bon pour le peuple sénégalais, que la misère est toujours là, comme l'analphabétisme, l'état des services sanitaires est déplorables, un europeen n'amènerait même pas son chien dans un hopital sénégalais: est ce normal? A ce sujet, pourquoi Macky SALL, sa cour et/ou sa famille vont se faire soigne à l'étranger?
Une fois que le sénégalais jeune ou vieux, aura pris conscience que son avenir est dans ses mains, alors il lui suffira de défaire, le moment venu et dans le plein respect de la constitution, évidemment, ce qu'il a fait en 2012: déloger celui qu'il a mis sur le trône, et qui s'est révélé être un traître à la nation, puisque son action ces huit dernières années a été l'anthithèse de sa profession de foi.
Malheureusement, cela ne se fera pas sans heurt, car un dictateur ne se sauve pas comme cela. Il y aura de la violence, des larmes et des morts, car un homme d'une telle trempe ne se laissera pas déloger: il est bien déterminé à rester encore une dizaine d'année, ce qui implique obligatoirement un troisième mandat (c'est acquis et acté), voir un quatrième: je me suis longuement expliqué la dessus, et n'y revient pas.(mais peut le faire si cela m'était demandé).
Alors, me direz vous, et après?
Et bien, après, voire avant, je pense qu'il appartiendra au peuple sénégalais d'être un peu plus vigilent, à savoir:
Celui qui voudra s'assoir dans le fauteuil de Président de la République, devra donner des gages, car en aucun cas il faudra lui signer un chèque en blanc.
Il devra s'engager, à réformer la constitution, (après bien sur avoir fait le nettoyage des différents membres dormants et obéissants, pour mettre à la place des gens compétents et intègres: cela ne manque pas au sénégal)
Il devra être inscrit dans la constitution, que toute personne, dépositaire de l'ordre public, qui sera mis en cause dans un problème de détournement de fonds publics, mobilier ou immobilier, se verra immédiatement déchu à vie de tous ses droits civiques, sans aucune possibilité de réhabiitation.
Parrallellement, il devra, toujours dans les mêmes délais c'est à dire extrèmement rapidement, c'est à dire après les élections legislatives, aux termes de laquelle on peut quand même supposer que tous les députés sauront lire et écrire, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui! imposer une réforme du code pénal, prévoyant que toute personne détentrice de l'autorité publique, qui se verra mise en cause (condamnée) pour un détournement de deniers publics, quelle qu'en soit la somme, sera condamné à une peine plancher et incompressible, ne pouvant en aucun cas faire l'objet d'une amnistie, de 10 années de travaux forcés, avec une amende du triple de la somme détournée, et confiscation de tous ses biens, directement ou indirectement.
Ces deux mesures, très simples et efficaces, devraient permettre d'assainir considérablement la gouvernance: bien évidemment, le Président de la République, qui est le Président de tous les sénégalais, devra démissionner dès son élection du poste de chef d'un parti politique quelconque, et il devra également, ainsi que le garde des sceaux, bien évidemment, démissionner définitivement des postes qu'il occupe au sein de la magistrature suprême: ce n'est pas son rôle, ni sa compétence, et encore moins sa fonction. La justice, pilier des institutions démocratiques, doit retrouver sa pleine et entière liberté (assortie quand même d'une certaine responsabilité: par exemple, le procureur de la république devra s'expliquer, devant ses pairs, du filtrage des dossiers...): cela ne devrait poser aucun problème, car les magistrats sénégalais, dans leur immense majorité, sont de bons magistrats, biens formés, volontaires, intègres, et n'ont certainement pas à rougir face à leurs homologues européens .
Après, si vous le voulez bien et si je suis encore là, nous pourrons parler de décentralisation et autre réforme, indispensables et intéressantes. Mais avant, cela me semble prématuré: ne demandez pas à quelqu'un qui a un cancer de la gorge de vous chanter du bel canto (je sais de quoi je parle!) laissez le se soigner d'abord, après, oui!
Me François JURAIN

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